Même si l’industrie de la vente au détail de produits et services photographiques est en difficulté, Gosselin Photo a vu ses ventes augmenter chaque année depuis 1998.

Gosselin Photo : survivre à la tempête

«Depuis 1998, nos ventes ont grimpé chaque année. L’an dernier, on parle d’une croissance entre 5 % et 10 %. [...] On gagne des parts de marché de façon phénoménale, mais ce n’est pas parce que la tarte grossit. En fait, le marché rétrécit».

L’industrie de la vente au détail de produits et services de photographie a évolué au cours des dernières années avec l’arrivée, entre autres, des téléphones intelligents.

Et Jean F. Goupil, patron de l’enseigne québécoise Gosselin Photo, ne le cache pas. Il doit continuellement chercher à se réinventer, car son industrie est en difficulté.

Il vise aujourd’hui comme clientèle «les amateurs avancés» de photographie, car au quotidien, le cellulaire est l’outil souvent utilisé.

«Ça ne va pas bien dans mon domaine. Nous sommes dans un marché qui connaît une importante décroissance depuis 10 ans. Le fait que nous nous sommes toujours positionnés avec des produits de moyen et de haut de gamme pour les appareils photo, nous avons été moins touchés», explique au Soleil M. Goupil. «Dans notre domaine, nous sommes parmi les 10 plus importants détaillants au Canada», poursuit l’homme d’affaires.

Gosselin Photo, c’est aujourd’hui un site transactionnel, mais également quatre boutiques à travers la province. À Québec, à Brossard, à Laval et à Trois-Rivières.

Pour information, en 1984, la bannière comptait 15 points de vente à travers la province avant d’être vendue au groupe Québecor, raconte M. Goupil. «En 1998, il ne restait que deux magasins, à Trois-Rivières et à Place de la Cité, à Québec», ajoute-t-il.

C’est à ce moment qu’il est devenu le nouveau patron. En 2012, la direction a fait un petit à Laval et un autre en 2016 à Brossard, dans le Quartier DIX30.

Gosselin Photo est aujourd’hui une famille de 65 travailleurs. L’entreprise, fondée à Lévis en 1939 sous le nom de Studios Gosselin, a maintenant son siège social à L’Île-Bizard, en banlieue de Montréal.

D'autres magasins?

Malgré la tendance à la hausse pour les achats en ligne, M. Goupil croit toujours qu’il faut investir dans la brique et le mortier. Le patron n’écarte d’ailleurs pas la possibilité d’ouvrir de nouveaux magasins au Québec. Une expansion à l’extérieur de la province ne figure toutefois pas dans les plans.

«Il y a eu beaucoup de changements dans la vente au détail. Nous avons investi des centaines de milliers de dollars pour nous adapter. Nous avons injecté des sous dans un nouveau site Web et nous avons rénové nos magasins», dit le président et chef de la direction. «Nous avons su nous adapter au monde de la consommation. Il y a sept ans, il y avait environ six détaillants spécialisés dans la photo à Québec. Aujourd’hui, il en reste deux. Les plus faibles sont tombés au combat», poursuit-il

Selon un rapport du CEFRIO, 58 % des Québécois ont effectué un ou des achats en ligne en 2017. Le total des achats sur Internet au Québec est estimé à 9,1 milliards $ en 2017, soit une hausse de 13 % par rapport à 2015.

Le prix d’un appareil chez Gosselin Photo varie entre 300 $ et 4000 $, selon sa performance. La compagnie offre également l’impression d’image, la location d’équipements et des ateliers de formation.