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Le Dr Marc André Doré (photo) et son frère Jean-Philippe ont bien malgré eux un peu joué les visionnaires quand, en 2018, ils ont fondé DermaGO.ca, la première clinique de dermatologie virtuelle au Canada. Ils ne se doutaient pas que deux ans plus tard, à cause de la pandémie, la télémédecine deviendrait aussi populaire.
Le Dr Marc André Doré (photo) et son frère Jean-Philippe ont bien malgré eux un peu joué les visionnaires quand, en 2018, ils ont fondé DermaGO.ca, la première clinique de dermatologie virtuelle au Canada. Ils ne se doutaient pas que deux ans plus tard, à cause de la pandémie, la télémédecine deviendrait aussi populaire.

[GÉRER LA CRISE] DermaGO.ca: la démocratisation de la télémédecine

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
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La pandémie de coronavirus a tout changé pour les entrepreneurs d’ici qui en ont souffert, mais qui ont aussi rebondi dans la tempête, faisant parfois jaillir de nouvelles façons de faire. À l’heure de la seconde vague, nous poursuivons les rencontres de cette série «Gérer la crise».
  • Entreprise: DermaGO.ca 
  • Type d’entreprise: clinique de dermatologie virtuelle 
  • Contact: Dr Marc-André Doré, cofondateur

Q  Votre situation avant la crise? 

R  DermaGO.ca est une clinique de dermatologie virtuelle qui a été créée en 2018 et qui s’adresse aux personnes qui souffrent de problèmes mineurs de peau comme l’acné, la rosacée, l’eczéma, le psoriasis, etc. Le service ne s’adresse cependant pas à tous les problèmes de peau. Les évaluations des problèmes liées à des grains de beauté ou des cancers de peau, par exemple, doivent être faites en personne. Ceux qui en souffrent doivent se rendre en clinique où ils rencontreront un dermatologue.

En lançant le service, nous n’avions qu’un seul but, soit d’être à jour dans les technologies. J’ai 34 ans, j’ai grandi avec les technologies et je suis un maniaque de technologies. Mon frère Jean-Philippe, qui est cofondateur de l’entreprise, et ma collège la Dre Émilie Bourgeault le sont aussi. On a tous nos téléphones intelligents et on fait tous appel à des services en ligne. Ça nous semblait donc normal d’offrir un service de médecine virtuelle spécialisée en dermatologie. Nous avons été les premiers au Canada à lancer une clinique de dermatologie virtuelle. C’est un service qui déjà, en 2018, avait une croissance constante mois après mois. Déjà à l’époque, des patients des quatre coins du Canada faisaient appel à nos services.

Q  Comment avez-vous réagi lorsque s’est amorcée la crise? 

R  Avant la pandémie, notre défi était de convaincre les gens que de consulter de façon virtuelle pour un problème dermatologique mineur. C’était aussi bon que de le faire en personne, dans un bureau devant un dermatologue. Mais avec la pandémie, les bureaux qui fermaient et les médecins qui voyaient moins de patients, beaucoup de barrières sont tombées et les consultations virtuelles sont un peu devenues quelque chose de normal. Et le nombre de consultations a explosé. Il a augmenté de 700 % par rapport à ce qu’il était à pareille date, il y a un an sans que nous ayons besoin de faire beaucoup de marketing. Les gens nous ont connus grâce au bouche-à-oreille et aussi grâce à des médecins, des spécialistes et des pharmaciens nous ont recommandés à des patients.

Nous avons constaté l’arrivée de nouveaux clients, mais nous nous sommes aussi aperçus que les gens qui avaient déjà utilisé notre service de consultation en ligne nous avaient de nouveau contactés pour d’autres problèmes mineurs de peau. Pourquoi essayer de prendre rendez-vous avec un dermatologue ou un médecin quand tu sais que tu peux obtenir une consultation en ligne? Tu ne seras pas obligé de t’absenter de ton travail, tu pourras remplir ton questionnaire de la maison, tu recevras ton diagnostic dans ton dossier virtuel et si tu as besoin d’une prescription, elle sera envoyée directement à ton pharmacien.

Q  Y a-t-il eu d’autres conséquences liées à la pandémie? 

R  Nous avons reçu de nombreuses demandes de la part de dermatologues de partout à travers le Canada qui souhaitaient rejoindre DermaGO.ca, des médecins qui avaient dû fermer leur clinique. Au début de DermaGO,ca, nous étions trois ou quatre dermatologues pour traiter les patients de tout le territoire canadien. Nous sommes maintenant entre 10 et 12.

Nous avons aussi reçu des demandes d’informations de médecins spécialistes pratiquant dans différents domaines qui étaient aussi affectés par les conséquences de la pandémie. Ils nous voulaient savoir comment bâtir une clinique virtuelle et avoir une présence virtuelle pour traiter les patients. C’est à la suite de ces demandes que nous avons incorporé une entreprise qui s’appelle Oro Santé inc. (Oro Health inc.) et qui développe une plateforme de technologies pour offrir des cliniques complètement virtuelles à plusieurs spécialités et à plusieurs professionnels de la santé. Et c’est aussi là dessus que l’on met nos efforts actuellement.

Q  Quelle sera la prochaine étape? 

R  Malgré le succès de DermaGO.ca, nous sommes conscients qu’il nous reste encore énormément de travail à faire afin de démocratiser notre service. Et ce n’est pas juste une question d’entrepreneur qui veut que son entreprise fonctionne. Ce que l’on veut c’est vraiment montrer aux gens comment la consultation en dermatologie en ligne pour des problèmes de peau mineurs est aussi efficace que la consultation en personne quant au diagnostic posé que du traitement proposé. De nombreuses études le démontrent d’ailleurs. Même en dehors de la pandémie, DermaGO.ca est un service qui gagne à être connu et à être utilisé.

Q  Comment voyez-vous l’après-pandémie? 

R  La télémédecine ne remplacera jamais la rencontre personnelle avec le médecin parce que pour plusieurs conditions, le médecin doit examiner le patient. Mais pour des services comme ceux que l’on offre en dermatologie avec DermaGO.ca, je crois que les gens ne reviendront pas complètement à 100 % leurs anciennes habitudes prépandémie. Dans plusieurs domaines, les gens ont pris l’habitude de faire les choses à distance. Et ils continueront à le faire. Et ça sera le cas pour la télémédecine. Je suis donc confiant que DermaGO.ca poursuive sa croissance même quand la pandémie sera chose du passé.

Q  Quels sont vos prochains projets? 

R  Dans nos rêves les plus fous, on aimerait qu’Oro Santé devienne le Shopify des cliniques médicales virtuelles. Notre but est d’offrir aux cliniques médicales et aux différents professionnels de la santé et autres tout le support et l’environnement technologique nécessaire pour les aider à créer facilement et selon les plus hautes normes de sécurité leur clinique virtuelle afin de rejoindre leur clientèle et leurs patients avec celle-ci.