Le président de Hawley-Lambert Cycling (HLC), Sylvain Caya.

Hawley-Lambert Cycling: dans le peloton de tête en Amérique du Nord

Tapez Hawley-Lambert dans l’outil de surveillance média Eureka et le nom de l’entreprise de Lévis spécialisée dans la distribution de vélos, de pièces et d’accessoires apparaît dans des communiqués publiés en Finlande, en Norvège, au Danemark et en Suède.

«Même si nos affaires sont concentrées principalement en Amérique du Nord, nous représentons des partenaires qui proviennent des quatre coins du globe», signale le président d’Hawley-Lambert, Sylvain Caya, pas du tout surpris par la «découverte» du Soleil.

Une précision s’impose. L’appellation Hawley-Lambert n’existe plus. Il faut maintenant parler de HLC. Pour Hawley-Lambert Cycling.

N’allez surtout pas conclure que l’entreprise lévisienne s’est fait manger tout rond par une société américaine et qu’elle a perdu son identité francophone.

C’est plutôt le contraire.

En effet, en 2011, Cycles Lambert, son nom à l’époque, faisait l’acquisition Hawley, une entreprise fondée en 1964 en Caroline du Nord, aussi spécialisée dans la distribution de pièces et d’accessoires pour les vélos.

«Au départ, nous avons opté pour un mode de fonctionnement très décentralisé. Au cours des trois dernières années, par contre, nous nous sommes efforcés à réaliser l’intégration des deux compagnies. Le changement de l’image de marque vient donc couronner la fusion des opérations des deux entreprises», explique Sylvain Caya.

Unifiée, la compagnie compte 230 employés, dont 130 à Lévis, l’assise du siège social de HLC. «Nous avons pu ainsi consolider des emplois ici et en créer des nouveaux», signale M. Caya.

Le Canada, puis les États-Unis

Que de chemin parcouru par cette entreprise mise au monde à Lévis, il y a 75 ans, par Charles Lambert.

À l’origine, son pain et son beurre, c’était la vente d’articles de sport.

«Possédant une fibre entrepreneuriale assez développée, Charles Lambert a mis sur pied, avec d’autres détaillants de la région, des regroupements d’achats afin d’importer des produits provenant de l’Europe et de l’Asie. 

Au début des années ‘80, il a transféré son entreprise à sa fille et au conjoint de cette dernière. À ce moment-là, le volet commerce de détail a été abandonné et Cycles Lambert est devenue ce qu’elle est aujourd’hui, un distributeur de vélos, de pièces et d’accessoires», raconte Sylvain Caya.

Au milieu des années 2000, ce dernier a joint les rangs de l’entreprise et la famille Lambert s’est progressivement retirée des affaires.

HLC appartient aujourd’hui à l’homme d’affaires Éric D’Anjou, l’entrepreneur derrière les compagnies de vêtements de sport Orage et Lolë, et Barrett Corporation, une société néo-brunswickoise.

De 2006 à 2011, Cycles Lambert a d’abord déployé ses ailes en Ontario et dans l’Ouest canadien.

Puis, ce fut le début de l’épopée américaine avec l’acquisition de Hawley.

Troisième en Amérique du Nord

«Avec un chiffre d’affaires de 110 millions $, nous sommes devenus le plus important distributeur au Canada dans le domaine du vélo. Et à l’échelle de l’Amérique du Nord, nous occupons le troisième rang. Pas loin du deuxième échelon», insiste Sylvain Caya.

HLC agit comme intermédiaire entre les fabricants de vélos, de pièces et d’accessoires et les détaillants.

Le distributeur représente environ 150 marques et transige avec près de 5500 détaillants spécialisés dont 4000 au pays de l’Oncle Sam. Près d’une centaine d’articles composent son catalogue: des casques, des clochettes, des dérailleurs, des guidons, des moyeux, des sièges d’enfant, etc.

La moitié des marques représentées par HLC sont exclusives comme Tacx (bases d’entraînement), Look (pédales), Pirelli (pneus) ou Evoc (sacs). La compagnie distribue également des produits de marques connues comme Shimano et Sram.

+++

Une industrie en santé

Votre pactole, c’est dans l’industrie du vélo que vous devriez l’investir.

Dans son rapport quinquennal intitulé L’état du vélo au Québec en 2015, Vélo Québec révélait que la Belle Province comptait, il y a trois ans, 4,2 millions de cyclistes, soit 600 000 de plus qu’en 1995.

«Cette augmentation est d’autant plus remarquable que la société québécoise a considérablement vieilli pendant cette période. Entre 1995 et 2015, l’âge médian de la population du Québec s’est accru de six ans, passant de 36 ans à 42 ans. La pratique du vélo est donc épargnée par la baisse du niveau d’activité physique qui accompagne le vieillissement démographique», soulignait Vélo Québec.

