Une entreprise familiale: Julie Vézina, entourée de Sara, Emmanuelle et Alexandre.
Une entreprise familiale: Julie Vézina, entourée de Sara, Emmanuelle et Alexandre.

[GÉRER LA CRISE] Les Cafés de Julie: passer au travers grâce à la famille 

La pandémie de coronavirus change tout pour les entrepreneurs d’ici qui en souffrent, mais qui rebondissent aussi devant la tempête, se serrent les coudes avec leurs employés et, parfois, font jaillir de nouvelles façons de faire. Nous allons à leur rencontre dans cette série «Gérer la crise».
  • Entreprise: Les Cafés de Julie
  • Type: boutique d’alimentation
  • Contact: Julie Vézina, propriétaire

En tant que petit commerce indépendant, les incertitudes étaient vives pour Julie Vézina. Lorsque la crise a éclaté, elle a mobilisé sa «gang», c’est-à-dire son conjoint et ses trois enfants, pour qu’ils lui donnent un coup de main. Cette expérience aura eu comme effet de resserrer les liens familiaux.

Q Quelle était votre situation avant la crise?

R Les Cafés de Julie c’est une PME qui a pignon sur rue depuis 18 ans dans Beauport. Nous avons une clientèle bien établie. Avant la COVID-19, nous avions une section boutique où l’on vendait du café en grains, du thé, de la tisane, du chocolat et d’autres produits fins. Depuis 10 ans, on avait aussi installé une section restaurant où on servait des paninis, de la soupe et de la salade, et on avait une trentaine de places assises. Sept employés y travaillaient, dont mon garçon.

Q Comment avez-vous vécu la crise et quels ajustements ont été mis en place?

R J’ai eu la chance de rester ouvert, car je vends des produits alimentaires. On a rapidement fermé le côté «resto» pour se concentrer sur la boutique. J’ai mis tout le monde à pied quand la crise a commencé, car j’avais peur qu’un de mes employés contractent la COVID-19 et qu’on soit obligé de fermer. J’ai réduit mes heures d’ouverture, fermé la salle à manger, instauré la commande par téléphone et la cueillette en magasin et instauré des zones de circulation dans la boutique. J’ai aussi demandé à mes enfants et à mon conjoint de me donner un coup de main. Mais tous les jours, il fallait s’adapter et prendre des décisions. 

Q Avez-vous remarqué un élan de solidarité pour l’achat local?

R Oui! Le mouvement pour l’achat local ça nous a vraiment donné un coup de main. On a accueilli beaucoup de nouveaux clients. J’ai aussi servi des clients que ça faisait longtemps que je n’avais pas vus. J’ai l’impression que le café, c’est un peu comme le vin ou les produits fins, les gens se sont tournés vers des produits réconfortants en temps d’incertitude. J’ai aussi l’impression que pour une première fois, les commerces de proximité de banlieue ont été favorisés. On est négligé par rapport aux grandes surfaces, et avec cette crise, ça nous a ramenés au centre du quartier et de l’économie.

Q Quelles étaient vos principales inquiétudes?

R Avant la crise, j’avais peur de fermer, car on n’avait pas beaucoup d’informations. Pendant la crise, je craignais pour la sécurité de mes proches et de ma boutique. Et maintenant, je crains qu’il y ait une deuxième vague. Est-ce que le déconfinement va bien se dérouler? Est-ce qu’on va devoir recommencer à zéro? D’où l’idée de reprendre les activités de mon commerce doucement.

Q Y a-t-il eu des côtés positifs qui ont découlé de cette crise?

R J’ai eu la chance d’être bien secondée par ma famille. Mon conjoint faisait du télétravail, donc il avait plus de temps pour m’aider. Ma fille est aussi revenue m’aider dans la boutique. Tout le monde a donné un coup de main, et ça a donné quelque chose de beau au niveau familial. C’est aussi ça qui m’a permis de passer au travers. Dans une certaine mesure, on peut dire que ça a contribué au succès de ma boutique et que c’est aujourd’hui devenu davantage une entreprise familiale.

Q Des initiatives nées de la crise?

R Dans quelques semaines, j’aurai un site transactionnel où les gens pourront commander mes produits en ligne et les ramasser dans un point de cueillette. J’essaie ainsi d’offrir une alternative à ma clientèle existante, et, en même temps, d’aller chercher une nouvelle clientèle plus jeune. J’ai aussi choisi de ne pas rouvrir le côté restauration de mon commerce, car cela venait avec énormément de gestion. La crise m’aura donc permis de recentrer mes activités et de revenir à ma mission première. Au final, mon plaisir, ça a toujours été ma boutique!