Le président de la Société des alcools du Québec, Alain Brunet, assure que la hausse de la semaine dernière n’a aucun lien avec les performances de la société d’État.

Hausse de prix à la SAQ

À quelques semaines du temps des Fêtes, la Société des alcools du Québec (SAQ) a haussé la semaine dernière le prix de plus de 1650 produits, vins et spiritueux.

Il s’agit d’une première augmentation du genre effectuée par la société d’État — entre 5 et 35 cents — depuis novembre 2016. Au cours des 12 derniers mois, la SAQ avait plutôt diminué à trois reprises le prix de ces produits vinicoles afin de combler son écart avec la Régie des alcools de l’Ontario (LCBO). La diminution des prix a été de 1,40 $.

Pour la suite des choses, selon les dires du président de la société d’État, Alain Brunet, aucune autre baisse de prix d’envergure ne figure dans le plan stratégique de trois ans de la SAQ. Cette dernière continuera toutefois de travailler pour le consommateur, notamment en négociant plus serré avec ses fournisseurs. Elle promet également de négocier «le bon prix» pour les prochains arrivages. 

Mentionnons qu’au cours des derniers mois, la SAQ a notamment revu sa politique avec ses fournisseurs afin de maintenir une stabilité dans ses prix. Les demandes pour des hausses de prix sont maintenant autorisées et analysées seulement deux fois par année, au mois de novembre et au printemps, contrairement à sept reprises par le passé. 

«Durant les derniers mois, nous avons gelé les hausses afin de stabiliser nos prix. Nous avons aussi négocié avec nos fournisseurs», indique au Soleil M. Brunet. «Maintenant [pour expliquer l’augmentation des prix], nous assumions depuis le printemps la taxe d’accise du fédéral. Cela représente environ 50 % de nos ajustements de prix. Il y a aussi la fluctuation des taux de change. Nous avons assumé depuis des mois les écarts. Cela représente 25 %», poursuit-il. 

L’autre facteur expliquant l’augmentation du coût des bouteilles de vin est la demande d’ajustement des prix des fournisseurs. Sur 500 demandes, la SAQ indique en avoir refusé environ 200.

Selon la société d’État, le 8 novembre dernier, 979 produits courants ont augmenté (moyenne de 0,21 $), 1306 n’ont pas bougé et 188 ont baissé (moyenne de 0,10 $). Or, selon des documents à l’interne, c’est plutôt un total de plus de 1650 produits qui ont été revus à la hausse et près de 310 à la baisse.

La SAQ précise que les données qu’elle a transmises au Soleil touchent seulement «les variations de prix des produits en approvisionnement continu [produits courants]», soit ceux qui représentent 80 % des ventes annuelles. Elle confirme toutefois qu’il y a d’autres variations de prix pour les produits achetés par lots. «Ces produits sont des arrivages ponctuels [...]. La comparaison devient donc difficile et moins intéressante pour la clientèle», dit-elle.

Hausse moyenne de 10 cents la bouteille

La société d’État affirme que la variation de prix qui s’est reflétée en succursale la semaine dernière représente une hausse moyenne de 0,10 $ la bouteille sur les produits courants (0,15 $ pour les vins et 0,05 $ pour les spiritueux). Mardi, Le Soleil avançait que malgré le fait que l’écart de prix des bouteilles de vin s’est resserré entre la SAQ et la LCBO, l’offre de produits à moins de 14,99 $ est toujours supérieure chez nos voisins ontariens. 

Selon des données des sociétés d’État, on trouve 1389 produits vinicoles — de format de 750 ml — affichant un prix inférieur à 14,99 $ en Ontario. Au Québec, on dénombre sur les tablettes de la SAQ 787 bouteilles de vin d’une même valeur, soit une différence de 602 produits.

