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Marie-Ève Hermkens, présidente de Boomrank, a expliqué que, pendant la crise, son entreprise n’avait pas eu le choix que de prendre une approche caméléon. Elle a ajouté que les gens chez Boomrank avaient vu la pandémie comme une occasion d’innover et qu’ils s’en étaient servis comme tremplin pour élargir les horizons de l’entreprise à tous les niveaux.
Marie-Ève Hermkens, présidente de Boomrank, a expliqué que, pendant la crise, son entreprise n’avait pas eu le choix que de prendre une approche caméléon. Elle a ajouté que les gens chez Boomrank avaient vu la pandémie comme une occasion d’innover et qu’ils s’en étaient servis comme tremplin pour élargir les horizons de l’entreprise à tous les niveaux.

[GÉRER LA CRISE] Boomrank: la rencontre entre tous les acteurs du marché du travail

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
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La pandémie de coronavirus a tout changé pour les entrepreneurs d’ici qui en ont souffert, mais qui ont aussi rebondi dans la tempête, faisant parfois jaillir de nouvelles façons de faire. À l’heure de la seconde vague, nous poursuivons les rencontres de cette série «Gérer la crise».
  • Entreprise: Boomrank 
  • Type d’entreprise: plateforme numérique facilitant la rencontre entre l’offre de formation continue et les besoins de développement des compétences des entreprises et des travailleurs 
  • Contact: Marie-Ève Hermkens, présidente

Q  Votre situation avant la crise? 

R  Nous avons quatre ans et demi d’existence. À la base, Boomrank était un Trip Advisor de la formation continue. Nous sommes une plateforme qui centralise l’offre. Nous avons les maisons d’enseignement et les formateurs qui publicisent leurs formations et les entreprises qui en cherchent. On consolide beaucoup l’offre dans 20 domaines, mais on a aussi travaillé pour rendre notre outil intelligent dans le sens qu’il a plusieurs filtres. On peut faire les recherches de manière très pointue et aussi voir la qualité des services grâce aux cotes et commentaires des anciens participants qui peuvent être consultés. Le positionnement des formateurs dans le moteur de recherche est d’ailleurs en fonction la qualité des services au lieu que ça soit parce qu’ils ont payé un budget marketing supplémentaire.

L’image que je donne quand je parle de Boomrank c’est que l’entreprise est un rouage qui permet la rencontre simple et efficace entre tous les acteurs du marché.

Q  Comment avez-vous réagi quand la crise s’est amorcée il y a un an? 

R  Étant donné que nous sommes une entreprise technologique, la pandémie n’a rien chamboulé à notre façon de faire à l’interne. Mais ce fut un peu différent au niveau de notre clientèle. Les formations que l’on retrouve sur notre plateforme ne sont pas toutes en ligne. Il y a aussi des formations se donnent en classe ou en entreprise. Et c’est là que la crise a eu un impact. Ça nous a fait mal de voir que nos formateurs qui allaient en entreprise ont vu tous leurs mandats s’arrêter. Nos clients ayant été beaucoup affectés, nous l’avons aussi été. Et nous avons voulu les aider et être derrière eux.

Q  Comment avez-vous rassuré votre clientèle? 

R  J’ai vraiment pris le temps de booker des rencontres avec nos tous clients. On ne se le cachera pas, il y a des formateurs inscrits chez qui, au moment du renouvellement de leur abonnement, nous ont dit qu’ils voulaient l’abandonner parce qu’ils ne pouvaient plus donner de formations. Et étant donné qu’ils ne savaient pas combien de temps durerait la crise, ils ne voyaient pas comment ils pourraient continuer à publier sur notre plateforme. Nous avons donc appelé les clients un par un afin de leur expliquer les alternatives qu’ils avaient et qu’est ce que nous avions mis en place pour eux. La réaction a été très bonne. À la fin de l’appel, les gens disaient qu’ils étaient heureux qu’on ait pris le temps de leur parler et que ce qu’on leur avait proposé leur faisait du bien.

Q  Quelle forme a prise cette aide? 

R  Il y avait beaucoup de formateurs qui envisageaient d’aller vers le mode en ligne. Mais nous n’avions pas l’expertise pour les accompagner dans leur démarche. On leur a donc donné les moyens de le faire en signant des partenariats avec des firmes au sein desquelles ils pourraient trouver les bons intervenants pour les aider.

On a aussi transformé notre plateforme pour davantage mettre de l’avant les formations en ligne pour que tous ceux qui en offraient déjà ou qui s’en allaient vers là puissent être identifiés plus facilement. On a aussi diversifié nos activités pour ouvrir le marché européen. Car à partir du moment où l’on offre de la formation en ligne, il n’y a plus de frontières. La crise nous a incités à devancer l’implantation d’un système transactionnel en ligne, un projet que nous avions dans nos plans afin que les gens fassent l’achat de formations directement sur notre plateforme. Nous l’avons mise en place au courant de l’été.

