Hausse du salaire minimum le 1er mai au Québec

Le taux général du salaire horaire minimum augmentera de 0,50 $ le 1er mai prochain au Québec; il passera à 12,50 $.

Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, affirme que cette hausse de 4,17 % profitera à 288 200 salariés québécois. Il précise qu’il s’agira d’une augmentation annuelle du revenu disponible variant entre 400 $ et 650 $, selon le nombre d’heures travaillées et la situation familiale des salariés.

Le ministre Boulet ajoute qu’à compter du 1er mai, le salaire minimum payable aux salariés rémunérés au pourboire sera fixé à 10,05 $ l’heure, une augmentation horaire de 0,25 $, et que celui des cueilleurs de framboises ou de fraises passera respectivement à 3,71 $ et à 0,99 $ du kilogramme, des hausses respectives de 0,15 $ et de 0,04 $.

Le ministre prévoit que ces mesures relèveront à 50 % le ratio entre le salaire minimum et le salaire horaire moyen pour la période 2019-2020. Selon le ministère des Finances, le salaire horaire moyen a été de 24,92 $ l’heure au Québec en 2018.

Syndicats mitigés

Les centrales syndicales ont réservé un accueil mitigé à cette annonce gouvernementale.

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), qui fait campagne pour augmenter le salaire minimum à 15 $ l’heure, se réjouit qu’elle ait finalement des échos dans les officines gouvernementales.

«Mais 12,50 $ l’heure, ça reste insuffisant pour permettre aux travailleurs et travailleuses au salaire minimum de sortir la tête de l’eau et d’arriver à vivre dignement», a déclaré le président de la FTQ, Daniel Boyer.

Même son de cloche du côté de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) qui croit que ces augmentations ne permettront pas à des centaines de milliers de travailleurs de vivre décemment ni de stimuler adéquatement l’économie du Québec.

«Soyons clairs : environ 800 000 personnes travaillent à moins de 15 $ l’heure et n’arrivent pas à joindre les deux bouts pour faire vivre leur famille, souligne le président de la CSN, Jacques Létourneau. Une hausse plus substantielle du salaire minimum aurait aidé des milliers de gens à se sortir de la pauvreté.»

Pression sur les PME

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) indique que cette augmentation créera une pression à la hausse plus importante que prévu sur les coûts salariaux des PME, en plus de leur enlever de la flexibilité. La FCEI s’attend aussi à ce que cela crée un effet domino sur les coûts salariaux dans les plus petites entreprises, car elles doivent préserver l’équité entre leurs travailleurs.

Dans la même veine, le président-directeur général du Conseil du patronat du Québec (CPQ), Yves-Thomas Dorval, souligne que «l’augmentation de 4,17 % du taux général du salaire minimum représente une majoration supérieure à l’inflation, à la hausse du coût de la vie et aux hausses générales de salaires prévues pour 2019 de 2,6 %».

La Fédération des Chambres de commerce du Québec rappelle pour sa part que l’annonce de mercredi matin s’ajoutera à l’impact qu’a eu la hausse de 0,75 $ de l’heure de l’an dernier.

«Par comparaison avec le salaire de 2017, qui était à 11,25 $ de l’heure, le nouveau taux horaire minimal à 12,50 $ constitue un bond de 11,11 % sur deux ans, et vient de dépasser l’objectif de 50 % du salaire moyen, un an plus tôt que prévu», commente Stéphane Forget, président-directeur général de la FCCQ.

Finalement, Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ) est préoccupée par la hausse des coûts pour le secteur manufacturier. L’organisation soutient que cela augmente les charges des entreprises et que cela aura un impact direct sur la compétitivité des manufacturiers, bien que la majorité de ses membres offrent plus que le salaire minimum.