Le directeur de Lauberivière, Éric Boulay, et M. Bayard, attiré par le côté social de l’endroit.

Groupe Martin et Saint-Hubert donnent un coup de pouce pour Lauberivière

Le Groupe Martin et la Fondation Saint-Hubert ont ramené des sourires sur le visage des bénéficiaires de la Maison de Lauberivière en leur offrant jeudi, pour une quatrième année, des repas de poulet. Pour le directeur de Lauberivière, Éric Boulay, il s’agit d’un coup de pouce fort apprécié, peut-être l’avant-dernier dans les locaux du 401 de la rue Saint-Paul pour l’organisme qui vient en aide aux sans-abri.

«Les travaux du nouveau bâtiment avancent très bien, les fondations sont faites et le déménagement est toujours prévu au début de 2021», a expliqué M. Boulay au Soleil. «En fait, le bâtiment sera livré en décembre 2020, mais il serait plutôt difficile de déménager durant les Fêtes», a-t-il précisé au sujet de l’immeuble qui devrait commencer à prendre forme sur l’îlot bordé par les rues Fleury, du Pont, X’ian et Mgr Gauvreau.

M. Boulay a répété que le projet de 32,5 millions $ était un incontournable. «Notre bâtiment actuel répond aux normes... de 1922! On ne remplit pas les normes antisismiques, on n’a pas de gicleurs, il y a de l’amiante dans les murs et pas de porte coupe-feu! De plus, l’électricité et la plomberie seraient à refaire et nous sommes situés sur des vestiges archéologiques. Bref, si on voulait reconstruire ici, il faudrait faire un curetage complet et rigoureux et ça coûterait plus cher que la construction neuve.»

Estime de soi

Le nouveau refuge est inspiré de plusieurs modèles de refuges bâtis en Amérique du Nord, notamment le Calgary Drop-In Center. «Tous les services de première ligne comme le centre de jour et l’hébergement seront au rez-de-chaussée et les autres services seront plus haut avec 18 logements au dernier étage», poursuit-il, rappelant que la capacité de Lauberivière passera alors de 86 à 131 lits d’hébergement-dépannage. «On a une vision globale, on sait qu’on ne peut pas mettre que des lits d’urgence, mais ça en prend un minimum pour pouvoir rejoindre les gens.»

M. Boulay rappelle que 50 % des bénéficiaires de Lauberivière ne s’y rendent qu’une seule fois. «Et c’est grâce aux services que l’on offre ici qui leur permettent de remonter la pente et de retrouver leur estime de soi», poursuit-il. Jeudi, plusieurs bénéficiaires étaient sur place à l’occasion de la soupe populaire distribuée par Saint-Hubert et n’avaient que de bons mots pour l’organisme. «Si ce n’était pas de Lauberivière, je ne serais pas là aujourd’hui», a déclaré Yves avec beaucoup d’émotion dans la voix. Pour M. Bayard, c’est le côté social qui l’attire à Lauberivière pour y consommer parfois un repas. «J’aime voir le monde. Je ne veux pas rester enfermé dans ma chambre, je ne serais pas capable», résume ce peintre à ses heures qui fait parfois gratuitement le portrait des personnes qu’il rencontre sur place.

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GROUPE MARTIN MIEUX OUTILLÉ POUR FAIRE FACE À LA PÉNURIE DE MAIN-D'OEUVRE

Propriétaire de onze restaurants Saint-Hubert dans la région de Québec, le Groupe Martin estime être mieux outillé que d’autres établissements de restauration pour faire face à la pénurie de main-d’œuvre. Malgré tout, son copropriétaire Pierre Martin admet que la situation a énormément changé en moins de trois ans.

«Avec onze restaurants, nous avons la chance d’avoir une structure en place. Nous avons un petit département de ressources humaines et ça aide beaucoup. Également, nous avons des jeunes de la troisième génération qui sont maintenant entrés dans l’entreprise et qui sont très actifs sur les médias sociaux et se servent de ça pour recruter», explique Pierre Martin, rencontré jeudi alors que le Groupe Martin distribuait des repas aux bénéficiaires de Lauberivière.

«De plus, la marque Saint-Hubert demeure attirante pour les jeunes et on essaie d’avoir des conditions de travail intéressantes», poursuit-il à propos des efforts de recrutement et de rétention du personnel des restaurants de son groupe. «Nous avons maintenant une assurance collective, des congés de maladie pour les employés qui font plus de 20 heures par semaine et même un régime de retraite pour ceux qui sont là depuis cinq ans. Nous sommes très proactifs à ce niveau, mais notre structure nous donne probablement aussi un avantage sur les propriétaires qui n’ont qu’un seul restaurant», poursuit-il.

Changement rapide

Le Groupe Martin compte aujourd’hui 1250 employés et Pierre Martin avoue que les choses ont changé vite à Québec au niveau de la main-d’œuvre. «Dans les années 80, on demandait aux jeunes d’être disponibles du vendredi au dimanche. Maintenant, si tu es disponible un ou deux soirs sur trois, on te prend. On ne pense plus de la même façon du tout!»

La bonne santé économique de la Ville de Québec et la démographie ont frappé fort au cours des dernières années sur le bassin d’employés potentiels. «Présentement, nous ne prévoyons pas ouvrir de nouveau restaurant à court terme. Cependant, j’avoue que si c’était le cas, ce serait un très grand défi côté recrutement, car ça nécessite de 125 à 140 employés. Avant, on avait des banques de curriculum vitae dans lesquelles on pouvait piger, mais maintenant, ce n’est plus le cas. Quand quelqu’un est bon, tu l’engages, car sinon, il va aller travailler ailleurs», conclut-il.

S’il n’a pas l’intention d’ouvrir de nouveau restaurant à court terme, le Groupe Martin se prépare tout de même à rénover au cours de la prochaine semaine son Saint-Hubert Express du chemin Sainte-Foy. Des travaux d’un demi-million $ qui nécessiteront une fermeture temporaire d’une semaine à partir de lundi. Ian Bussières