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Yannick Martel (à gauche) et Vincent Guay-Brooks ont fondé Bionaissance en 2015, une entreprise de fertilisation de pelouse qui utilise des biopesticides qui peuvent s’attaquer à plusieurs types de mauvaise herbe et qui garantissent des résultats plus efficaces, mais aussi plus rapides.
Yannick Martel (à gauche) et Vincent Guay-Brooks ont fondé Bionaissance en 2015, une entreprise de fertilisation de pelouse qui utilise des biopesticides qui peuvent s’attaquer à plusieurs types de mauvaise herbe et qui garantissent des résultats plus efficaces, mais aussi plus rapides.

[GÉRER LA CRISE] Bionaissance: une entrée remarquée dans le domaine de la fertilisation de pelouse

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
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La pandémie de coronavirus a tout changé pour les entrepreneurs d’ici qui en ont souffert, mais qui ont aussi rebondi dans la tempête, faisant parfois jaillir de nouvelles façons de faire. À l’heure de la seconde vague, nous poursuivons les rencontres de cette série «Gérer la crise».
  • Entreprise: Bionaissance 
  • Type d’entreprise: entreprise spécialisée en fertilisation naturelle 
  • Contact: Yannick Martel

Q  Votre situation avant la crise? 

R  J’ai fondé Bionaissance en 2015 avec mon collègue Vincent Guay-Brooks. Nous nous sommes connus alors que nous jouions au hockey ensemble au niveau atome à Saint-Hubert et par la suite, nous avons tous les deux étudié à l’Académie Saint-Louis, puis nous sommes allés jouer pour le même collège américain. Vincent et moi, on avait parlé de partir un projet ensemble et c’est à notre retour des États-Unis, alors que lui étudiait à Concordia (en comptabilité) et moi à l’Université Laval (en finances), que nous avons lancé notre entreprise. Pourquoi la fertilisation de pelouse? Tout simplement parce que pour nous qui étions étudiants, c’était un emploi parfait. Il nous permettait de travailler tout en terminant nos études universitaires. De plus, une entreprise de services ne demandait pas autant d’investissements que si nous avions, par exemple, ouvert un magasin.

Nous nous sommes entourés d’agronomes et d’horticulteurs et c’est avec eux que nous avons développé de nouveaux services qui n’étaient pas vraiment offerts dans le marché. On s’est aussi intéressé aux problématiques du marché. On en est venu à la conclusion que les plaques jaunes, les mauvaises herbes et le gazon qui ne poussait pas étaient les principales raisons pourquoi les gens étaient insatisfaits des services qu’ils recevaient. On a aussi étudié les herbicides qui étaient utilisés et on s’est aperçu que c’était des produits de synthèse qui ne contrôlaient que certaines mauvaises herbes et qui étaient nuisibles à certains types d’arbres. On a donc commencé à travailler avec des biopesticides qui pouvaient s’attaquer à plusieurs types de mauvaise herbe. Et c’est ça qui «pogne». Car ce qui incite les gens à prendre nos produits, ce n’est pas parce qu’ils sont bios, c’est avant tout à cause des résultats qui sont plus efficaces, mais aussi plus rapides.

Nous avons lancé notre entreprise, c’est Vincent et moi qui faisions les traitements. Nous avions un camion et au printemps de 2020, nous en avions deux.

Q  Comment avez-vous réagi quand la crise s’est amorcée? 

R  On s’est inquiété, c’est certain. Beaucoup de clients nous disaient qu’ils attendaient avant de renouveler leurs services parce qu’ils ne savaient pas ce qui allait arriver avec leur emploi. Et dans l’industrie, le message était clair. L’année 2020 n’allait pas être une année à profit. Elle serait plutôt une année où toutes les entreprises allaient devoir se serrer les coudes. Au lieu de reculer et de jouer profil bas, on a décidé de poster de la publicité partout à Québec en se disant qu’à la limite, les gens qui allaient avoir de l’argent allaient nous contacter. Et l’effet a été immédiat. On a reçu beaucoup de téléphones.

Q  Comment a été votre été 2020? 

R  Comme l’économie a repris en avril, les affaires ont explosé. Comme les gens ne pouvaient pas voyager et qu’ils étaient pris chez eux, plusieurs ont décidé d’investir dans leur cour. Nos affaires ont doublé. Nous avons servi en autour de 2000 clients et nous avons même été obligés d’en refuser plusieurs. Cette croissance nous a obligés à grossir notre équipe sur le terrain. Et mon collègue et moi avons dû faire des heures comme jamais. Parce que gérer les nouveaux clients en même temps que l’on gère les terrains qui doivent être traités, ce n’est pas facile même si on a des logiciels spécialement faits pour ça.

Q  Quel a été votre plan pour 2021? 

R  Comme on s’attendait à ce que notre croissance continue, on a vraiment grossi notre équipe au niveau administratif, où à cause de la demande, on pense ajouter une nouvelle secrétaire, au niveau de la supervision du contrôle de la qualité et sur le terrain où on est notamment passé à 12 camions ce qui nous permettra de servir 4800 clients.

Q  Quel est votre plus grand défi? 

R  C’est de gérer notre croissance de manière intelligente, ce que nous avons bien fait jusqu’ici. On peut que faire un certain nombre de clients par camion. Et on se respecte beaucoup dans ça. Peu importe le nombre de camions que j’ai planifié pour cet été, si la demande est plus forte que ce que j’avais évalué, j’aurai le choix d’engager des gens et de les envoyer rapidement sur le terrain alors qu’ils seront moins bien formés ou de décider de refuser des clients afin de ne pas entacher notre réputation et notre nom qui est vraiment bon à Québec. On a dit aux clients que nous avons dû refuser que notre décision était purement professionnelle, qu’elle avait pour but d’assurer la qualité de nos services et que nous allions les recontacter à la fin de l’été afin de les ajouter à notre clientèle pour l’été 2022.

Q  Comment expliquez-vous ce succès? 

R  Je pense que nous sommes arrivés à un bon moment. Ça faisait tellement d’années que les gens voyaient les mêmes entreprises quand il est question de service de traitement de pelouse que nous avons été comme un coup de vent rafraîchissant. Non seulement nous offrons des produits verts et écoresponsables, mais nous sommes aussi la seule compagnie à Québec qui apporte un côté éducatif et explicatif dans ce qu’elle fait.

Q  Comment voyez-vous l’avenir? 

R  Je crois que nous allons continuer à grossir. Chaque fois que nous aurons 400 nouveaux clients, nous ajouterons un employé sur le terrain et nous aurons un nouveau camion sur la route. C’est aussi simple que ça. Je m’attends donc à ce que nous ayons une flotte d’une vingtaine de camions à Québec en 2022. Notre objectif est d’avoir le monopole du marché d’ici quelques années.

Nous avons aussi beaucoup de demandes de gens qui demeurent à l’extérieur de la région de Québec. Des gens de Montréal, par exemple, qui magasinent pour un service de traitement de pelouse et qui finissent par tomber sur mon site Web. Je suis obligé de refuser des gens de partout dans la province. Ce que ça nous dit, c’est que si on offrait notre service ailleurs au Québec, il aurait autant de succès. On voit donc grand et on pense à un marché provincial. Je ne sais pas dans combien de temps, mais c’est certain que l’on va finir par avoir des franchises à l’extérieur de la région de Québec parce que la demande est présente.