Nicolas Lavigne, propriétaire de l'entreprise Côte-à-Côte Resto Grill se réjouit de pouvoir garantir à sa clientèle une offre diversifiée, qui lui a permis de mieux passer au travers la crise. 
Nicolas Lavigne, propriétaire de l'entreprise Côte-à-Côte Resto Grill se réjouit de pouvoir garantir à sa clientèle une offre diversifiée, qui lui a permis de mieux passer au travers la crise. 

[GÉRER LA CRISE] Côtes-à-Côtes Resto Grill: heureuse diversification 

La pandémie de coronavirus a tout changé pour les entrepreneurs d’ici qui en ont souffert mais qui ont aussi rebondi dans la tempête, faisant parfois jaillir de nouvelles façons de faire. À l’heure du déconfinement, nous poursuivons les rencontres de cette série «Gérer la crise».
  • Entreprise: Côte-à-Côte Resto Grill
  • Type d’entreprise: restaurant
  • Contact: Nicolas Lavigne propriétaire

Q Votre situation avant la crise?

R J’ai acheté le Côtes-à-Côtes Resto Grill en 2010 et depuis 2015, je suis l’unique propriétaire. Parallèlement, j’exploite depuis quelques années trois camions de rue (Le Zèbre mobile). Nous sommes spécialisés dans les côtes-levées. Nous accueillons autour de 125 000 clients par année.

Q Comment avez-vous vécu la crise?

R Nous avons fermé le resto le 13 mars, soit dès le début de la crise. Très rapidement, nous avons pris soin de nos employés parce qu’il y avait plein de gens parmi ceux-ci qui n’étaient pas habitués à gérer la paperasse gouvernementale nécessaire à l’obtention de l’assurance-emploi. Nous les avons entourés. 

Tout de suite après, nous nous sommes lancés dans la conception d’aliments surgelés. Nous avons travaillé du matin au soir à faire des tests pour trouver la bonne formule. En dedans de 10 jours nous avons sorti une première version de nos produits. Il y a eu deux phases d’apprentissage avant que nous arrivions à un produit final. Et nous avons eu un super beau succès. Nous n’avons cependant pas pu mettre toutes les énergies que nous voulions sur ce projet parce que nous avons été rattrapés par notre succès au niveau de nos food trucks. Puis il y a eu la réouverture du resto. Nous n’avons donc jamais arrêté.

Q Quels ont été les impacts de la crise sur vos camions de rue?

R Comme ce fut le cas chez tous les traiteurs, l’ensemble des contrats que nous avions signés ont tous été annulés. Très vite on s’est cassé la tête pour voir comment on pourrait faire un évènement food truck où les gens qui y participeraient se sentiraient sécurisés.

Au début du mois d’avril, j’ai fait une demande de permis de cuisine de rue à la Ville. Après avoir participé aux deux premières années du projet pilote à Québec, j’avais décidé de laisser tomber mon permis en 2019 parce que mon service de traiteur privé fonctionnait bien et que ça me faisait bien tripper de me rendre dans les cours de gens. Mais compte tenu des circonstances cette année, j’ai vu ça d’un autre œil. Et on s’est dit que les gens voudraient aller dans les parcs cet été.

Nous avons cependant appris que les food trucks étaient considérés comme des casse-croûtes et donc qu’ils étaient un service essentiel. Ça nous a permis d’organiser en pleine crise un premier évènement pour l’entreprise de soins oculaires Eye Am. Nous avons ensuite publié des photos de cet évènement sur les réseaux sociaux sur lesquelles on montrait comment notre service était sécuritaire et qu’il respectait les règles de la distanciation sociale. Et ç’a fait boule de neige. Une semaine plus tard, nous avons reçu un appel d’Olymel qui désirait organiser une activité pour gâter ses 850 travailleurs. Ça m’a permis de rappeler tous mes employés.

Q Comment voyez-vous les prochains mois?

R Au niveau du resto, le défi sera de retrouver la confiance des gens. Présentement, à cause des règles de distanciation, nous sommes limités au niveau de la capacité d’accueil de notre salle à manger. On profite d’un set up merveilleux. Il n’y a pas de risque pour personne. Il y a de la place partout. On a le temps de s’occuper de notre monde. Mais il faut que les gens s’habituent et qu’ils viennent voir qu’ils peuvent y être en sécurité. On espère arriver, d’ici juillet-août, à obtenir 50 % du chiffre d’affaires que nous avions à pareille date l’année dernière et à être à 80 % en septembre. Le temps nous dira si nous y arriverons. 

Du côté des food trucks, les chose fonctionnent super bien. À cause de la crise, les habitudes ont un peu changé. Et l’allègement de la réglementation au niveau de l’alcool fait que les gens ont le goût de fréquenter les parcs. Ils y sont plus que par les années passées. Et notre présence est vraiment appréciée. J’ai un food truck qui est à la Baie de Beauport et qui y sera tout l’été et les deux autres seront dans les autres parcs de Québec. Parallèlement, de plus en plus d’entreprises se sentent à l’aise de faire affaire avec nous pour gâter leurs employés. Nos trois camions de rue sont occupés tout le temps. Nous sommes vraiment chanceux d’être diversifiés dans notre offre.

Q Qu’arrive-t-il avec vos produits surgelés?

R D’ici deux semaines nous devrions mettre en ligne un nouveau site Web ZèbreXpress sur lequel les gens trouveront la version finale de notre produit. Il s’agit des produits que nous vendons en resto et qui sont congelés sous vide. Ils sont disponibles en cueillette à notre usine de production à Charlesbourg et nous livrons partout à Québec. La livraison est gratuite pour les commandes de 49 $ et plus. Le vendredi on va à Lévis et un petit peu autour de Québec. 

Nous avons une vision à grande échelle. Notre aimerions dès l’automne être capables de développer une distribution vers l’ensemble du Québec, l’Ontario et les provinces maritimes. Nous comptons aussi travailler pour obtenir auprès du MAPAC notre permis C-1 qui nous permettra de vendre inter-sociétés et d’offrir nos produits en dépanneurs et en épiceries.