Dave Welsh, président de Défi évasion
Dave Welsh, président de Défi évasion

[GÉRER LA CRISE] Défi évasion: s’évader à la maison

[GÉRER LA CRISE] La pandémie de coronavirus change tout pour les entrepreneurs d’ici qui en souffrent, mais qui rebondissent aussi devant la tempête, se serrent les coudes avec leurs employés et, parfois, font jaillir de nouvelles façons de faire. Nous allons à leur rencontre dans cette série «Gérer la crise».
  • Entreprise : Défi évasion
  • Type d’entreprise : expert en création de jeux d’énigmes 
  • Contact : Dave Welsh, président

Q  La situation avant la crise 

R  Nous avions une soixantaine d’employés. Notre plan d’affaires avait deux volets. Les gens pouvaient vivre l’expérience du Défi évasion dans nos succursales de Lévis et de Québec, mais nous avions également un volet corporatif où nous proposions des défis mobiles qu’il était possible de réserver pour des événements spéciaux comme des congrès. Puis, il y a eu la crise et la fermeture obligatoire des lieux de rassemblement. Notre modèle d’affaires ne fonctionnait plus. Il a fallu le revoir de A à Z.

Q  Les conséquences de la crise 

R  Malheureusement, on a dû procéder à la mise à pied temporaire de plusieurs de nos employés à Québec à Lévis et au niveau de la section administrative. On est une soixantaine d’employés chez Défi évasion. On a dû diminuer énormément les effectifs pour réduire le plus possible nos frais d’exploitation.

Q  Comment avez-vous réagi 

R  On s’est demandé ce que l’on pourrait faire pour répondre à la soif d’évasion de nos clients. On avait en tête une idée de jeu en ligne depuis un petit bout temps, mais on n’avait rien de très concert. On s’est viré de bord, nous avons créé. Quand on se retrouve en situation d’urgence, on est capable de grandes choses. Nous avons fait des jeux dans des délais pratiquement impossibles. Notre équipe de six personnes a travaillé jour et nuit pour être capable de livrer un produit final qui est excellent. Et la réponse a été très bonne, au point où on a eu un pépin informatique la semaine dernière avec notre plate-forme qui n’était plus capable de supporter le trafic et le volume sur notre site Web. Nous avons dû rectifier le tir avant le lancement de notre second jeu.


« On s’est demandé ce que l’on pourrait faire pour répondre à la soif d’évasion de nos clients. On avait en tête une idée de jeu en ligne depuis un petit bout temps, mais on n’avait rien de très concert. On s’est viré de bord, nous avons créé »
Dave Welsh, président de Défi évasion

Q  Le produit 

R  Défi évasion chez soi, ce sont des jeux qui se jouent à la maison ou à distance avec la famille, des amis ou des collègues de bureau. Ce sont des jeux 100 % en ligne. Les gens doivent décoder des énigmes au niveau de l’audio de vidéos, de l’analyse de certaines images, etc. Les gens n’ont pas de temps limite. Ils peuvent passer à travers les différentes énigmes à leur rythme. On veut que les gens aient du plaisir en cette période de confinement négatif si on veut. Notre premier jeu s’intitulait Bloody Mary et le second, qui a été mis en ligne en fin de semaine passée, Nuit des monstres. Pour nous, le volet Défi évasion chez soi reste dans le même domaine du divertissement, mais c’est un tout autre produit, c’est une autre dimension.

Q  Des surprises 

R  La réponse que nous avons eue — Bloody Mary a franchi le plateau des 4000 ventes — est impensable. Au début, notre volonté était tout de répondre à notre clientèle et de rester actifs en tant qu’entreprise et de pionniers dans notre domaine. Maintenant, on se rend que ce produit amène des dimensions complètement flyées qu’on n’avait pas la possibilité d’exploiter. Le volet Défi évasion chez soi reste dans le domaine du divertissement, mais c’est un tout autre produit. On n’est pas du tout dans ce que nous avions l’habitude de faire.

Q  Des retombées inattendues

R  Nous avons eu des demandes pour des versions anglaises de nos jeux. On travaille donc à leur adaptation ce qui nous permettra de franchir frontières afin d’offrir nos jeux au Canada anglais et aux États-Unis. C’est très valorisant pour notre équipe. Pour un grand rêveur comme moi, la possibilité d’accéder au marché mondial grâce au Web est quelque chose de très excitant. Évidemment, il faut faire chaque chose en son temps et ne pas brûler les étapes.

On avait aussi la perspective d’ouvrir d’autres succursales ailleurs dans la province. Le succès de nos jeux et la visibilité qu’ils donnent à notre image de marque nous permet de mettre le pied dans la porte pour être en mesure de développer d’autres marchés qui ne nous connaissaient pas.

Q  Après la crise 

R  Le volet Défi évasion chez soi sera permanent à notre offre de produits et services actuels. Il rejoindra une autre clientèle, celle qui ne peut pas se déplacer ou qui préfère jouer dans le confort de son foyer. On est en début de processus, mais on veut avoir un rythme de croisière lors des prochaines semaines d’un jeu aux deux semaines, tout dépendant comment les choses vont et de la complexité des jeux. Le niveau de notre deuxième est nettement supérieur au premier. Nous travaillons présentement sur notre troisième jeu et au total, nous avons cinq jeux dans le «pipeline».