«Desjardins n’est pas un service public», a lancé lundi le président du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, lors de son passage en commission parlementaire.

Guy Cormier se fait entendre chez les élus

«Je ne gère pas tous les citoyens du Québec. Je gère 4,3 millions de membres», a lancé le président du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, aux élus.

Lors de son passage en commission parlementaire sur l’accès aux services financiers de proximité en région, M. Cormier a réaffirmé que Desjardins n’est pas une «entreprise publique ou parapublique», qui doit offrir des services financiers à l’ensemble des Québécois. 

Dans Le Soleil de lundi, le grand patron de Desjardins a défendu que l’institution faisait sa part et qu’on ne pouvait pas mettre sur le dos de Desjardins le poids de la vitalité économique des régions du Québec. 

Pour le porte-parole du Parti québécois sur le développement des régions, Sylvain Gaudreault, Desjardins ne possède pas une responsabilité sociale plus grande que les autres banques quant à la vitalité économique des communautés rurales. 

«Historiquement, la création de Desjardins s’est faite dans les régions du Québec, partout sur le territoire et c’était pour démocratiser l’accès à des services financiers, ce que les banques ne faisaient pas. Je pense qu’il faut interpeller Desjardins, qui sont à la base, et on va le faire. Je pense qu’il faut conjuguer ces valeurs et principes avec la réalité d’aujourd’hui», a-t-il toutefois convenu. 

Questionné à ce sujet, le premier ministre Couillard a simplement maintenu qu’il souhaitait voir les institutions financières présentes en région. «Ce n’est pas juste le guichet automatique. C’est également l’accès, pour nos petits entrepreneurs et nos agriculteurs, aux firmes comme Desjardins ou la Banque Nationale, ou d’autres», a-t-il affirmé. 

«Pas un service public»

Aux élus, Guy Cormier a martelé que même si ce sont 7% des membres du Mouvement Desjardins qui utilisent encore les guichets automatiques, la coopérative avait fait le choix de maintenir 2000 guichets en opération, dont 30% sont situés dans des localités de moins de 2000 habitants. «On n’est pas un fournisseur de guichets automatiques», a dit M. Cormier. 

«Desjardins n’est pas un service public», a-t-il avancé, critiquant du même coup l’absence des banques aux travaux de la commission parlementaire. À souligner toutefois qu’un représentant de l’Association des banquiers canadiens (ABC) a été entendu. Celui-ci a fait valoir que les banques aussi proposaient différentes manières pour rendre des services financiers accessibles dans les régions. 

Le Parti québécois souhaiterait que Desjardins, mais aussi les banques, s’entendent avec Postes Canada pour que les habitants puissent y rencontrer des employés d’une institution financière et profiter de services financiers. 

Desjardins a déjà discuté d’un tel scénario avec Postes Canada en 2012, mais le fédéral a jugé que ce n’était pas dans ses priorités, a expliqué M. Cormier. Du côté de l’ABC, on avance qu’un groupe de travail à Ottawa s’est déjà penché sur la question et qu’il en était parvenu à la même conclusion. 

La coopérative devrait-elle relancer Postes Canada? «Absolument pas», a tranché M. Cormier, mentionnant que Desjardins avait entre-temps trouvé d’autres solutions pour répondre aux besoins de ses membres en région.