Ce que l’on voulait, c’était de s’adapter. On n’avait pas le choix et c’est pour cette raison que nous avons pris une approche caméléon. Nous sommes une entreprise qui veut toujours repousser ses limites. Nous carburons à avancer. Dès que nous voyons une opportunité, nous en profitons. Nous avons donc vu la crise comme une occasion d’innover et nous nous en sommes servis comme tremplin pour élargir nos horizons à tous les niveaux. On peut donc dire que pendant la pandémie nous avons non seulement maintenu notre roulement technologique, mais que nous avons même fait plus.

Q  Vous avez aussi continué à faire des acquisitions? 

R  Je suis une personne qui aime anticiper plusieurs étapes en avant. Je suis beaucoup l’actualité et je carbure à l’information pour essayer de prévoir les tendances. L’acquisition de trouveunstage.com, c’est quelque chose que j’avais en tête depuis un certain temps. Et parce que le monde du travail a changé énormément, le marché d’il y a un an et celui d’aujourd’hui sont complètement différents, cette acquisition a été pour moi une voie naturelle à prendre. C’était une belle opportunité qui complète bien ce que nous offrons sur Boomrank. Trouveunstage.com devient une offre intégrée à travers notre solution. C’est la deuxième corde que nous avons ajoutée à notre arc pendant la pandémie après notre acquisition site maformationmonavenir.com à l’automne.

Trouveunstage.com, c’est aussi quelque chose de tellement naturel avec ce que nous offrons parce que le stage, c’est en fait une formation en entreprise. Même chose pour maformationmonavenir.com. Tout étudiant qui va graduer, va par la suite tomber en mode de formation continue tout le reste de sa carrière. On peut donc prendre la personne du début jusqu’à la fin, ou presque, de sa carrière à travers nos solutions.

Q  Vous avez aussi offert des services pour les adultes en requalification? 

R  La pandémie a amené plusieurs adultes sur le marché du travail à vouloir se reconvertir professionnellement. Et ce n’est pas facile pour les gens qui avaient un travail depuis plusieurs années de se réorienter. Plusieurs se demandaient par où commencer, où trouver des ressources et voir les métiers qui pourraient les intéresser. Et c’est là que maformationmonavenir.com peut les aider parce que c’est une banque de ressources. Et dans la plateforme trouveunstage.com, on offre aux adultes qui sont en requalification de s’inscrire pour trouver des entreprises formatrices qui vont pouvoir les aider à faire de l’alternance travail-études.

Q  Pensiez-vous, au moment de fonder Boomrank, que les idées avant-gardistes que vous aviez deviendraient des incontournables à peine quatre ans et demi plus tard?  

R  Je suis le type d’entrepreneure qui a toujours le cerveau en ébullition de façon assez intense. Mais je ne pouvais pas imaginer qu’aujourd’hui les idées que j’avais deviendraient les solutions que nous proposons aujourd’hui et qu’elles iraient même un peu plus vers le recrutement. C’est sûr que l’on a fait beaucoup de chemin et que l’on a mis beaucoup de choses en place. Mais on a encore tellement d’idée que l’on peut amener et tellement d’innovations que l’on peut faire qu’il nous reste encore énormément de travail à faire.

Q  Quels sont vos défis les plus importants? 

R  Nous avons trois défis importants. Comme nous sommes une place de marché, on doit toujours travailler l’offre et la demande de façon équilibrée. Nous devons aussi mobiliser l’industrie complète. Nos clients sont autant des écoles professionnelles, que des cégeps et des universités et des travailleurs autonomes. Notre défi c’est que tous les intervenants du monde du marché du travail puissent se retrouver au même endroit au même moment pour bien desservir les entreprises. Finalement, nous devons convaincre les entreprises qu’elles doivent voir la formation comme un investissement et non pas comme une dépense et les amener à penser que la formation des étudiants va les aider à combler le problème de pénurie que l’on a sur le marché.

Q  Comment voyez-vous l’avenir? 

R  Je crois que l’avenir de nos solutions chez Boomrank, ce n’est pas juste des solutions technologiques, mais c’est aussi de sensibiliser et d’amener tous les acteurs du marché à travailler ensemble pour le bien de la société concernant tout ce qui touche le monde du travail.

Là où on voit qu’il y a un beau potentiel et où on aimerait travailler davantage, c’est au niveau de la formation spécialisée. On travaille à faire des maillages avec des secteurs d’activités qui ont des besoins très pointus de formations plus techniques et qui auraient avantage à partager ces formations-là avec des entreprises d’autres secteurs d’activités qui sont un peu connexes ou qui peuvent avoir besoin de formateurs qui ont un peu la même expertise.