Fondée en 1952, Hewitt compte 45 succursales à travers l'Est du Canada et emploie plus de 2000 personnes. À Saint-Augustin-de-Desmaures, l'entreprise qui se spécialise dans la machinerie industrielle compte près de 241 travailleurs.

Hewitt passe aux mains de Toromont

L'entreprise québécoise Hewitt passe aux mains du groupe ontarien Toromont Industries dans une transaction de 1,02 milliard $.
La compagnie de Pointe-Claire, dans la région de Montréal, a annoncé avoir conclu une entente de vente lundi matin. Pour les employés, qui ont reçu la confirmation lors d'une réunion à 9h30, il s'agit d'une surprise. 
«Nous n'étions pas au courant. Nous l'avons appris ce matin comme notre fournisseur Caterpillar», indiquent deux travailleurs au Soleil, préférant taire leur nom. «Toutefois, au cours des derniers mois, des tests de sol ont été effectués près de certains établissements. Hewitt disait que c'était pour les assurances. Probablement que l'entreprise Toromont Industries voulait s'assurer que les sols n'étaient pas contaminés». 
Fondée en 1952, Hewitt compte 45 succursales à travers l'Est du Canada et emploie plus de 2000 personnes, notamment dans la grande région de Québec, à Trois-Rivières, à Chicoutimi, à Sherbrooke, à Hull et à Rimouski. À Saint-Augustin-de-Desmaures, l'entreprise qui se spécialise dans la machinerie industrielle compte près de 241 travailleurs. 
«Nous nous attendons à voir des changements au cours des prochains mois. Toromont Industries (TSX : TIH) est une entreprise publique», avance un employé. «Ce que la compagnie a confirmé durant la réunion, c'est que le nom de Hewitt deviendra Toromont et que rien ne change dans les opérations jusqu'à la fin de la transaction. La direction a toutefois refusé de dire si le siège social allait demeurer à Montréal ou s'il déménagera en l'Ontario. Un comité devrait être formé au cours des prochains jours pour évaluer les options. Les usines ne devraient toutefois pas être touchées», poursuit-il. 
Le Groupe Hewitt affirme que cette transaction permettra au fleuron québécois de croître davantage à travers le pays. Actuellement, Hewitt brassait principalement des affaires au Québec, dans les Maritimes, au Labrador, en Ontario et sur la côte Est américaine. Toromont est davantage présent en Ontario, au Manitoba, à Terre-Neuve-et-Labrador et au Nunavut.
Pour les travailleurs, plusieurs interrogations demeurent. «Nous craignons un impact sur nos salaires. Ce n'est pas le même taux d'imposition au Québec et en Ontario. Nous n'avons eu aucune confirmation que nous conserverons le même salaire. Certaines divisions de Toromont sont syndiquées», note l'employé. «Pour le fonds de pension, pour les employés qui quittent avant la fin de la transaction, il n'y a aucun changement. Après, nous ne savons pas si nous allons intégrer le même fonds de pension que les travailleurs de Toromont», ajoute-t-il.
L'entreprise torontoise est présente au Québec depuis 1951 par l'entremise de sa filiale Cimco, qui compte 130 employés. Cette division se spécialise en conception, en ingénierie, en fabrication, en installation et en entretien et en réparation de systèmes de réfrigération dans le vaste réseau de distribution des produits alimentaires ainsi que dans les patinoires.
«La décision de vendre l'entreprise fondée par mon père il y a 65 ans n'a pas été facile, et fut le résultat d'une mûre réflexion de la part de mon fils David et moi-même. Nous sommes très fiers d'avoir joué un rôle de premier plan dans les industries de la construction et des ressources naturelles au Québec et dans les Maritimes, participant à la construction et au fonctionnement de ses routes, barrages et mines», a souligné dans un communiqué Jim Hewitt, président du conseil et Chef de la direction de Hewitt. «Compte tenu de la tendance à la consolidation dans tous les secteurs dans lesquels Hewitt oeuvre, nous sommes confiants que nos clients et nos employés bénéficieront du fait de travailler au sein d'une organisation encore plus grande, ayant accès à davantage de ressources et de capital», poursuit-il.
Aucune coupe prévue
Pour le moment, aucune coupe de personnel ne figure dans les plans de Toromont, qui prévoit investir d'importantes sommes au cours des prochains mois pour améliorer les installations ainsi que la flotte de location. «Selon son modèle d'affaires décentralisé, les employés continueront de gérer leur entreprise localement en ayant l'autorité de prendre les décisions dans le meilleur intérêt de leurs clients», précise la société.
L'an dernier, Hewitt a généré des profits de 46,6 millions $ sur des revenus de 1 milliard $, alors que Toromont a engrangé un bénéfice net de 155,7 millions $ et un chiffre d'affaires de 1,87 milliard $. Toromont versera 917,7 millions $ en espèces en plus de procéder à l'émission de 2,25 millions d'actions lorsque l'acquisition sera complétée, à la mi-octobre.
L'entreprise québécoise a souligné avoir étudié plusieurs autres options avant de conclure une transaction avec Toromont. Cette transaction permet à Toromont d'accroître sa présence au Québec et fait passer à 120 son réseau de succursales. L'équipementier deviendra l'un des deux plus importants concessionnaires Caterpillar au pays avec Finning International, de Vancouver.
À la Bourse de Toronto, l'action de Toromont Industries a clôturé à 49,87 $, en hausse de 4,97 $, soit 11,1 %.  Avec La Presse canadienne
En chiffres
1,02 milliard $ : montant de la transaction
2000 employés 
1952 : année de fondation
200 travailleurs à Saint-Augustin-de-Desmaures
1 milliard $ de revenus pour Hewitt l'an dernier