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Philippe Beauchamp, président de l’entreprise UgoWork, qui se spécialise dans la fabrication de batteries lithium-ion pour les chariots élévateurs, a indiqué qu’il avait d’abord pensé à assurer la sécurité de ses employés et faire en sorte que les règles de la Santé publique soient constamment respectées quand la crise s’est amorcée.
Philippe Beauchamp, président de l’entreprise UgoWork, qui se spécialise dans la fabrication de batteries lithium-ion pour les chariots élévateurs, a indiqué qu’il avait d’abord pensé à assurer la sécurité de ses employés et faire en sorte que les règles de la Santé publique soient constamment respectées quand la crise s’est amorcée.

[GÉRER LA CRISE] UgoWork: se préparer pour l’après-crise et la vague qui déferlerait

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
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La pandémie de coronavirus a tout changé pour les entrepreneurs d’ici qui en ont souffert, mais qui ont aussi rebondi dans la tempête, faisant parfois jaillir de nouvelles façons de faire. À l’heure de la seconde vague, nous poursuivons les rencontres de cette série «Gérer la crise».
  • Entreprise: UgoWork 
  • Type d’entreprise: PME manufacturière de batteries au lithium-ion pour chariots élévateurs 
  • Contact: Philippe Beauchamp, président

Q  Votre situation avant la crise? 

R  UgoWork a été fondée en janvier 2015. Nous fabriquons des batteries au lithium-ion exclusivement pour le secteur des véhicules industriels, donc tout ce qui est chariots élévateurs. On calcule qu’il y a présentement 10 millions de chariots élévateurs qui opèrent dans le monde. C’est un secteur très névralgique dans tout ce qui touche la logistique de l’expédition et de la réception de marchandises, quelle qu’en soit la nature. Environ 60 % des chariots sur le marché mondial sont électriques. Ils sont principalement alimentés par une technologie de batterie acide-plomb, une technologie qui a des limitations importantes lorsque le cap des 2000 heures d’utilisation par année est franchi. Par la suite, les coûts d’exploitation deviennent exorbitants.

C’est dans ce contexte-là que l’on a créé UgoWork et lancé un produit unique au monde, ce qui nous différencie dans le marché étant toute la manière de recharger les batteries, mais aussi le fait que nous les avons connectées dans un cloud (nuage) afin de fournir une maintenance proactive. On peut donc aller au-devant des besoins des clients et être capable de savoir à l’avance quand un enjeu va se présenter ce qui nous permettra de poser des gestes préventifs plutôt que réactifs.

Quand on a créé notre première batterie en 2015, nous étions quatre dans l’entreprise. Aujourd’hui, nous avons une capacité de production annuelle de 1000 batteries et nous sommes une cinquantaine de personnes à travailler chez UgoWork.

Q  Comment avez-vous réagi quand la crise s’est amorcée? 

R  Très tôt, le secteur des chariots élévateurs et toute leur logistique ont été catalogués service essentiel. Comme on supportait les opérations de ce secteur, on a été inclus dans la notion de service essentiel et nous avons pu continuer nos opérations.

Quand les règles sanitaires sont tombées, notre premier réflexe a été de penser à nos employés. Comment on pourrait faire pour mettre en place les meilleures pratiques pour s’assurer de respecter constamment les règles de la Santé publique, s’assurer qu’il y ait une bonne communication au sein de l’entreprise et que tout le monde soit confortable ? On a aussi fait des changements importants au niveau de la méthodologie du travail de manière mettre en télétravail toutes les personnes qui pouvaient demeurer à la maison. Mais on avait une production qui roulait. Il fallait que les gens puissent venir travailler en toute sécurité et en tout respect des règles. C’est vraiment là-dessus que l’on a mis notre accent.

Ensuite, on a pensé à nos clients. On a voulu s’assurer qu’ils ne manqueraient pas d’énergie afin qu’ils puissent poursuivre leurs opérations.

Q  Quels ont été les impacts de la crise? 

Sur le coup, la crise nous a fait mal. Nos clients avaient toujours des besoins d’opération très élevés, mais tous les projets associés aux nouveautés ont été mis sur la glace. Et au niveau de la prospection, ç’a été plus difficile. On ne pouvait pas entrer chez des clients pour aller leur faire des audits énergétiques, leur apporter notre expertise et les conseiller. Toutes nous étaient fermées, surtout dans le domaine alimentaire. Et c’est très difficile de faire des projets de millions de dollars avec de nouveaux clients quand leurs portes restent fermées. Heureusement, nous avions une bonne base de clients. Et ils ont tous racheté des produits pendant la crise afin de supporter leurs opérations.

Un des enjeux auxquels nous devions faire face avant même le début de la pandémie était au niveau l’obtention de certaines certifications. Nous avons profité de la crise pour nous concentrer sur nos processus internes et sur certains défis technologiques que nous avions pour obtenir les certifications demandées par certains clients.

Q  Quel bilan faites-vous de la crise? 

R  Notre croissance s’est poursuivie, mais elle n’a pas été celle que nous avions prévue. Nous avons quand même été en mesure de procéder à des embauches au niveau de l’ingénierie, du marketing, des ventes et même de la production. Nous avons profité de la dernière année pour nous préparer à l’après-crise afin d’être en mesure d’attraper la vague qui déferlait. Et nous nous sommes donné les outils pour poursuivre notre croissance et même l’accélérer.

Ainsi, nous avons présentement une équipe de vente et de «succès client» qui est aux États-Unis où elle fait une tournée dans plusieurs usines automobiles où on déploie actuellement des produits UgoWork dans des chariots élévateurs qui alimentent des chaînes de production d’automobile.

Q  Que reste-t-il de la crise? 

R  Même si selon moi, le présentiel est irremplaçable, on offre maintenant le choix à nos employés qui étaient en télétravail de continuer à travailler de la maison ou de venir à nos bureaux. Nous sommes habitués à cette manière de travailler et nous avons a pleinement confiance en eux.

Q  Comment voyez-vous l’avenir?  

R  Nous sommes dans un mode où nous allons capturer le marché. L’avenir est très prometteur. Surtout avec le type de clients avec qui on fait affaire. Nos cycles de ventes sont assez longs parce que nous proposons à nos clients une transition énergétique. Et ceux-ci ne peuvent pas se permettre de mettre à risque leur production. Il y a donc un processus assez strict de la part de nos clients au niveau de l’évaluation du fournisseur, de la performance du produit, de la qualité du service à la clientèle, etc. Toutes ces choses-là sont mesurées et ça prend un certain temps à un client pour s’assurer que l’on répond bien à sa demande. Mais notre force chez UgoWork quand on s’installe chez un client, c’est que l’on mesure et que l’on garantit nos résultats.