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Laserax œuvre dans les solutions laser de pointe pour le nettoyage et le marquage depuis 11 ans. L’entreprise de la Vieille Capitale fait aujourd’hui affaire dans plus de 25 pays. Xavier Godmaire est d’avis que Laserax a tout le potentiel de devenir un beau fleuron québécois comme il y en a d’autres à Québec.
Laserax œuvre dans les solutions laser de pointe pour le nettoyage et le marquage depuis 11 ans. L’entreprise de la Vieille Capitale fait aujourd’hui affaire dans plus de 25 pays. Xavier Godmaire est d’avis que Laserax a tout le potentiel de devenir un beau fleuron québécois comme il y en a d’autres à Québec.

[GÉRER LA CRISE] Laserax: le potentiel de devenir un beau fleuron québécois

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
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La pandémie de coronavirus a tout changé pour les entrepreneurs d’ici qui en ont souffert mais qui ont aussi rebondi dans la tempête, faisant parfois jaillir de nouvelles façons de faire. À l’heure de la seconde vague, nous poursuivons les rencontres de cette série «Gérer la crise».
  • Entreprise: Laserax 
  • Type d’entreprise: solutions laser de pointe pour le nettoyage et le marquage 
  • Contact: Xavier Godmaire, président

Q  Votre situation avant la crise? 

R  Laserax a été fondé il y a 11 ans par deux physiciens du laser avec le désir de fournir à l’industrie manufacturière des solutions laser de pointe pour le nettoyage et le marquage de pièces. Nous vendons des machines de haute précision, mais surtout de haute vitesse, des équipements 100 % automatisés qui font partie des lignes de production.

Notre aventure s’est amorcée avec les alumineries du Québec qui nous ont approchés pour marquer à une vitesse très impressionnante, Laserax est la compagnie dans le monde qui marque le plus rapidement, la surface des lingots qu’elles produisaient pour une question de traçabilité mais aussi pour indiquer l’origine et la qualité du métal, la composition chimique, etc. Très rapidement, notre succès auprès de ces alumineries nous a permis de nous faire connaître et aujourd’hui nous sommes présents dans les sept plus grosses alumineries dans le monde.

Certaines alumineries, comme Rio Tinto, nous ont aussi introduits chez leurs plus grands clients automobiles où il y avait aussi des enjeux de traçabilité au niveau de certaines pièces pour des questions de rappel ou qui avaient besoin de solutions de marquage qui seraient très rapides, à cause de la cadence de production, mais aussi très résistantes. Ç’a créé un beau succès sur lequel on surfe encore aujourd’hui. Plus de 80 % de nos ventes sont dans ce secteur et depuis 2017, l’équipe est passée de 20 employés à plus de 60. Et nous avons présentement une quinzaine de postes à combler. Nous devrions donc être autour de 75 employés d’ici peu et ce nombre pourrait passer le cap de la centaine d’ici un an.

Q  Comment avez-vous réagi quand la crise s’est amorcée? 

R  Le choc dans le domaine de l’automobile a été brutal. Les usines ont même dû fermer et ç’a été relativement long à redémarrer. Les choses ont vraiment été chambardées et nous avons été fortement impactés.

Nous avions la chance d’être dans un processus de croissance extrêmement rapide et nous avions un énorme carnet de commandes au moment de rentrer dans la crise. La pire chose pour nous, ce n’était pas d’avoir un break au niveau de nos commandes. Nous avions la solidité financière pour survivre. Quand la crise s’est amorcée, la chose la plus importante pour une entreprise comme la nôtre, qui a eu une croissance rapide et qui a dû faire de bonnes embauches et aller chercher du talent dans un environnement extrêmement compétitif comme celui à Québec, a été de protéger son capital humain. C’est sur la notion d’être solidaire et de garder tous nos emplois que nous avons mis tout le focus. Et c’est une fierté pour nous d’avoir réussi à le faire.

Q  Quel a été le plus gros impact de la pandémie? 

Ce fut de ne pas pouvoir voyager. Et encore aujourd’hui, c’est un problème, car on vend des équipements en Australie, en Asie, aux États-Unis, au Mexique, un peu partout en Europe. Une chance que nous avions ouvert une filiale en Allemagne quelques mois avant le début de la crise. On se serait complètement coupé du marché européen si on n’avait pas eu des gens sur place.

Q  L’après-pandémie et les impacts récurrents de la crise vous inquiètent-t-ils? 