«Sur le répertoire des produits comparables [350 vins], nous avons réduit notre écart avec l’Ontario. Il reste une centaine de produits défavorables. Nous sommes toujours en négociations. Nous impliquons les fournisseurs. Nous voulons une parité entre les marchés», explique M. Brunet, précisant avoir aujourd’hui des produits moins dispendieux sur ses tablettes qu’en Ontario. «En parallèle, l’aspect sur lequel on travaille, c’est de stabiliser notre structure de majoration régressive pour la rendre plus linéaire», poursuit-il.

Pour l’offre de produits, comparativement avec nos voisins de l’ouest, M. Brunet indique qu’il y a plus de vins en haut de 15 $ sur les tablettes de la SAQ qu’en Ontario en raison de la demande des consommateurs québécois. 

«Nous connaissons une hausse importante du volume de bouteilles vendues dans notre réseau depuis les six derniers mois. Au niveau du vin rouge, les plus fortes croissances que nous avons connues se situent dans les segments de prix entre 15 $ et 50 $. Par exemple entre 17,50 $ et 19,94 $, on note une hausse de 15,3 %. Pour les produits entre 20 $ et 24,95 $, une hausse de 15,6 % et pour les produits entre 25 $ et 29,95 $, une hausse de 33,1 %», énumère le grand patron. «Du côté des vins entre 10,00 $ et 11,95 $, on note une baisse de 4,4 %. Il est important pour la SAQ d’ajuster son offre en fonction de la demande des clients», ajoute-t-il.

Pour son deuxième trimestre de 2017, la SAQ a réalisé des ventes de 752,2 millions $, une augmentation de 12,9 millions $ (1,7 %). Et les ventes en volume ont bondi de 7,3 % (2,8 millions de litres) dans les succursales et centres spécialisés pour atteindre 40,9 millions de litres. Le résultat net de la société d’État a toutefois chuté de 4,5 %. Il s’est élevé à 266,2 millions $.

M. Brunet assure que la hausse de la semaine dernière n’a aucun lien avec les performances de la société d’État. «Nous sommes en ligne avec nos prévisions. On va livrer notre 1 % [de croissance] du dividende», conclut-il. En mars, la cible fixée par le gouvernement dans son budget était de 1,08 milliard $.

+

CE QU'IL A DIT

«En gros, les coupes d’employés à la SAQ [280 postes au cours des derniers mois], c’est derrière nous. Ce qu’il reste maintenant, c’est d’installer la culture d’amélioration continue»

«Pour notre projet-pilote de SAQ dans les épiceries, on ne parle pas d’un très grand nombre de magasins à terme. [...] Notre magasin est ouvert depuis un mois à LaSalle et cela s’annonce prometteur. On vise les trous dans notre marché. On ne veut pas réduire le nombre de succursales»

«De façon massive, il ne faut pas s’attendre à d’autres baisses de prix. Les ajustements, les écarts qui restent [avec l’Ontario] sont minimes»

+

LE POT VENDU PAR UNE FILIALE DE LA SAQ

Le gouvernement du Québec déposera son projet de loi pour encadrer la marijuana, jeudi, selon des informations de Radio-Canada. Postes Canada serait responsable de la distribution des achats en ligne et toutes les transactions devraient passer par une filiale de la Société des alcools du Québec (SAQ). Le président de la SAQ, Alain Brunet, s’est montré avare de commentaires dans ce dossier, soulignant n’avoir pas encore obtenu le feu vert du gouvernement de Philippe Couillard pour créer une nouvelle filiale. «Il n’y a rien de confirmé, je ne peux pas commenter. Il y avait plusieurs options sur la table. Je ne peux pas présumer des options retenues. Pour le moment, je n’ai pas d’opinion à avoir dans ce dossier», avance-t-il. Toujours selon des informations de Radio-Canada, le gouvernement prévoit ouvrir une vingtaine de points de vente dans la province. Pour la livraison, les responsables de Postes Canada devront demander une pièce d’identité aux consommateurs pour s’assurer qu’ils ont plus de 18 ans.