Christian Duval, Chantale Leroux et Daniel Guay, les trois associés chez Certi-Pro, ont lancé officiellement les travaux de construction du nouvel édifice de 1,2 M$ de l'entreprise il y a quelques jours.
Christian Duval, Chantale Leroux et Daniel Guay, les trois associés chez Certi-Pro, ont lancé officiellement les travaux de construction du nouvel édifice de 1,2 M$ de l'entreprise il y a quelques jours.

[GÉRER LA CRISE] Certi-Pro: voir plus grand malgré la crise 

La pandémie de coronavirus change tout pour les entrepreneurs d’ici qui en souffrent, mais qui rebondissent aussi devant la tempête, se serrent les coudes avec leurs employés et, parfois, font jaillir de nouvelles façons de faire. Nous allons à leur rencontre dans cette série «Gérer la crise».
  • Entreprise: Certi-Pro
  • Type: garage de mécanique automobile
  • Contact: Christian Duval, propriétaire

Q Votre situation avant le début de la crise?

Certi-Pro est une entreprise qui a été fondée en 1972. Nous sommes présentement très petits puisque nous avons un garage qui a deux portes. Nous avons quatre employés à temps plein et lors des périodes saisonnières, nous engageons quelques personnes de plus. Nous faisons affaire avec les particuliers. Mais dans le domaine des garages de mécanique automobile, il est très recommandé d’avoir une certaine polyvalence et de faire du commercial. Mais nous ne pouvons pas beaucoup desservir ce domaine actuellement parce que nous n’avons pas la structure pour le faire. 

Nous avions donc commencé à travailler, il y a deux ans et demi, sur un projet de construction d’un nouvel édifice de 6000 pieds carrés qui devait être lancé au printemps et qui représentait des investissements de 1,2 million $. Cet édifice nous permettra d’ajouter des services que nous devons donner en sous-traitance comme des services de pare-brise, d’esthétisme, etc. Nous pourrons également accroître notre clientèle dans le domaine commercial. Notre objectif, lorsque nous nous installerons dans notre nouvel édifice, est d’avoir une équipe de sept personnes à temps plein et deux à temps partiel.

Q Comment avez-vous réagi quand la pandémie s’est amorcée?

R Quand le confinement est arrivé, on s’est posé de sérieuses questions. Mais nous avons été rassurés quand nous avons appris que nous faisions partie des services essentiels. Nous avons passé le message que nous étions ouverts pour les cas d’exception et quelque part, nous avons profité de la crise comme d’un levier pour aller chercher plein de nouveaux clients qui étaient mal pris. Et nous avons pu préserver tous nos emplois pendant la période de confinement.

Nous sommes aussi demeurés présents auprès de nos clients via notre site Internet où depuis quelques années, nous mettons en ligne des capsules vidéos, La capsule à Chris, traitant de différents sujets en lien avec l’automobile.

Q Avez-vous craint que la pandémie vienne changer vos plans?

R C’était une de nos inquiétudes, même si nous avions utilisé une stratégie qui nous permettrait de bien nous en sortir, mais aussi de ne rien changer à nos projets, il fallait convaincre la Banque de développement du Canada, qui finance le projet, que l’on valait la peine et que COVID, pas COVID, on était aussi compétitif. Pour la BDC, c’était une situation parfaite pour revoir ses calculs. Mais on a mis sur la table un dossier intéressant. Et les gens de la banque sont restés ouverts et compréhensifs. On a discuté souvent et jamais ils ne nous ont dit de mettre notre projet sur la glace. On n’a pas été obligé de changer nos plans même si on a dû le retarder de quelques semaines. On l’a fait avancer comme prévu. Et les travaux ont pu être officiellement lancés il y a quelques jours.

Q Qu’est ce que la crise vous a appris?

R La crise m’a réconforté sur une chose. Mon domaine n’est pas juste essentiel sur papier. Il l’est pour vrai. Et peu importe ce qui arrive, je suis assuré de pouvoir travailler. Et même si ça fait longtemps que je suis dans le domaine de la mécanique automobile, la crise m’a un peu aidé à comprendre encore davantage mon domaine. En discutant avec mes clients, j’ai pu voir leur réaction face à la crise, comment ils composaient avec celle-ci, les attentes qu’elle engendrait chez eux par rapport aux services que j’offrais, ce qu’ils aimaient et ce qu’ils n’aiment pas et leur stratégie concernant leur véhicule. Vont-ils garder leur auto plus longtemps ou vont-ils la changer?

Je peux me tromper, mais j’ai l’impression que la crise incitera les gens à garder leur véhicule plus longtemps, ce qui fera vieillir le parc automobile. Si c’est le cas, ça va nous aider, nous qui sommes dans le domaine de la mécanique automobile. Si mon pari est bon, je vais faire partie des gagnants. Et je profiterai pleinement de mes nouvelles installations plus grandes et plus polyvalentes.