Un soudeur à l'oeuvre dans l'usine de Canam à Saint-Georges de Beauce. L'entreprise beauceronne enregistre une perte nette de 2 millions $ pour le quatrième trimestre et de 13,3 millions $ pour l'ensemble de l'exercice financier 2016.

Groupe Canam laisse tomber les stades

À moins qu'il n'agisse qu'à titre de sous-traitant pour le compte d'un partenaire, le Groupe Canam abandonne la construction de stades sportifs en Amérique du Nord.
De plus, l'entreprise de Saint-Georges réévalue l'ensemble de ses activités américaines dans le domaine de la construction de ponts.
«Toutes les options permettant d'atteindre nos objectifs de rentabilité dans ce secteur sont considérées», a affirmé, jeudi, le président et chef de la direction de Groupe Canam, Marc Dutil, lors de l'annonce des résultats de l'entreprise qui encaisse une perte nette de 2 millions $ pour le quatrième trimestre et de 13,3 millions $ pour l'ensemble de l'exercice financier 2016.
Est-ce dire que l'entreprise spécialisée dans les produits de construction pourrait se départir de ses installations de fabrication de ponts au sud de la frontière?
«Toutes les options sont considérées», répète Marc Dutil au Soleil. «La première, c'est le redressement. La deuxième, c'est la vente. La troisième, c'est la fermeture.»
«Nous venons de parler à nos employés, ici à l'interne, et nous les avons rassurés. Des périodes difficiles, chez Canam, nous avons déjà vécu ça. Redresser des usines, nous sommes capables de le faire.»
L'année 2016 a été éprouvante pour le Groupe Canam qui exploite 23 usines au Canada et aux États-Unis et qui fait travailler 4650 personnes au Canada, aux États-Unis, en Roumanie et en Inde.
Jeudi, l'entreprise publiait ses résultats financiers pour le quatrième trimestre et pour l'ensemble de son exercice 2016.
Pour la période de 12 mois qui a pris fin le 31 décembre dernier, les revenus de Groupe Canam ont atteint 1,8 milliard $ comparativement à 1,6 milliard en 2015.
Par contre, l'entreprise encaisse une perte nette qui s'élève à 13,3 millions $, soit l'équivalent de 28 ¢ par action. L'an dernier, Canam présentait un résultat positif de 46,8 millions $, soit 1,09 $ par action.
L'entreprise explique que la perte nette est attribuable à l'enregistrement d'une provision de 32 millions $ au deuxième trimestre relativement à des coûts additionnels importants dans un projet de charpente métallique lourde - celui du stade des Falcons d'Atlanta - et à l'impact défavorable de projets de ponts aux États-Unis.
«Les résultats de 2016 reflètent un marché de la construction non résidentielle qui a fonctionné au ralenti au Canada pendant qu'il était très actif aux États-Unis, sans pour autant que la pression sur les marges ne s'atténue», a signalé Marc Dutil.
«Mais nos résultats sont affectés par des marges déficitaires sur des projets de ponts aux États-Unis et, en particulier, par la provision prise au deuxième trimestre sur un projet de charpente lourde.»
Recentrage d'activités
Le Groupe Canam n'entend plus jouer le rôle d'entrepreneur en charpente dans les projets complexes d'envergure, notamment les stades sportifs. Un segment de marché très imprévisible, a indiqué Marc Dutil. «C'est comme aller à la chasse au chevreuil!»
Par conséquent, les projets de charpentes métalliques auxquels participera Canam à l'avenir présenteront «un niveau de risque raisonnable» pour lequel «l'évolution des profits sera plus prévisible».
Des coûts non prévus lors de la construction du stade des Falcons d'Atlanta ont forcé Canam à provisionner 32 millions $ au cours de l'été et à éliminer une trentaine d'emplois à son centre administratif à Boucherville. Aucune autre suppression n'est prévue pour le moment.
Des stades, le Groupe Canam en a érigé plus de 70 au Canada et aux États-Unis.
Ce marché a complètement changé ces dernières années, a expliqué Marc Dutil au Soleil. Les dépassements de coûts ont fait en sorte que les propriétaires sont plus près de leurs sous, les contrats sont plus épais, les clauses punitives sont plus lourdes et que le partage des risques n'est plus aussi équitable.
«Un stade, c'est un projet complexe, qui ne se réalisera qu'une seule fois et qui réunira des partenaires qui ne vont sans doute travailler ensemble qu'une seule fois. C'est bien différent que de construire des entrepôts en série, par exemple. Rendu au dixième, on est rendu vraiment bon, vraiment efficace. Et les risques sont bien moins élevés.»
«Malgré toute notre compétence dans la construction de stades, nous avons la conviction que nous ne pourrons pas changer cette dynamique-là qui ne nous permet pas d'obtenir les rendements que nous espérons.»
Par ailleurs, Marc Dutil est rassuré par le fait que le carnet de commandes du Groupe Canam totalisait 1,1 milliard $ au 31 décembre 2016, soit à peu près le même montant qu'à la même période à la fin de 2015. 
Évidemment, la valeur de l'action de Groupe Canam à la Bourse de Toronto (TSX : CAM) en a pris pour son rhume jeudi. À la fermeture des marchés, elle avait perdu 16,77 % de sa valeur pour s'établir à 7,05 $, en baisse de 1,42 $.