Le pdg de l’entreprise Marché Goodfood Jonathan Ferrari promet plusieurs nouveautés cette année, dont des repas à des prix plus variés.

Goodfood : solutions à venir pour les coûts et le suremballage

Le patron de Marché Goodfood dit avoir entendu les critiques de consommateurs sur le coût des boîtes de prêt-à-cuisiner et le suremballage, et il promet des solutions dans la prochaine année. Surtout que l’entreprise en forte croissance espère bientôt nourrir les Québécois du déjeuner au dessert.

Marché Goodfood est le numéro un du prêt-à-cuisiner au Québec. Et l’entreprise cherche à diversifier son offre. «On se voit aussi être capable d’offrir différents types de repas. Ça peut être des déjeuners, des lunchs, des desserts par exemple. On se voit vraiment prendre plus d’ampleur et pouvoir prendre de la croissance dans d’autres catégories.» Une alliance avec un épicier n’est pas exclue non plus, pour vendre des kits repas en magasins. Mais ce concept demande réflexion, dit-il, le défi étant d’assurer la même fraîcheur qu’en livrant à domicile. Des produits dérivés, huile d’olive et épices, pourraient aussi être commercialisés.

Entre 60 à 70 % des clients qui commandent des repas prêts à cuisiner finissent par se désabonner. Les consommateurs et les experts mettent au banc des accusés le coût plus élevé par portion et le suremballage (lire autre texte). Il ne faut pas croire qu’il faut garder 100 % des clients pour être rentable, note Jonathan Ferrari. Même s’il n’y a qu’un consommateur fidèle sur deux ou sur trois, les importants investissements en marketing valent le coût, évalue-t-il.

Repas moins ou plus chers
Jonathan Ferrari dit toutefois être très à l’écoute des commentaires des clients et son entreprise cherche constamment à améliorer le produit. Pour le coût, il estime qu’en considérant la qualité des aliments servis, le consommateur n’est pas perdant avec des repas qui commencent à 8,75 $.

Par contre, Goodfood compte bien moduler son offre, dès cette année, pour offrir des repas moins élaborés, et donc moins chers, à ceux qui le souhaitent. Dans l’autre spectre, les consommateurs qui demandent des recettes encore plus recherchées, avec des coupes de viande plus dispendieuses par exemple, pourront aussi avoir cette option.

Si le prêt-à-cuisiner est reconnu pour éviter le gaspillage de nourriture, les déchets qu’il génère sont importants. M. Ferrari rappelle que tous les boîtes, sacs et autres bouteilles sont recyclables ou réutilisables par le client. Toutefois, son équipe travaille actuellement à la possibilité d’inclure certains emballages réutilisables par l’entreprise. En venant déposer votre livraison, le transporteur reprendrait ainsi les contenants pour les réutiliser. On teste aussi des emballages biodégradables.

«Plus notre entreprise prend de la maturité et de l’expansion, donc plus on commence à développer ces économies d’échelle-là, plus on est capable de penser à des solutions qui auraient été exorbitantes [avant]», constate-t-il.

M. Ferrari note toutefois qu’il y a aussi beaucoup d’emballage à l’épicerie. Il fait aussi valoir que le déplacement d’un seul camion, qui livre des paniers dans plusieurs maisons, est plus écologique que chaque ménage qui prend sa voiture quelques fois dans la semaine pour aller à l’épicerie. Les installations de Goodfood, qui desservent la province, sont situées à Montréal.

aliments Précoupés
Comme gagner du temps est l’une des raisons d’être du concept, Marché Goodfood propose depuis peu des recettes qui se font en moins de 20 minutes, et qui obtiennent un vif succès. L’entreprise continuera donc dans ce sens. Pour ceux qui détestent peler les carottes ou couper les patates, de nouvelles options sont à l’étude. «Oui, à l’avenir on pourrait offrir certaines étapes, soit précouper ou préparer [les aliments] d’avance, pour pouvoir accélérer cette préparation-là», précise M. Ferrari.

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FORTE CROISSANCE

Le fondateur de Marché Goodfood, Jonathan Ferrari, croit fermement à la croissance du secteur. L’entreprise est le chef de file de l’industrie au Québec et serait aussi en tête en termes du nombre de livraisons au Canada selon les calculs de l’entreprise. Sa croissance est fulgurante depuis sa création en 2014. Elle est inscrite en bourse depuis juin dernier. Au premier trimestre de 2018, ses revenus ont augmenté de 412 % par rapport à la même période en 2017, atteignant 11,2 millions $. C’est aussi 50 % de plus comparativement au trimestre précédent. Toutefois, l’entreprise inscrit toujours son bilan en rouge, avec une perte nette ajustée de 2,4 millions $. En date du 28 février, elle comptait 61 000 abonnés, en hausse de 16 000 abonnés, soit 36 % par rapport au 30 novembre 2017.

«On pourrait être rentable demain matin», affirme le chef de la direction. Mais l’entreprise préfère investir pour continuer son expansion. Dans quelques mois, Goodfood ouvrira en effet des installations pour desservir l’ouest du pays. 

En ce moment estimé à environ 120 à 150 millions $, le marché devrait osciller entre 2 et 3 milliards $ dans cinq ans, prévoit-il. M. Ferrari cite d’ailleurs une récente étude de Nielsen, qui calcule qu’en 2024, environ 70 % des consommateurs américains feront leur épicerie en ligne. Un changement majeur de comportement qui profitera évidemment à son industrie.