R  Pas vraiment. Quand on regarde la photo avant la crise et celle après, il y a quand même eu un déplacement majeur quant au genre de projets sur lesquels nous travaillons. Et ça, c’est quelque chose qui fait partie aussi de notre succès. On a toujours su nous adapter.

Aujourd’hui, il y a énormément d’investissements qui se font dans les véhicules électriques. Tous les gros constructeurs automobiles de ce monde investissent massivement dans cette technologie. Et cette tendance nous a obligés à balancer notre offre de produits. Avant la COVID, le nettoyage laser représentait entre 10 à 20 % de nos ventes. Le reste allant au marquage. Aujourd’hui, cette proportion est rendue à 50 %-50 %. L’industrie de l’automobile traditionnelle tourne encore aujourd’hui au ralenti alors qu’il y a des investissements massifs qui se font dans tout ce qui est automobile électrique. Comme on avait cette carte-là de nettoyage laser, qui est extrêmement utile, notamment dans la fabrication des batteries, on a réussi à se repositionner rapidement dans le marché. Et notre croissance a redémarré. En 2020 en pleine COVID, sans pouvoir voyager, notre croissance a d’ailleurs augmenté de 20 %.

Q  Quel sera le plus gros défi des prochaines années? 

R  Trouver de la main-d’œuvre. Laserax est une fierté québécoise. Et même si nous sommes dans un modèle où nous voulons conquérir le monde, et nous avons commencé à le faire puisque nous sommes dans plus 25 pays, c’est important pour nous de rester au Québec, à Québec. Mais même on doit se battre depuis quelques années avec la réalité du marché qui fait que la main-d’œuvre est très très rare. Engager deux ou trois personnes par année c’est une chose, mais quand on doit en recruter 20-25, c’est un défi qui est tout autre. Clairement, c’est quelque chose qui pourrait freiner notre croissance. Et c’est pour cette raison que les stratégies d’embauche et de rétention de personnel n’ont jamais été aussi importantes.

Q  Comment voyez-vous votre croissance? 

R  Quand tu joues dans le secteur automobile, tu n’as pas le choix que d’être une compagnie globale parce que tu te dois d’être là où tes clients sont. Nous avons actuellement des bureaux au Canada, aux États-Unis, au Mexique et une filiale en Europe, une compagnie allemande qui est détenue par Laserax à 100 % qui gère le marché européen. Nous sommes aussi en train de nous implanter en Asie à travers des partenariats stratégiques. C’est certain que nous entrons maintenant dans une phase d’acquisition d’entreprises afin de grossir plus rapidement et d’ouvrir des bureaux dans des endroits stratégiques pour se rapprocher des décideurs. Ces acquisitions nous permettront de nous déployer dans certains marchés tout bénéficiant des références des entreprises que l’on achète, de leurs contacts et même de leurs employés et en respectant les cultures d’affaires locales. On ne vend pas au Japon de la même manière qu’on le fait en Allemagne, en Israël ou en France. Il n’y a pas de recette unique. Il y a aussi la notion de fuseaux horaires qui devient de plus en plus importante et qui complique l’aspect logistique qui vient avec l’expansion internationale. Nous rapprocher de nos clients, au fur et à mesure que notre croissance s’accentue, devient donc un élément clé.

Q  Comment voyez-vous l’avenir? 

R  Notre objectif est non seulement d’amener un savoir-faire technologique unique au monde, mais de le maturer au niveau commercial et au niveau opérationnel pour dominer notre marché. On veut pousser encore plus le caractère innovant de l’entreprise pour continuer à devancer la compétition. On procédera d’ailleurs, au cours des prochaines semaines, à l’achat de la source laser la plus puissante au monde pour être capable de développer des solutions encore plus rapides et encore plus performantes en terme de nettoyage laser à des industriels qui ont des besoins d’amélioration de productivité.

On est très chanceux en tant qu’entreprise chez Laserax d’œuvrer dans un marché aussi grand et qui offre autant de possibilités avec une valeur ajoutée. D’être la petite compagnie québécoise qui arrive à gagner des projets en Allemagne contre des Allemands, des projets aux États-Unis contre des Américains et qui tire son épingle du jeu dans un contexte de compétition qui est féroce, c’est ce qui rend le travail excitant chez Laserax. C’est très gratifiant et c’est ce qui nous pousse à vouloir conquérir le monde comme on le fait actuellement. Je pense que nous avons tout le potentiel de devenir un beau fleuron québécois comme il y en a d’autres à Québec.