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Renée-Claude Auclair, présidente du festival de la magie de Québec et coorganisatrice du Championnat mondial de magie FISM Québec 2022, et son conjoint Pierre Hamon ont profité du report des Olympiques de la magie en 2022 et de celui du championnat nord-américain en 2021 pour faire une révision stratégique et réfléchir sur ce qu’ils avaient à offrir en terme de magie.
Renée-Claude Auclair, présidente du festival de la magie de Québec et coorganisatrice du Championnat mondial de magie FISM Québec 2022, et son conjoint Pierre Hamon ont profité du report des Olympiques de la magie en 2022 et de celui du championnat nord-américain en 2021 pour faire une révision stratégique et réfléchir sur ce qu’ils avaient à offrir en terme de magie.

[GÉRER LA CRISE] Festival de magie de Québec: sortir plus d’un lapin de son chapeau

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
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La pandémie de coronavirus a tout changé pour les entrepreneurs d’ici qui en ont souffert mais qui ont aussi rebondi dans la tempête, faisant parfois jaillir de nouvelles façons de faire. À l’heure de la seconde vague, nous poursuivons les rencontres de cette série «Gérer la crise».
  • Entreprise: Festival de magie de Québec 
  • Type d’entreprise: festival annuel 
  • Contact: Renée-Claude Auclair, présidente du Festival de magie de Québec et coorganisatrice du Championnat mondial de magie FISM Québec 2022

Q  Quelle était votre situation avant la crise? 

R  Le Festival de magie avait connu en 2019 son édition la plus spectaculaire et sa meilleure et il était sur son erre d’aller en vue de la présentation des Olympiques de la magie (Championnats du monde) en 2021. Les membres des équipes artistiques, de production et techniques avaient d’ailleurs commencé à être engagées à compter de 2018. Mon conjoint Pierre Hamon (directeur artistique) et moi même avions l’objectif de bien nous entourer afin de pouvoir livrer un championnat du monde de calibre mondial, à la hauteur des nombreuses attentes. Nous étions vraiment en accéléré et on sentait que le momentum arrivait. Nous devions accueillir pour la première fois en mai 2020, le Championnat nord-américain de magie, qui sert de qualification nord-américaine pour les Olympiques de la magie, une première au Canada. Pour nous, c’était une nouvelle étape dans notre croissance et notre évolution. Mais environ six semaines avant la présentation de cet événement, la pandémie est arrivée et il a fallu reporter d’une année tout ce qui était au programme.

Q  Comment avez-vous réagi quand la crise s’est amorcée? 

R  Sur le coup, on a été déçus. Et on se demandait comment les gens allaient accepter la décision de reporter les championnats du monde. Mais il n’y a presque pas eu d’annulations. L’événement est tellement fort dans l’esprit des gens, c’est tellement quelque chose qu’ils veulent vivre que la grande majorité des personnes qui s’étaient inscrites pour la compétition de 2021 le sont demeurées pour celle de juillet 2022. Et nous avons même continué à faire des ventes. Cela nous a rassurés. Nous savions que notre événement n’était pas en péril. Au contraire, il était attendu et les gens de partout à travers le monde avaient bien hâte de venir à Québec.

Nous avons aussi été obligés de déplacer le Championnat nord-américain. Il devrait maintenant avoir lieu à la fin septembre-début octobre si évidemment, la situation le permet. Mais avec le vaccin et tout ça, on espère que ça va être possible.

Q  Avez-vous craint de perdre la présentation du Championnat du monde? 

R  On s’est demandé comment les gens allaient réagir et qu’est ce qu’il faudrait faire pour ne pas se faire oublier. L’avantage avec une compétition pour le Championnat du monde de la magie, c’est que l’on a un contrat. C’est aussi à Québec que sera choisie la prochaine destination de l’événement. C’était donc rassurant de savoir que pour qu’il y ait d’autres championnats après nous, il fallait que le nôtre ait lieu. On avait aussi l’appui de la Fédération internationale. Et sentait que les gens comprenaient notre décision et qu’ils avaient confiance en nous. Quand on a annoncé que les championnats avaient été reportés, nous n’avons reçu que des commentaires positifs. Les gens nous remerciaient d’avoir pris rapidement notre décision.

Q  À quoi vous ont servi les derniers mois? 

