Jimmy Gobeil, propriétaire de la boutique Le Coureur Nordique, offre a ses clients un site Web de ventes en ligne sur lequel il est possible de parler en temps réel avec un conseiller.
Jimmy Gobeil, propriétaire de la boutique Le Coureur Nordique, offre a ses clients un site Web de ventes en ligne sur lequel il est possible de parler en temps réel avec un conseiller.

[GÉRER LA CRISE] Le Coureur nordique: poursuivre l’expérience boutique sur le Web 

La pandémie de coronavirus change tout pour les entrepreneurs d’ici qui en souffrent, mais qui rebondissent aussi devant la tempête, se serrent les coudes avec leurs employés et, parfois, font jaillir de nouvelles façons de faire. Nous allons à leur rencontre dans cette série «Gérer la crise».
  • Entreprise : Le Coureur nordique
  • Type : boutique spécialisée dans le domaine de la course à pied
  • Contact : Jimmy Gobeil, propriétaire

Q La situation avant la crise?

R Le printemps, c’est la grosse période de l’année dans le domaine de la course à pied. Les gens se préparent pour la nouvelle saison. Nos ventes à cette période de l’année en souliers, en vêtements, en équipement électronique et en produits pour la nutrition représentent environ 40 % de notre chiffre d’affaires. Pendant l’hiver, les gens courent toujours, mais un peu moins. Ils diversifient plutôt leurs activités. L’achalandage est donc moins grand.

La semaine avant le confinement, même s’il y avait des consignes de ne pas trop se déplacer, il y avait vraiment beaucoup de monde en magasin. Et maintenant à cause du confinement, on sent que les gens ont encore plus le goût de bouger. Parce que les gyms sont fermés, il ne reste plus beaucoup de possibilités d’entraînement autres que la course à pied.

Q Comment avez-vous vécu l’annonce de la crise?

R Comme tout le monde, le jour où nous avons été obligés de fermer, nous nous sommes demandé comment nous allions continuer. Heureusement, depuis décembre, nous avions l’option de vendre en ligne. Ça nous a vraiment aidés. C’est sûr qu’il y a eu des dommages collatéraux plates. J’ai dû mettre à pied temporairement une bonne partie de mon personnel, soit une trentaine de personnes. Il y a des jeunes chez nous qui étudient à l’université qui avaient besoin de travailler et qui dépendaient de nous. Mais en étant limité à seulement 35 % à 40 % de mon chiffre d’affaires, je n’avais pas le choix si je voulais passer à travers la crise. Et à ce moment-là, aucune mesure d’aide gouvernementale n’avait été annoncée pour les entreprises. 

Q Comment vous en sortez-vous jusqu’ici?

R Grâce aux ventes en ligne qui fonctionnent vraiment bien, on va s’en sortir. Nous sommes vraiment surpris de la manière dont les gens nous encouragent via notre site de vente en ligne. C’est vraiment impressionnant. On dirait que les personnes qui se sont tournées vers l’achat en ligne ont décidé d’acheter localement. Les gens nous écrivent des messages pour nous remercier d’être encore là et de bien les servir malgré la distance, pour nous encourager et nous témoigner leur attachement à notre commerce, etc. On sent un élan de générosité et de reconnaissance envers notre boutique.

Q Comment vous êtes-vous adaptés aux besoins de votre clientèle?

R On a voulu poursuivre l’expérience boutique sur le Web. Au début, nous n’offrions pas la possibilité aux gens se rendant sur notre site Web de pouvoir échanger en temps réel avec un conseiller. Il pouvait arriver qu’il y ait un certain délai avant que nous puissions répondre aux questions des clients. Mais depuis, nous avons modifié notre façon de faire. Nous avons deux employés qui travaillent de 10h à 22h afin de répondre instantanément aux différentes questions des gens. Les clients peuvent même envoyer à nos conseillers des photos de leurs pieds et des vidéos d’elles en train de courir. Nos spécialistes vont tout analyser pour leur proposer le meilleur modèle.

Quand les gens ont fait leur choix et qu’ils ont commandé. Ils peuvent ensuite décider de se faire livrer leurs chaussures ou de venir les cueillir en magasin. Et parce que l’on a des bancs devant la boutique, les gens qui passent chez nous peuvent essayer leurs souliers. S’il y a quoi que ce soit au niveau de la grandeur ou du confort, ils n’ont qu’à frapper à la porte et un conseiller pourra leur apporter un autre modèle qu’ils pourront essayer à l’extérieur, sans qu’il y ait de contact avec notre personnel. Si un client change de modèle et qu’il y a un changement de prix, la facture sera modifiée et la personne la recevra par courriel. 

Q Comment voyez-vous le retour à la normale?

R J’ai hâte de voir comment va se passer la réouverture des commerces. Il y a beaucoup de gens qui vont venir chez nous en magasin pour se procurer du matériel. Mais on va probablement devoir limiter le nombre de clients en boutique et travailler avec du personnel réduit afin de respecter une certaine distanciation. Je crois qu’il va falloir se réinventer. On pense donc, lors des belles journées, à garder les clients à l’extérieur. Des employés pourraient faire essayer les souliers alors que notre staff à l’intérieur pourrait faire la navette afin d’aller chercher les souliers dans l’arrière-boutique et les apporter à l’extérieur.