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Pendant la crise, l’entreprise JWG, des hommes d’affaires Louis-Philippe Gingras, Jérémie Gagnon et Olivier Nadeau, qui se définit comme un partenaire d’approvisionnement pour les entreprises, a tout misé sur l’approvisionnement de masques médicaux trois plis ASN2.
Pendant la crise, l’entreprise JWG, des hommes d’affaires Louis-Philippe Gingras, Jérémie Gagnon et Olivier Nadeau, qui se définit comme un partenaire d’approvisionnement pour les entreprises, a tout misé sur l’approvisionnement de masques médicaux trois plis ASN2.

[GÉRER LA CRISE] JWG: relever le défi de l’approvisionnement de produits en pénurie

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
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La pandémie de coronavirus a tout changé pour les entrepreneurs d’ici qui en ont souffert, mais qui ont aussi rebondi dans la tempête, faisant parfois jaillir de nouvelles façons de faire. À l’heure de la seconde vague, nous poursuivons les rencontres de cette série «Gérer la crise».
  • Entreprise: JWG 
  • Type d’entreprise: approvisionnement médical, industriel et projets sur mesure 
  • Contact: Jérémie Gagnon, président

Q  Votre situation avant la crise? 

R  JWG a été fondé en 2017. Son modèle d’affaires était d’être un partenaire en approvisionnement pour les entreprises. À l’époque, nous avions acquis une expertise assez forte au niveau des articles promotionnels. Mais par la suite, nous avons travaillé pour nous détacher de ce domaine et nous diriger vers l’industriel, des produits moins personnalisés, mais à plus fort volume. Et pendant que nous faisons cette transition, nous avons fait des voyages à l’international pour développer notre réseau de contacts et approfondir certaines relations. C’est lors de ces voyages que nous avons bâti des relations avec des fournisseurs dans le domaine médical.

Q  Comment avez-vous réagi quand la crise s’est amorcée? 

R  En mars 2020, nous étions cinq employés et nous travaillions toujours du sous-sol d’une maison. Quand la crise est arrivée, quatre personnes ont arrêté de venir au bureau. Je me suis alors assis avec Olivier (Nadeau), un partenaire de longue date et un ami, et nous avons pris un, deux, trois jours pour analyser la situation.

Quand on vu qu’il y avait des pénuries de matériel qui commençaient à popper un peu partout et qu’il y avait des besoins imminents dans plusieurs domaines, on a défini quels étaient ces besoins et on s’est demandé dans quels domaines on pourrait aider. À ce moment-là, on a tout misé sur l’approvisionnement de masques médicaux trois plis ASN2. Et nous avons obtenu notre licence médicale de Santé Canada et notre classe 1 et 2, ce qui nous a obligés à faire de nombreuses démarches et de passer à travers un processus complexe. On ne rigole pas avec la santé des gens. Il a donc fallu que l’on réfléchisse et que l’on monte plusieurs processus à l’interne pour avoir, par exemple, un suivi plus fin sur nos commandes. De nouvelles procédures avec lesquelles il a fallu composer en cours de route puisque nous ignorions leur existence quand on s’est lancé dans notre projet.

Olivier et moi, de même que deux jeunes stagiaires que nous avions engagés avant le début de la crise, nous nous sommes mis au boulot. On a travaillé le jour et la nuit pour nous procurer ce dont nos clients avaient besoin. Je me souviens des conversations que nous avons eues en plein milieu de la nuit avec des fournisseurs ailleurs sur la planète. Ce fut vraiment intense. C’est un peu surhumain ce que nous avons fait pendant cette période-là compte tenu de nos ressources et du peu de connaissances que nous avions dans l’approvisionnement de produits médicaux.

Q  Quels ont été vos plus grands défis? 

R  Il a fallu croire profondément en ce que nous faisions. C’était difficile de faire des trucs que nous n’avions jamais faits et ayant une envergure que l’on n’avait jamais effleurée quand les gens autour de nous disaient que l’on était fou de nous être embarqués dans un tel projet. Si on n’y avait pas cru dès le jour un, il n’y a rien qui se serait passé.

L’autre défi a été de faire attention les uns et les autres. Les problèmes d’approvisionnement sont encore là et ça nous amène à vivre des choses intenses. C’est n’est pas facile, c’est demandant mentalement. Il a fallu et il faut toujours se serrer les coudes, rester unis et prendre soin les uns et les autres. Et nous l’avons super-bien surmonté celui-là. C’est en relevant ces deux défis que tout a pu être possible.

