Taylor Ireland est propriétaire des Ateliers de conversation anglaise depuis 2009, une entreprise qui exploite des écoles à Québec, Montréal et Toronto.
Taylor Ireland est propriétaire des Ateliers de conversation anglaise depuis 2009, une entreprise qui exploite des écoles à Québec, Montréal et Toronto.

[GÉRER LA CRISE] Les Ateliers de conversation anglaise: continuer à avancer

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
La pandémie de coronavirus a tout changé pour les entrepreneurs d’ici qui en ont souffert, mais qui ont aussi rebondi dans la tempête, faisant parfois jaillir de nouvelles façons de faire. À l’heure de la seconde vague, nous poursuivons les rencontres de cette série «Gérer la crise».
  • Entreprise : Les Ateliers de conversation anglaise
  • Type d’entreprise : école de langue
  • Contact : Taylor Ireland, président

Q   Votre situation avant la crise?

R   Les Ateliers de conversation anglaise ont été fondés en 1983. Et je suis le propriétaire de l’entreprise depuis 2009. Nous exploitons des écoles à Québec, Montréal et Toronto. Nous avons une équipe d’une centaine de personnes; des professeurs et des gens qui travaillent au niveau de l’administration. Juste avant la pandémie, nous avions autour de 2000 personnes en formation chaque semaine. 

Q   Comment avez-vous réagi face à la pandémie?

  On offrait depuis 2012 de la formation en ligne. Et on en avait donné à peu près 20 000 avant le début de la pandémie. Lorsque la COVID a commencé à se propager en France, en Italie et en Espagne, je me suis dit que c’était possible que l’on ne puisse pas se sauver du virus. J’ai parlé avec mon équipe. Je lui ai demandé de penser à ce que nous pourrions faire si nous devions composer avec le virus et aussi de se préparer mentalement. Quand la pandémie a commencé, j’ai contacté mes clients afin de les informer que nous étions capables de faire la transition vers des cours en ligne et à mettre en place rapidement les plans qui leur permettraient de continuer à recevoir leurs cours.

Même si on est bien préparé, on ne l’est jamais assez. Une transition comme celle que nous avons dû faire, c’est beaucoup d’ouvrage. Et on se demande comment les employés vont réagir. Disons que ç’a été une période assez rock and roll. Mais on a quand même réussi à faire la transition de plus de 600 personnes vers la formation en ligne en l’espace d’une fin de semaine.

Le fait de sortir de notre zone de confort et d’être obligé de voir les choses autrement a quand même eu des impacts positifs. Parce que tout se passe en ligne, je sens davantage d’implication des employés basés à Montréal et à Toronto. 

Q   Comment avez-vous vécu la crise? 

  J’avais dit à mon équipe que la pire chose que nous pourrions faire c’était d’arrêter complètement et de ne plus avancer. Afin de permettre à nos professeurs de garder leur emploi, j’ai donné à certains des mandats de création de contenus. Et c’est ce qui nous a permis de récemment mettre en ligne un site Web qui s’appelle lesbonsmots.ca pour aider nos clients. Par le biais de vidéos, on y donne des trucs pour apprendre l’anglais. Il y a aussi des articles et des podcasts sur l’apprentissage d’une langue seconde.

Q   Avez-vous réussi à reprendre les cours en personne?

R   Non. Dans le contexte, donner un cours en personne est la pire chose que l’on pouvait faire. Même si les gens sont à deux mètres les uns des autres, ils sont assis dans une salle dans laquelle ils doivent parler pendant deux heures. Et donner un cours de langue en portant un masque, ce n’est pas l’idéal non plus. On a donc donné que des cours en ligne et nous avons malheureusement dû prendre la décision difficile d’annuler nos camps d’été, parce qu’on n’avait pas vraiment eu le temps pour bien se préparer et qu’on ne voyait pas comment on aurait pu offrir ce en quoi nos clients étaient en droit de s’attendre en terme de service et de qualité.

On a quand même été chanceux. On est presque rendu avec le nombre d’étudiants que nous aurions eu en temps normal. Ce qui nous aide, c’est que nous travaillons avec de belles entreprises et de belles organisations qui sont stables. 

On a cependant dû travailler très fort pour passer à travers la crise. C’est vraiment plaisant de voir comment l’équipe se présente chaque jour pour affronter les défis que nous avons. Je me sens encore comme dans un start-up à l’époque quand j’avais acheté l’école. Mais je suis aussi optimiste et motivé qu’avant.

Q   Allez-vous recommencer à donner des cours en personne?

  Si on m’avait posé la question au mois d’août, j’aurais sûrement dit que ceux-ci allaient de nouveau être offerts à compter de janvier 2021. Aujourd’hui je pense que les cours en personne vont plutôt débuter avec nos camps d’été. Et c’est à l’automne 2021 que nous devrons reprendre nos activités comme avant. 

J’ai profité des derniers mois pour mettre le pied sur l’accélérateur au niveau de la formation en ligne et elle est bien reçue au Québec, au Canada et même ailleurs dans le monde. Il est donc certain qu’elle demeurera après la pandémie parce qu’elle nous permet d’avancer. Mais il n’est pas question que nous arrêtions d’offrir des cours en personne. Ça fait partie de nos activités depuis 1983. Ils offrent un contact privilégié qui est important, surtout quand on apprend une langue. On peut voir dans les yeux de l’élève s’il nous suit et s’il nous comprend. Je pense aussi que le fait de côtoyer des élèves dans les corridors de l’école nous permet de rester proches de nos clients et de nos employés. 

On devrait donc commencer les formations en personne par des cours privés où c’est plus facile de garder les distances et par la suite, passer aux cours de groupe.

Q   Comment voyez-vous l’avenir?

R   Quand on fait des affaires, il y a toujours une fragilité quelque part. Je vois que j’ai encore la possibilité de monter des échelons sauf que l’échelle que m’a apportée la pandémie est moins solide que celle que j’avais avant. J’ai beaucoup d’espoir en l’avenir, mais je suis conscient que je suis dépendant du contexte économique.

Je crois qu’il y aura de plus en plus de formations en ligne de même que des formations hybrides où on va faire des cours en ligne et des ateliers en personne de temps à autre. Il faudra continuer à investir sur notre plan de formation, notre contenu et notre encadrement afin qu’ils soient non seulement pertinent pour nos clients de Québec, mais qu’ils nous permettent aussi de continuer à profiter d’un avantage sur nos concurrents.