Stephen Harper a lancé à la blague qu'il aimait bien se faire photographier avec Bonhomme Carnaval puisqu'il a «toujours l'air mince» à ses côtés.

Harper à Québec: aucune annonce mais des «indulgences»

Une visite de Stephen Harper à Québec est toujours payante, estime Régis Labeaume, même s'il n'a aucune annonce à faire pour la région. Sa simple présence suffit pour «accumuler des indulgences» qui rapporteront plus tard.
Le premier ministre du Canada a eu beau profiter de son passage dans la capitale pour se faire photographier avec Bonhomme Carnaval et le maire de Québec, il n'avait rien de concret à annoncer aux gens d'affaires de la capitale réunis au Centre des congrès pour cette première visite de 2014, sinon qu'il allait mettre en place un nouveau système d'immigration plus «actif» que «passif» pour recruter davantage de main-d'oeuvre qualifiée à l'étranger.
Le maire Labeaume ne se formalise pas de ce peu de développement pour la ville, jugeant que «quand le premier ministre s'annonce à Québec, faut que je sois là». Selon lui, les multiples rencontres entre politiciens finiront bien par payer.
«Le programme s'en vient», a-t-il dit, en référence au prochain programme d'infrastructures, attendu cette année, qui pourrait contenir des sommes pour des projets comme l'anneau de glace. «Je présume que s'il [Stephen Harper] nous aime, ça va paraître un moment donné. J'ai de la mémoire, vous savez. J'appelle ça de l'accumulation d'indulgences», a lancé M. Labeaume.
«Moi, je suis le maire de Québec, ils ont mes demandes, ils ont tout ça dans les mains, on sait où on s'en va. Alors c'est à eux à disposer de nos demandes, et il y en a», a simplement répondu le maire aux journalistes, qui le pressaient de questions quant à ses attentes du gouvernement conservateur.
Vingt-cinq minutes
La rencontre de Stephen Harper auprès des gens d'affaires de la capitale aura duré à peine un peu moins de 25 minutes, jeudi, au Centre des congrès de Québec. Interviewé par le président du conseil d'administration de la Chambre de commerce et d'industrie, Éric Lavoie, le premier ministre n'a fait qu'effleurer certains dossiers économiques, restant vague dans ses réponses, tout en insistant sur le fait que son gouvernement faisait de l'économie sa priorité numéro un. M. Harper a même trouvé le moyen de glisser à l'ordre du jour le 150e anniversaire de la Confédération, en 2017, signalant par ailleurs que 2014 représentait le 200e anniversaire de naissance de Sir George-Étienne Cartier, «un grand homme de la Confédération» pour le Québec.
«Nous avons eu toute la liberté, toute la latitude [dans le choix des questions], mais par respect pour le premier ministre, nous lui avons quand même proposé certains thèmes», a commenté Éric Lavoie, quelques minutes après avoir quitté la scène.
Selon lui, un des «faits saillants» à retenir de cette discussion est l'ouverture du premier ministre à mettre sur pied un système d'immigration davantage tourné vers les besoins des entreprises. Nommé Expression d'intérêts - M. Harper a eu de la difficulté à se souvenir de ce nom en français comme en anglais -, le nouveau programme devrait voir le jour en 2015. «Au lieu de juste répondre à l'offre des immigrants, on va aller voir aussi quelle est la demande du point de vue des entreprises qui cherchent à combler des postes hautement qualifiés, s'est réjoui M. Lavoie. On cherche à faire un jumelage et ça, ça me sourit.»
Carl Viel, président-directeur général de Québec International, croit lui aussi que ce changement était attendu par la communauté de gens d'affaires de la capitale. «On l'a vu avec le sondage qu'on a fait avec les Chambres de commerce de Québec et de Lévis, que c'était une préoccupation et un frein pour les entreprises en croissance [...] Les entreprises qui se tournent vers l'international, ce sont des entreprises qui n'ont pas été capables de trouver les gens dans la région [ou] au Québec pour répondre à leurs besoins.»
Avec Valérie Gaudreau