Hausse des faillites personnelles au Québec

Le nombre de faillites personnelles a augmenté de 3,4 % au Québec en 2013.
Après un redressement de l'emploi de 2010 à 2012, plusieurs Québécois se retrouvent à nouveau dans le rouge, selon une étude réalisée par Desjardins, qui révèle que 25 221 faillites des particuliers ont eu lieu l'an dernier, comparativement à 24 399 en 2012.
«C'est vraiment du côté du marché du travail que cela s'est joué», explique Hélène Bégin, économiste principale chez Desjardins. «Le niveau d'endettement a augmenté et la capacité d'épargne des Québécois est très faible depuis quelques années. Le taux de chômage n'a, quant à lui, pas haussé énormément, mais cela a été suffisant pour faire remonter les faillites, puisque les gens demeurent en arrêt plus longtemps.»
Avant la récession de 2008-2009, la durée moyenne du chômage était inférieure à 20 semaines au Québec. Or, malgré la reprise économique, la période de chômage a continué de s'allonger pour bien des travailleurs et a même culminé à plus de 25 semaines à la fin de 2013.
De plus, «la réforme de l'assurance emploi du gouvernement fédéral appliquée au début de 2013, qui a récemment restreint la période couverte et le montant des prestations, a peut-être eu un impact», analyse Mme Bégin.
Il n'y a pas que les faillites qui témoignent de la difficulté financière des Québécois.
Il y a aussi les propositions aux créanciers qui ne cessent de grimper depuis 2008-2009. Les plans de redressement financier proposés par l'emprunteur ont fait un bond d'environ 25 % l'an dernier. Ces ménages sont alors considérés comme insolvables, au même titre que ceux qui déclarent faillite.
En 2013, un total de 14 726 propositions s'est ajouté aux 25 221 faillites personnelles au Québec, de sorte que les cas d'insolvabilité ont atteint 39 947 (+ 11,2 %). La part de la population adulte considérée comme insolvable a également remonté en 2013 (de 0,5 %), témoignant de la difficulté plus répandue des ménages à rembourser leurs dettes.
Année difficile
La dernière année a été difficile du côté de l'emploi pour les Québécois. Le nombre de travailleurs a évolué en dents de scie et les postes à temps plein ont subi un recul en l'espace d'un an.
«En général, les gens mettent beaucoup l'accent sur les taux hypothécaires. Ils disent lorsque les taux d'intérêt vont augmenter, les faillites vont augmenter... cela est peut-être vrai. Mais le facteur numéro un pour l'instant influençant la situation financière des gens est vraiment le marché du travail», conclut Mme Bégin.
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L'endettement ne bouge pas
Le poids de l'endettement des Québécois n'est pas à la hausse. Selon la compilation des données de l'enquête Canadian Financial Monitor d'Ipsos Reid, le ratio des paiements mensuels des ménages par rapport à leurs revenus après impôts n'a pas augmenté en 2013, demeurant même en deçà de la moyenne des 10 dernières années (16,5 % depuis 10 ans).
Selon cette enquête, les dettes hypothécaires ne semblent pas un fardeau financier, du moins à elles seules, pour les ménages propriétaires. Ce sont plutôt les dettes à la consommation et celles des cartes de crédit qui entraînent des difficultés à effectuer des paiements mensuels.
Les emprunts contractés à l'aide d'une carte de crédit seraient le passif le plus souvent responsable des faillites et des propositions de redressement aux créanciers, selon le Bureau du surintendant des faillites Canada.
Même si le poids de l'endettement total des ménages est resté contenu l'an dernier, il semble que les Québécois disposent d'une faible marge de manoeuvre pour faire face à un imprévu.