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François Borderon, propriétaire de Borderon et Fils
François Borderon, propriétaire de Borderon et Fils

[GÉRER LA CRISE] Boulangerie Borderon et Fils: «on est restés nous-mêmes»

Judith Desmeules
Judith Desmeules
Le Soleil
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La pandémie de coronavirus a tout changé pour les entrepreneurs d’ici qui en ont souffert, mais qui ont aussi rebondi dans la tempête, faisant parfois jaillir de nouvelles façons de faire. À l’heure de la seconde vague, nous poursuivons les rencontres de cette série «Gérer la crise».
  • Entreprise: Boulangerie Borderon et Fils 
  • Type d’entreprise: boutique, boulangerie 
  • Contact: François Borderon, propriétaire 

Q   Depuis la pandémie, comment vont les affaires?

  Notre situation était bonne, tout allait bien. J’oserais dire qu’en ce moment, c’est encore le cas, ça va bien, mais c’est différent, on n’opère pas de la même façon. La logistique se doit d’être différente, mais dans le contexte, on s’en tire presque mieux par moment.

Q   On peut dire que vous avez évité la passe difficile?

  Les principales embûches qu’on a rencontrées ont été en rapport avec la livraison quotidienne pour les restos et les hôtels, il devenait impossible pour nous de livrer sept jours sur sept avec le peu de volume qu’on avait. Il y a eu de l’adaptation, mais on ne s’en tire pas mal pour autant. On a fait ce qui était nécessaire. 

Nos boutiques fonctionnaient déjà bien, là elles vont mieux. On a fermé une seule boutique, celle du parc industriel, parce que plus personne ne travaillait. Par exemple, avant on faisait le pain de table pour Rioux et Pettigrew, maintenant, on produit pour leur épicerie en ligne, ils font des boites et on travaille avec eux sur les produits. Là où on a eu des pertes, on a eu de nouvelles opportunités.

On avait une diversité d’opérations qui nous a sauvés, et on en est très heureux. Oui, on peut dire que professionnellement, ça n’a pas été trop difficile.

La boutique de Borderon et Fils, dans Saint-Sauveur

Q   Pourquoi croyez-vous que vous avez tiré votre épingle du jeu? 

R   On est restés nous-mêmes, carrément. Les gens sont venus vers nous. On avait déjà cet esprit d’achat local, toute la farine qu’on peut trouver ici, on la prend au Québec. L’achat local s’est intensifié et ça nous a aidé. Quand on se fait poser des questions, on sait quoi répondre. C’est de sentir bien dans sa peau aussi, quand tu achètes chez nous, tu aides un agriculteur, un moulin et un distributeur. Ça va loin. Ça a fait une différence que les gens soient sensibilisés. Nous, on était déjà ce qu’on était. 

Je me compte privilégié de tout ça. On est privilégié, vraiment. Toutes nos offres ne sont pas dans le même panier, on fait du privé, des boutiques, des traiteurs, des hôtels. Quand les restos vont moins bien, les traiteurs vont mieux. C’est une question d’équilibre, et ça aussi, ça nous a aidés.

Q   Qu’est-ce qui a le plus changé dans votre quotidien, finalement?

  On a plus de temps pour bien tout analyser, et réfléchir à ce qu’on pourrait faire. On a le temps de faire des choses qu’on n’avait pas le temps avant, et des fois, ce sont de beaux défis. 

On a le temps pour faire des commandes adaptées par exemple, ce qu’on ne faisait pas avant, parce qu’on était débordés. Oui, on a un manque de volume, mais on en a assez pour faire travailler tout le monde une semaine normale. Moi, je cours moins partout, j’ai plus de temps pour moi. Ce n’est pas juste du négatif.

Borderon et Fils est une boulangerie familiale