Afin de garder l'esprit d'équipe bien vivant dans son entreprise, Mme Dominique St-Gelais, fondatrice de la firme STGM Architectes, a organisé tous les jours pour ses employés en télétravail des pauses café virtuelles. Elle a aussi lancé un projet de livre à colorier d’architecture et présenté le Covidtail, une activité en ligne à laquelle 100 personnes ont pris part sur la plate-forme Zoom.
Afin de garder l'esprit d'équipe bien vivant dans son entreprise, Mme Dominique St-Gelais, fondatrice de la firme STGM Architectes, a organisé tous les jours pour ses employés en télétravail des pauses café virtuelles. Elle a aussi lancé un projet de livre à colorier d’architecture et présenté le Covidtail, une activité en ligne à laquelle 100 personnes ont pris part sur la plate-forme Zoom.

[GÉRER LA CRISE] STGM Architectes: garder l’esprit d’équipe malgré la distance

La pandémie de coronavirus a tout changé pour les entrepreneurs d’ici qui en ont souffert, mais qui ont aussi rebondi dans la tempête, faisant parfois jaillir de nouvelles façons de faire. À l’heure du déconfinement, nous poursuivons les rencontres de cette série «Gérer la crise».
  • Entreprises : STGM Architectes
  • Type d’entreprise : Firme d’architectes
  • Contact : Dominique St-Gelais, fondatrice

Q    Votre situation avant la crise?

   STGM est une firme d’architectes de Québec, la cinquième en importance au Québec. Fondée en 2001, elle peut compter sur une équipe intégrée d’environ 130 professionnels de l’architecture, du génie, du design intérieur de la gestion de projet et de l’analyse immobilière.

Q    Comment avez-vous réagi à la crise?

R    En tant que firme d’architectes, nous vendons des services. Nos ressources sont donc essentielles. La première chose que nous avons faite fut de mettre nos gens en sécurité. Nous nous sommes tournés vers le télétravail et nous leur avons donné tout ce dont ils avaient besoin pour continuer à travailler. 

En architecture, il y a deux volets. La conception et la réalisation sur les chantiers. Tout le volet conception s’est poursuivi parce que nos clients avaient besoin de nous autres pour avancer leurs projets ou pour apporter des modifications pour répondre aux nouvelles habitudes que la COVID pourrait avoir engendrées. Par exemple, un développeur immobilier qui avait l’idée d’avoir 10 étages de bureaux dans l’édifice qu’il voulait construire, mais qui décide d’en avoir seulement huit parce qu’il voit comment le télétravail fonctionne bien et qu’il est apprécié. Il faut alors repenser à son projet. Que fera-t-on avec les deux étages vides?

Comme les chantiers étaient fermés, nous avons dû faire quelques mises à pied temporaires parmi notre trentaine d’employés, mais la plupart ont été rapatriés et localisés dans les équipes pour la conception où nous avions un plus gros volume. 

Q    Le télétravail a-t-il été un problème au travail d’équipe?

   En architecture, un projet est réussi quand on est capables de bien communiquer. Et à ce niveau, le télétravail avait une certaine limite. Habituellement, les bureaux sont très ouverts. C’est donc plus facile de suivre l’évolution de chaque projet, d’attraper de petites choses et d’éviter que celui-ci s’en aille dans la mauvaise direction.

Ce qui est dur aussi en architecture, c’est de faire parler le client. Souvent, ils s’expriment en solutions, mais pas en besoin. Ils sont gênés de nous dire ce qu’ils veulent parce qu’ils ne sont pas des experts. C’est difficile de savoir s’ils aiment quelque chose ou s’ils ne l’aiment pas. On réalise tellement un meilleur travail quand on peut leur parler face à face et voir comment ils bougent et tout ça. Et ce petit bout-là nous manquait. C’est comme nos ingénieurs, on les aime proche aussi.

Q    Quel a été votre plus grand défi?

   C’est incroyable tout ce qu’il a fallu faire pour bien gérer nos réunions sur le Web et la technologie qu’il a fallu déployer pour être capables de bien les orchestrer et de dire : «lui veut parler, lui a aussi levé la main, c’est à son tour à lui, ça sera à lui après». Il faut être bien entourée pour arriver à être un bon chef d’orchestre dans une téléconférence. Mais on ne sera jamais aussi bon que lorsqu’on le fait en vrai. Ils étaient deux, trois appariteurs à m’accompagner à chaque réunion pour m’aider. Et souvent la fin d’une téléconférence, je contactais ou je faisais contacter les cinq personnes les plus influentes de la réunion afin de connaître leur opinion et d’être capable d’aller plus loin.

Q    Comment avez-vous maintenu en vie la flamme du travail d’équipe?

   Dès le début de la crise, la philosophie chez STGM a été de garder le contact avec tout le monde. On a mis en place des pauses café virtuelles. À tous les jours à 15h, les gens se réunissaient. Et aujourd’hui encore, après trois mois, ils sont encore là au rendez-vous. On a aussi fait notre fameux cahier à colorier d’architecture, dont il a été question dans Le Mag du Soleil, et il y a eu le Covidtail qui nous a permis à tout le monde de prendre une pause. Le chef mixologue du Shaker Jean-René Lebel y a pris part et il a fait une recette via téléconférence. On a été 100 sur l’appel Zoom. 

On a aussi profité de cette occasion pour annoncer l’arrivée de huit nouveaux associés, dont cinq femmes. Comme on a un plan de développement, c’était important pour nous, malgré la COVID, de ne pas laisser tomber nos stratégies et de continuer à avoir nos objectifs et d’aller là où on veut aller. Et tout le monde était content d’avoir ces nouvelles-là. C’était une priorité pour nous de continuer à parler à nos gens et de ne pas échapper dans nos communications nos nouvelles corporatives. Il fallait faire en sorte qu’ils sachent qu’ils appartiennent toujours à l’entreprise, quelque chose d’important si on veut garder le momentum et les gens mobilisés. Et ç’a été très très apprécié. Ç’a fait du bien à tout le monde. On a fait un sondage après l’évènement et j’ai été surprise des commentaires et de l’impact de l’activité. Le covidtail fut une belle réussite et on va en faire un autre.

Q    Que comptez-vous garder de vos initiatives après la crise?

R    Nous n’étions pas très ouverts au télétravail avant la crise. Et ce que l’on retient, c’est qu’une partie du travail peut se faire en télétravail. Il y a certaines personnes qui vont parfois apprécier qu’on leur permette de faire une partie de leur tâche en télétravail pour améliorer leur vie familiale, par exemple. 

Une autre chose qui va rester c’est la communication. On dirait que le fait que nos gens étaient éloignés nous avait poussés à communiquer plus avec eux, à leur donner plus de nouvelles et à faire un peu plus d’activités. C’est comme si parce qu’ils étaient loin, on avait besoin de plus prendre soin d’eux autres. Et ça, ça va rester parce que je m’aperçois de tout l’impact positif que ça l’a de leur dire régulièrement où on s’en allait, que l’on était toujours là, etc.