Une partie de l’équipe de Ginove devant le produit vedette de l’entreprise de Saint-Casimir, le camion Roto Pac.

Ginove: un nom prédestiné

«Avec un nom comme le nôtre, on ne peut surtout pas se permettre de se tourner les pouces !»

L’entreprise s’appelle Ginove. Elle a pignon sur rue à Saint-Casimir dans la région de Portneuf.

Christian Lapointe est le propriétaire et le président de la compagnie qui fait travailler une quarantaine de personnes dont près d’une dizaine d’entre elles ont les deux mains enfoncées dans la recherche et le développement.

Ginove évolue principalement dans l’industrie de la collecte des déchets. Son produit vedette, c’est le Roto Pac, un camion de collecte des matières résiduelles.

Ginove commercialise aussi le Mini SL, un véhicule plus compact que le Roto Pac.

Ce n’est pas tout.

L’entreprise de Saint-Casimir fabrique également des équipements de levage pour les véhicules lourds et des unités mobiles destinées au lavage des bacs roulants.

«En 2013, au moment où nous sommes arrivés chez Ginove, Michel Fillion et moi, nous avons commencé à plancher sur le Roto Pac. Sa commercialisation a débuté en 2014. Nous venons tout juste de livrer notre 150e véhicule. Ce n’est pas banal. Avec ce seul produit, nous avons généré des ventes de plus de 15 millions $. Ce 150e camion, c’est une grande fierté pour l’ensemble de l’équipe», souligne Christian Lapointe en entrevue au Soleil.

Lui et son collègue Michel Filion ont fait leurs classes chez Groupe Labrie Enviroquip, une société de Lévis qui fabrique également des véhicules pour la collecte des ordures. Le premier œuvrait dans le domaine du développement des affaires; le second en ingénierie.

Succès boeuf aux États-Unis

Pour se démarquer de la concurrence, les nouveaux dirigeants de Ginove – l’entreprise a été fondée en 2004 par Serge Gingras – ont opté pour une technologie novatrice pour la compaction des déchets.

«Plutôt que d’utiliser un bélier de compaction traditionnel, nous avons mis au point un mécanisme de compaction à vis sans fin. En plus d’améliorer l’efficacité de la collecte, notre technologie assure des coûts d’entretien moins élevés et procure des économies d’énergie. Sans compter qu’elle permet de collecter plus de matières compostables et résiduelles.»

Des brevets protègent l’innovation de Ginove dans une trentaine de pays dont la Chine, le Japon et l’Australie. D’autres demandes de brevets viennent d’être déposées.

Ginove connaît un succès bœuf aux États-Unis avec son Roto Pac.

«L’un de nos clients au sud de la frontière achète pas moins de la moitié de notre production», raconte Christian Lapointe en mentionnant que le 150e véhicule Roto Pac a été acheté par Sani-Éco, une entreprise spécialisée en récupération et traitement des matières résiduelles de Granby.

Ginove fabrique tous ses équipements à son usine de Saint-Casimir. Elle détient toutefois des ententes de fabrication avec des partenaires américains.

«Si, un jour, les États-Unis exigeaient plus de contenu américain dans les produits provenant de l’étranger ou encore que la demande devient trop forte pour notre capacité de production au Québec, nous pourrions alors confier la fabrication de certains équipements à nos partenaires. Nous ne sommes pas encore rendus à cette étape, mais il faut faire preuve d’un peu de clairvoyance en affaires.»

Ginove négocie actuellement des ententes de ce type avec des sociétés européennes.

De l’Amérique du Sud à Saint-Casimir!

Le chiffre d’affaires annuel de Ginove se situe quelque part entre 10 et 13 millions $.

«En l’espace d’un peu plus de trois ans, nous l’avons triplé», signale Christian Lapointe qui est aussi à la tête de Latéral Innovations, une firme de services informatiques qui met au point des logiciels permettant aux municipalités d’amasser une kyrielle de données sur les historiques de collectes des matières résiduelles et sur les habitudes des résidents.

Évidemment, Ginove a eu du mal à trouver la main-d’œuvre nécessaire pour répondre à la croissance de ses affaires. C’est pourquoi elle a dû aller recruter des travailleurs en Colombie et au Brésil.

«La municipalité de Saint-Casimir [1500 habitants] a bénéficié de l’arrivée d’une vingtaine de personnes provenant de l’Amérique du Sud. Des travailleurs qui sont venus s’établir ici avec leur famille. Toute la communauté s’est serré les coudes pour faciliter leur intégration en leur offrant des meubles ou en leur proposant des cours de français. C’est une belle histoire que nous vivons actuellement à Saint-Casimir», insiste Christian Lapointe.