En France, l’Observatoire du cycle 2017 signalait que le nombre de vélos vendus n’avait guère progressé en 2016 et 2017 — il s’en est vendu 2,7 millions l’an dernier —, mais que la valeur des vélos, des pièces et des accessoires avait bondi de 9,6 %.

L’Observatoire du cycle 2017 faisait aussi état d’une «explosion» des ventes de vélos électriques. Elles ont augmenté de plus de 90%, passant de 134 000 à 255 000.

Selon Sylvain Caya, l’engouement pour le vélo électrique tarde à se manifester de ce côté-ci de l’Atlantique. «En Europe, 50% des vélos qui sont vendus sont électriques. Ici, c’est à peine 10%. Éventuellement, l’engouement gagnera l’Amérique du Nord.»

L’industrie du vélo profite des investissements massifs réalisés par les grandes villes nord-américaines pour améliorer leurs infrastructures cyclables.

«Le succès des systèmes de vélo en libre-service, comme le BIXI à Montréal, est indéniable. Les villes ont compris qu’il s’agissait de la meilleure solution aux problèmes de congestion et de stationnement», souligne le président de HLC.

Au cours des dernières années, la croissance de l’entreprise de Lévis a été le résultat de l’ajout de nouvelles marques et d’une expansion territoriale.

Sans vouloir révéler tous ses secrets, Sylvain Caya mentionne au Soleil que les «probabilités sont très fortes» pour que HLC réalise des acquisitions pour améliorer son offre de produits.

«Nos canaux de distribution sont très solides. C’est facile d’ajouter de nouvelles marques à notre portefeuille», précise-t-il en soulignant que la compagnie n’envisageait pas de se lancer à la conquête de l’Europe ou de l’Asie.

+++

25 000 kilomètres pour aller travailler

Bon an mal an, les employés de HLC pédalent 25 000 kilomètres pour faire la navette entre la maison et le travail.

Chez HLC, on ne fait pas que distribuer, pour des fabricants, des vélos, des pièces et des accessoires à des détaillants des États-Unis et du Canada, on roule aussi. Et beaucoup à part ça.

«Nous avons toutes les installations nécessaires pour que les employés puissent utiliser leur vélo comme moyen de transport : vestiaire, douche, garage à vélos, outils et installation pour faire de la mécanique», indique la directrice du marketing, Annie Roberge.

Et pour s’assurer que les employés conservent une bonne forme physique, HLC propose également des séances de spinning à vélo entre les mois de novembre et de mars dans un gymnase aménagé dans ses murs.

Le programme Vélo-Boulot de la compagnie récompense les vaillants cyclistes.

«Chaque jour, les employés qui enfourchent leur vélo pour venir travailler inscrivent les kilomètres parcourus sur un grand tableau installé à la vue de tous dans le garage à vélos. Nous faisons des tirages parmi les participants qui peuvent gagner des dollars HLC pour acheter des produits ou des accessoires», expose Mme Roberge.

L’entreprise de Lévis accorde aussi une place importante à la communication avec ses employés et à la reconnaissance du travail effectué par ses troupes.

«Chaque deuxième vendredi du mois, nous rencontrons tous nos employés dans chacun de nos sites au Canada et aux États-Unis pour leur faire connaître les résultats de l’entreprise et les informer des projets en cours. De plus, chaque trimestre, nous mettons en évidence les mérites d’un employé qui reflètent bien les valeurs de l’entreprise. Les nominations sont effectuées par les employés», souligne la directrice du marketing.

+++

Au quart de tour

Le client passe une commande avant 15h, le lundi, et il recevra sa marchandise à 9h le lendemain matin.

Tel est l’engagement pris par HLC auprès des 5000 détaillants qu’elle alimente quotidiennement au Canada et aux États-Unis. «Pour nous, c’est sacré», insiste son président, Sylvain Caya.

«Ça vaut, aussi, pour notre client qui a pignon sur rue à Vancouver et ce, même si nous n’avons pas d’entrepôt dans ce coin de pays», prend-il soin de mentionner. «La marchandise part de Lévis, à 15h, et prend le chemin de l’Aéroport international Jean-Lesage de Québec pour un vol de fin de soirée. Arrivée à Vancouver, elle est aussitôt expédiée par FedEx chez le client qui la recevra au milieu de la matinée.»

Une logistique qui exige des opérations réglées au quart de tour.

L’entreprise possède des centres de distribution à Lévis, en Caroline du Sud, au Nevada et en Pennsylvanie.