Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Sylvain Roy (à l’avant-plan), cofondateur et président de Go RH, peut compter sur un groupe d’associés passionnés, dont Martin Dubé, cofondateur, de l’entreprise, Marianne Roberge et Dominique Archambault. En 2020, l’entreprise de Québec est passée de 23 à 93 employés.
Sylvain Roy (à l’avant-plan), cofondateur et président de Go RH, peut compter sur un groupe d’associés passionnés, dont Martin Dubé, cofondateur, de l’entreprise, Marianne Roberge et Dominique Archambault. En 2020, l’entreprise de Québec est passée de 23 à 93 employés.

[GÉRER LA CRISE] Go RH: relever le défi des ressources humaines à distance

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
Article réservé aux abonnés
La pandémie de coronavirus a tout changé pour les entrepreneurs d’ici qui en ont souffert, mais qui ont aussi rebondi dans la tempête, faisant parfois jaillir de nouvelles façons de faire. À l’heure du déconfinement, nous poursuivons les rencontres de cette série «Gérer la crise».
  • Entreprise: Go RH 
  • Type d’entreprise: firme de consultation en ressources humaines 
  • Contact: Sylvain Roy, cofondateur, président et consultant en ressources humaines

Q  Votre situation avant la crise? 

R  J’ai fondé Go RH au mois d’août 2017 avec Martin Dubé qui est mon associé. Nous nous étions rencontrés en 2006. Martin était un de mes professeurs alors que je faisais mes études de premier cycle en administration des affaires à l’école de gestion de l’Université de Sherbrooke. Par la suite, nous sommes restés en contact. En 2016, Martin a décidé d’investir dans mon entreprise, qui aujourd’hui est spécialisée en recrutement, en gestion stratégique et en impartition RH. Nous aidons les entreprises dans leurs besoins en recrutement, en chasse de tête, en coaching et en gestion stratégique. En mars 2020, nous avions 23 employés.

Q  Comment avez-vous réagi quand la crise s’est amorcée? 

Ce fut une période très difficile émotivement dès le premier confinement. On avait le vent dans les voiles, mais rapidement, les affaires ont chuté. On devait faire du recrutement pour combler une centaine de postes dans diverses entreprises et en moins de trois jours, ce nombre est tombé en bas de cinq. Annoncer à tous nos employés qu’ils étaient temporairement mis à pied, ç’a été très dur pour moi. Nous, on travaille en ressources humaines et on veut procurer de bons emplois et du plaisir aux gens.

Rapidement, on a décidé d’attaquer la situation. Notre premier réflexe a été de penser à nos employés. On s’est dit que si nous ne voulions pas les perdre, il fallait leur donner des garanties qu’ils ne seraient pas dans la misère et que la pandémie ne viendrait pas les affecter financièrement. Et on a mis en place un programme de prêt d’urgence avec nos liquidités à l’interne pour supporter financièrement nos employés.

On a aussi créé une clinique RH spéciale avec tout notre réseau de partenaires pour pouvoir annoncer des programmes de formation et de développement pour les employés. On savait que l’on pourrait être des piliers à ce niveau-là pour aider nos clients. Et on a été chanceux. Le gouvernement fédéral a mis en place le programme PACME (Programme d’action concertée pour le maintien de l’emploi) pour aider les entreprises à faire de la formation. Ç’a été le début de notre forte croissance.

Quand les entreprises ont rouvert, elles étaient toutes aux prises avec des enjeux différents. Certaines n’avaient plus de main-d’œuvre et d’autres devaient rassurer leurs employés qui étaient nerveux parce qu’ils ne savaient pas s’ils allaient garder leur emploi ou dans quel état ils le garderaient, ou elles ne savaient pas comment rouvrir en respectant les règles sanitaires afin que leurs employés soient bien protégés, etc. On a été mis à contribution par plusieurs entreprises. Et les actions marketing que l’on avait faites pendant la période morte se sont mises à payer drôlement ce qui nous a aidés à croître.

Q  Quel a été le plus gros défi? 

