Guichets: Desjardins comme les autres?

La situation: depuis 2012, le Mouvement Desjardins a coupé de 18,2 % son parc de guichets automatiques et de 20,5 % son nombre de points de service au Québec et en Ontario. Une situation décriée par plusieurs membres et municipalités.

D’ailleurs, afin de comprendre les raisons derrière cette stratégie d’affaires, la semaine dernière, la Commission sur l’aménagement du territoire de l’Assemblée nationale a demandé à la coopérative de Lévis de venir s’expliquer. 

Trois autres groupes, dont la Fédération québécoise des municipalités et l’Association des banquiers canadiens, ont aussi été convoqués pour le mois de mai. 

Desjardins espère toutefois voir davantage d’institutions financières à cette table afin de faire le point sur les services de proximité en régions. Une demande justifiable?  

LES FAITS

Depuis des mois, voire des années, on reproche au Mouvement Desjardins de revoir à la baisse son nombre de guichets automatiques et d’avoir fermé plusieurs points de service, notamment dans la région de la Chaudière-Appalaches.

Lorsqu’on consulte les rapports financiers des huit principales institutions financières du Canada, on remarque que Desjardins n’est pas la seule dans cette situation. Toutefois, elle est l’unique institution financière de ce groupe à faire usage du mot «coopérative» dans ses bilans annuels. 

À travers le pays, la Banque Royale du Canada a également opté pour une stratégie similaire à celle de l’organisation de Lévis en diminuant son nombre de guichets de 8,5 %, entre 2012 et 2017. Son nombre de points de service a toutefois connu une croissance de 1,1 %. 

Pendant cette même période, du côté de la Banque Laurentienne, le réseau de guichets automatiques est passé de 426 à 341, soit une diminution de 19,95 %. Quant au nombre de succursales, la baisse est encore plus importante. De 157 établissements dédiés à ces membres, il y a six ans, l’entreprise bancaire en compte aujourd’hui 104 (-33,07 %). D’ailleurs, la semaine dernière, la Banque Laurentienne a fusionné ses installations du quartier Saint-Roch et de Lebourgneuf. La succursale de la basse ville est maintenant fermée.

À l’inverse de ces trois joueurs financiers, la Banque Nationale du Canada (0,8 %), la Banque Scotia (10,8 %), la Banque de Montréal (BMO, 27,69 %), la Banque TD (93,06 %) et la Banque Canadienne Impériale de Commerce (CIBC) ont plutôt choisi entre 2012 et 2017 d’augmenter leur nombre de guichets automatiques. 

Chez BMO, le nombre de points de service est demeuré relativement stable (926). Du côté du Groupe Banque TD, la hausse du nombre de points de service a été de 10 % à travers la province, contrairement à CIBC et la Banque Scotia qui ont enregistré une légère diminution de 2,3 % et 3,8 % pour l’ensemble de leur réseau.

VERDICT

Le Mouvement Desjardins n’est pas la seule institution financière à miser sur de nouvelles technologies et à avoir choisi de revoir son réseau de guichets et de points de service. Elle n’est d’ailleurs pas celle qui a connu les plus fortes coupes. 

Souvent, par le passé et encore aujourd’hui, la coopérative s’est toutefois targuée d’être la plus présente en région. Une phrase qui est peut-être aujourd’hui difficile à accepter pour les membres qui ont perdu des services au cours des dernières années. 

«Aujourd’hui, au Québec, il n’y a pas une autre institution financière qui a davantage de points de service que nous. Nous avons encore 30 % de nos points de service qui sont situés dans des villages de moins de 2000 personnes», faisait valoir en février au Soleil le président du Mouvement, Guy Cormier.

Oui, Desjardins est encore l’institution financière la plus présente en région, mais pour combien de temps? Plusieurs membres s’inquiètent à l’approche du déploiement à grande échelle de leur nouveau réseau de guichets. 

Mais pour avoir l’heure juste sur la situation des services de proximité en région, il serait effectivement intéressant de consulter les autres joueurs du milieu.