R  On a passé toute l’année 2020 à faire une révision stratégique et à réfléchir sur ce que l’on avait à offrir. Et nous avons eu un genre de révélation. On s’est rendu compte qu’il y avait beaucoup de magie qui pouvait être présentée de manière virtuelle et que nous avions en main tout ce qui était nécessaire pour le faire. Que ce soit des spectacles, un camp de magie (il aura lieu pendant la relâche en mars), un volet pour les écoles primaires (prévu en mai et à l’automne), l’école de magie et toutes autres choses que l’on faisait en présentiel mais uniquement pendant le festival.

On a complètement changé notre modèle d’affaires pour arriver à présenter régulièrement des activités au cours de l’année. On a commencé avec le Club de magie du Québec, que nous avons été fondé dans la Vieille capitale. Les gens sont invités à y adhérer même s’ils ne sont pas des magiciens professionnels. Chaque mois, ils peuvent discuter magie via Zoom. Cette activité nous permet de rassembler beaucoup plus de magiciens de tous les groupes d’âge.

Nous avons aussi travaillé pour mettre sur pied un club de magie junior pour les plus jeunes. Il devrait commencer ses opérations à l’automne. Les enfants se rassembleront avec un animateur pendant une heure lors d’un zoom qui aura lieu juste avant la rencontre du club de magie à laquelle ils pourront ensuite se joindre.

Nous avons aussi mis en ligne des activités comme des conférences de calibre mondial et des spectacles de magie (Yoopacadabra et Patrick Reymond). Nous avons même organisé une fête de Noël virtuelle qui a été un très beau succès.

Q  Quelles sont les retombées de vos innovations? 

R  On peut maintenant vendre nos activités à travers la planète. On n’est plus limité à une salle avec un nombre de places précis. Et déjà, des gens ont acheté leurs laissez-passer pour notre congrès qui aura lieu en octobre. Tout ça génère des revenus qui entrent régulièrement, des revenus qui étaient auparavant concentrés dans les semaines précédant la présentation d’un événement.

Tout ça solidifie notre entreprise. Nous en sommes très heureux. Et c’est une grande fierté d’avoir réussi à en arriver là. Notre situation sera plus rassurante pour tout le monde.

Et comme nous sommes assurés d’une certaine pérennité, nous allons pouvoir engager des travailleurs.

Q  Que restera-t-il des projets que vous avez initiés? 

Éventuellement, toutes nos activités reviendront en présentiel. Nous garderons cependant toujours un volet virtuel parce que cette formule nous permet de rejoindre beaucoup plus de gens. Il n’y a plus de limite de présences et ni de frontières et il y a plus de partage.

Q  Comment voyez-vous l’avenir? 

R  Je le vois avec optimisme. Ce que nous avons développé pendant la pandémie pourrait être le premier pas vers quelque chose d’encore plus gros. Nous avons des projets jusqu’en 2025. Et nous avons toujours en tête de faire de Québec la ville magique en Amérique du Nord. Je pense aussi que nous serons encore meilleurs pour présenter les Olympiques de la magie en 2022 parce que nous aurons plus d’expérience et que nous aurons profité d’une année de plus pour nous préparer.

Nous proposons maintenant une offre régulière de magie. Les gens peuvent aller sur notre site Web afin de voir ce que nous offrons. Nous voulons faire reconnaître la magie comme un art. Plus nous parlerons de magie, plus nous aurons des activités, qu’elles soient présentielles ou virtuelles et plus nous produirons de la magie pour faire comprendre qu’elle est professionnelle, plus nous irons chercher cette reconnaissance.

Q  Quel est votre bilan de la pandémie? 

R  C’est certain qu’elle nous a apporté son lot de peine et de frustrations. On aime être devant les gens, les faire sourire et leur faire sentir toute l’énergie de la magie. Mais si on n’avait pas pu arrêter pour réfléchir, on n’aurait pas pu mettre en place tous les projets que nous avons développés pendant la pandémie avant des années. Je pense que la crise nous a fait grandir et avancer. Elle nous a peut-être permis de prendre un 10 ans d’avance dans notre évolution.

Je pense aussi que la pandémie nous a prouvé que nous pouvions nous adapter, que nous étions très bien entourés et supporté et qu’il y avait de nombreuses personnes qui voulaient que l’on réussisse.