R  Nous sommes aujourd’hui 93 dans l’équipe. On a quadruplé le nombre d’employés pendant le temps de la pandémie. On a ouvert des succursales à Drummondville et au Saguenay. Et à cause des restrictions, je ne connais que 23 employés. Il y en a près de 70 que je n’ai jamais vus. Gérer des ressources humaines à distance, ça a été un défi parce qu’il fallait réussir à rendre ces gens-là heureux et s’assurer que les quarts de travail étaient bien structurés, que les gens étaient motivés à travailler chez nous même s’ils ne nous connaissaient pas et même si tout se faisait à distance. On avait de bonnes personnes à l’interne aux ressources humaines et j’avais de bons associés. C’est ensemble que l’on a pu réussir à accueillir ces gens-là d’une façon gagnante pour qu’ils puissent avoir une belle carrière chez nous.

Q  L’expansion que vous avez eue pendant la pandémie était-elle prévue avant le début de la crise? 

R  Je dirais que l’on aime s’équiper comme nous équipons nos clients. Depuis 2017, on doublait nos effectifs chaque année. On s’était fait une planification stratégique et on espérait continuer à croître en 2020. Finalement, les choses ont été beaucoup plus vite que l’on pensait. Notre équipe marketing fait un travail extraordinaire et nous avons une réputation provinciale. On a un beau modèle d’affaires et on est très différents des autres firmes RH. Je pense que les gens qui ont profité de nos services se sont passé le mot et ça a été extrêmement bénéfique pour notre entreprise.

Q  Votre plus grande fierté? 

R  Je pense que c’est de l’équipe. La mobilisation de tout le monde et de voir comment les gens s’épanouissent dans notre organisation. On constate qu’ils adorent leurs mandats, leurs clients et les défis que l’on peut leur offrir. On sent que tout le monde peut se dépasser et le faire dans un contexte où il n’y a pas de roulement de personnel. Ma fierté c’est de voir les gens avoir du plaisir au travail alors qu’en début de pandémie, il y avait beaucoup d’insécurité, quelque chose que l’on ne pensait jamais vivre. En 2020, on a d’ailleurs été sélectionné pour les meilleures pratiques RH à la chambre de commerce du Québec. Je pense que cette nomination prouve que nous avons réussi à instaurer les bonnes pratiques que l’on voulait avoir chez nous et à mettre en place les bases solides sur lesquelles on voulait bâtir notre organisation, une entreprise en santé, florissante et intéressante pour les gens.

Q  Qu’est ce que la crise vous a appris? 

R  Que l’on est plus fort en équipe. Dès le début de la crise, nous avons maintenu cette position-là de concept d’équipe, de collaboration, d’échanges et de créativité ce qui nous a permis de trouver des solutions pour nous et pour nos clients. Nous avons aussi appris à l’interne qu’il fallait donner des responsabilités aux gens. Avec la croissance, on voit que de plus en plus de personnes prennent du leadership. La crise nous a aussi appris comment l’humain est d’une résilience incroyable et que lorsque l’on croit à ce que l’on fait, même si on n’a pas vu la majorité des employés en personne, que c’est possible de réunir les gens autour d’un projet hyper mobilisateur. Pour emprunter une image du premier ministre Legault, avoir participé à la construction de l’avion pendant qu’il volait et de voir l’impact que tout ça a eu auprès de nos clients, c’est une belle démonstration du travail d’équipe.

Q  On s’attend maintenant à beaucoup de Go RH. Sentez-vous de la pression? 

R  Oui, mais c’est ça que l’on veut. On veut mettre la barre haute. On veut être les meilleurs et c’est ce que nous voulons montrer à nos clients et à nos employés. On veut envoyer le message que nous sommes une entreprise sérieuse et que nous voulons pendre de la place.

Q  Comment voyez-vous l’avenir? 

R  Je travaille avec des gens engagés, passionnés et brillants. On est encore petit à Montréal et on commence à penser peut-être à aller en dehors du Québec. On a également hâte que les frontières puissent rouvrir parce que nous allons nous lancer dans la course à l’immigration ce qui va permettre aux entreprises de croître. Présentement dans le marché à Québec et au Québec, il y a beaucoup de cannibalisation entre entreprises par rapport à la main-d’œuvre. On veut être à l’avant-garde pour aller chercher des travailleurs au niveau international pour aider les entreprises d’ici à éviter de cannibaliser les ressources et leur permettre d’être compétitives avec les entreprises à l’extérieur du Québec.