Par la suite, il y a eu plein de micros défis. Mais rien qui n’a pu être réglé.

Q  Comment arrive-ton à travailler avec la machine gouvernementale? 

R  On partait de zéro, on n’avait rien. Et on n’était pas dans le domaine des appels d’offres. Les contrats que l’on avait eus avant la crise venaient d’entreprises privées. Je me souviens qu’Olivier, nos deux jeunes et moi on s’était monté des listes des députés. On voulait tous les contacter afin de leur dire que s’ils avaient des besoins, on avait tels produits disponibles, on avait ça en route, etc. On a aussi téléphoné à plein d’organismes et de gens susceptibles d’avoir des besoins de masques. Mais même si on savait grâce aux médias où étaient les pénuries, c’était vraiment difficile de rentrer en contact avec les gens qui manquaient de matériel.

Q  Quels sont actuellement les besoins? 

R  On ne veut pas être vus juste comme des vendeurs de masques. On est un partenaire en approvisionnement qui reste à l’affût des besoins des entreprises. Quand il y a une pénurie, on est interpellé à agir. On parle maintenant un peu moins des masques conventionnels, mais il manque de gants. Et on aide les réseaux de santé là-dedans. Il y a aussi des pénuries au niveau de masques plus spécialisés comme les 3M et les Moldex qui offrent la plus haute qualité de protection. On approvisionne présentement les hôpitaux à travers le Canada. Et c’est un produit qui est très difficile à obtenir.

Il y a aussi des besoins assez criants au niveau des matériaux de construction.

Jérémie Gagnon est le président de JWG qui se spécialise dans l’approvisionnement pour les entreprises. JWG comptait quatre employés au moment où la crise s’est amorcée. Elle en a maintenant 25.

Q  Vous avez aussi profité de la crise pour être proactifs? 

R  On savait que les entreprises d’importations n’étaient pas celles qui figuraient le mieux au classement des entreprises carboneutre. Alors, nous nous sommes penchés sur la manière dont on pouvait redonner et se distinguer. On a fait la campagne «valorise ton masque» en offrant des boîtes pour aider à la récupération des masques qui seront recyclés. Nous avons aussi lancé des masques roses pour soutenir la Fondation du cancer du sein. Pour chaque vente de boîte de masques, nous remettons 1 $ à la Fondation. Et nous travaillons sur d’autres projets.

Nous faisons aussi des démarches pour devenir une entreprise carbone neutre. C’est quelque chose qui tient à cœur tout le monde chez nous, car ça reflète nos valeurs.

Q  Vos prochains projets? 

R  On regarde pour faire de l’importation de produits d’emballage qui seront davantage écoresponsables et recyclables. C’est beaucoup de démarches. On a un département à l’interne qui travaille présentement sur le dossier. On est aussi à l’affût de tous les produits plus écoresponsables.

Le domaine de l’importation, c’est un vieux modèle. Ce sont les mêmes têtes grises qui font la même chose depuis toujours et qui sont dans leur zone de confort. Nous, on n’a pas de problème à déranger et à faire différemment autant technologiquement parlant qu’en étant capable de faire la part des choses et de trouver des façons de mélanger ce modèle-là avec les besoins de la société autres que des produits.

Q  Comment voyez-vous l’avenir? 

R  Nous sommes aujourd’hui trois partenaires dans l’entreprise. Olivier Nadeau, qui est arrivé au début de la COVID, et Louis-Philippe Gingras qui est là depuis longtemps. Nous avons aussi une belle équipe interne de 25 employés et de nombreux partenaires à l’externe.

On sait que les besoins dans le domaine médical seront moins présents. Celui demeurera cependant dans une de nos trois principales propositions d’affaires. Et à travers ça, on va continuer à faire de l’industriel. On offrira aussi ce que l’on appelle des projets sur mesure, une proposition qui englobe les différentes demandes qui sont un peu plus personnalisées.

On a aussi fait appel à un professeur de l’Université Laval pour la réalisation d’une étude de marché sectoriel qui nous a donné de meilleurs chiffres sur la manière dont nous allions nous positionner.

Comment voit-on le futur? C’est certain que l’on va continuer à écouter notre guts. Mais on va aussi travailler parallèlement avec notre étude de marché tout surveillant les opportunités. Et à travers ça, on va continuer à redonner à la communauté. On est en contact avec des fondations afin de pouvoir faire de belles choses comme offrir des terrains de basket pour les jeunes.