Il s’agit un retour aux sources pour l’entreprise Techsol Marine et ses 65 travailleurs situés dans le Parc Technologique du Québec Métropolitain.

Groupe Océan rapatrie Techsol Marine

EXCLUSIF / En affaires, il y a des proies et des prédateurs. Groupe Océan s’inscrit aujourd’hui dans cette deuxième catégorie en réalisant l’acquisition de Techsol Marine. Une compagnie québécoise qui avait été vendue à des intérêts étrangers en 2011.

C’est donc un retour aux sources pour l’entreprise et ses 65 travailleurs situés dans le Parc Technologique du Québec Métropolitain. La direction a annoncé la nouvelle aux employés, mardi. Le montant de la transaction n’a pas été dévoilé.

Pour Groupe Océan, Techsol Marine n’est pas une inconnue. Il s’agit d’un partenaire d’affaires important depuis belle lurette. 

Le spécialiste en électrotechnologie maritime, qui fait son pain et son beurre dans la conception, la fabrication et l’installation de divers systèmes automatisés servant au contrôle et à la surveillance de la machinerie utilisée sur différents navires à travers le monde, comme des traversiers, des remorqueurs et des bateaux de ravitaillement, était l’un de ses fournisseurs de services. 

Aujourd’hui, Techsol Marine agira à titre de nouvelle division d’affaires chez Groupe Océan. La direction n’envisage pas de déménager le siège social ou de faire un ménage au sein de l’effectif. 

L’ancien directeur général du secteur travaux maritimes et dragage chez Groupe Océan, François Lessard, occupera toutefois dorénavant la chaise du patron.

«Avec l’ajout de cette compagnie, on vient augmenter notre capacité de service et nous poursuivons notre plan de croissance», avance au Soleil le directeur des affaires publiques et corporatives chez Océan, Philippe Filion. «L’objectif est de catapulter le développement de Techsol par l’entreprise du réseau du Groupe Océan. On veut qu’elle demeure une société à part entière avec ses services et ses clients», poursuit-il.

Et n’essayez pas de lui soutirer le chiffre d’affaires du petit nouveau. Motus et bouche cousue, car le Groupe Océan est une entité privée.

«Ce que je peux vous dire, c’est que lors de l’annonce aux employés, ils étaient très contents de savoir que l’entreprise redevenait une propriété québécoise. La direction devait avant se rapporter en Hollande», note-t-il.

Un peu d’histoire

Rafraîchissons-nous la mémoire : fondée dans le sous-sol d’une résidence de Beauport en 1996, Techsol Marine était passée dans le giron de la compagnie néerlandaise Imtech (aujourd’hui baptisée RH Marine Group) en 2011. Elle comptait alors 105 travailleurs. 

Pour information, on peut lire dans des textes de l’époque qu’entre 2004 et 2012, son chiffre d’affaires était passé de 2 à 34 millions $.

Au cours des dernières années, Techsol a réalisé plusieurs importants contrats à l’étranger, entre autres, du côté de la Chine. Entre 2009 et 2017, la compagnie a installé dans l’Empire du Milieu des systèmes d’automatisation et de propulsion sur 91 navires.

«Depuis sa création, Techsol a équipé plus de 400 navires à travers le monde», fait valoir M. Filion. «Ils ont réalisé des projets aux États-Unis, dans le golfe du Mexique et aussi au Viêtnam», ajoute-t-il

Son terrain de jeux couvre également le Canada. L’entreprise collabore sur des projets avec différents gouvernements, mais aussi avec des joueurs du secteur privé.

Groupe Océan, qui compte 950 employés, brasse des affaires au Québec, au Nouveau-Brunswick, en Ontario, en Alberta et depuis peu sous le soleil des Caraïbes. 

Ses principaux secteurs d’activités sont la construction et la réparation navales, le remorquage portuaire et le transport, ainsi que la location d’équipements maritimes spécialisés et le dragage.

Récemment, la Caisse de dépôt et placement du Québec et le Fonds de solidarité FTQ ont injecté 112 millions $ dans le Groupe Océan afin de lui permettre de passer à la vitesse grand V. 

Une partie de ces billets verts a notamment servi à financer l’achat de Techsol Marine. Et les emplettes ne sont peut-être pas encore terminées.

«C’était une acquisition logique pour accélérer notre plan de croissance», explique M. Filion. «Est-ce que nous regardons encore? Nous avons des propriétaires qui sont très à l’affût des opportunités. Nous avons toujours grandi par acquisition. C’est dans notre ADN», poursuit-il, rappelant que la direction a dans ses cartons un plan de croissance à l’international.

Au cours des derniers mois, l’entreprise a, entre autres, intensifié sa présence dans les Caraïbes. Le printemps dernier, elle a signé un contrat de 10 ans avec le Port de Kingston, en Jamaïque, pour y assurer les services de remorquage.