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Étienne Dubois et Kevin Rodrigue, deux comptables de formation, ont créé en 2017 leur entreprise de services de sécurité financière en ligne. Leurs affaires ont explosé en mars 2020 quand la COVID-19 a forcé le confinement de la population québécoise.
Étienne Dubois et Kevin Rodrigue, deux comptables de formation, ont créé en 2017 leur entreprise de services de sécurité financière en ligne. Leurs affaires ont explosé en mars 2020 quand la COVID-19 a forcé le confinement de la population québécoise.

[GÉRER LA CRISE] Acolit: le pari calculé des services de sécurité financière en ligne

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
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La pandémie de coronavirus a tout changé pour les entrepreneurs d’ici qui en ont souffert mais qui ont aussi rebondi dans la tempête, faisant parfois jaillir de nouvelles façons de faire. À l’heure de la seconde vague, nous poursuivons les rencontres de cette série «Gérer la crise».
  • Entreprise: Acolit 
  • Type d’entreprise: courtier financier 
  • Contact: Étienne Dubois, cofondateur

Q  Votre situation avant la crise? 

R  Kevin Rodrigue et moi sommes à la base deux comptables. Nous avons commencé à travailler avec des conseillers dans un cabinet de services financiers traditionnel en 2016. Déjà là, nous avons remarqué des trucs avec lesquels nous ne pourrions pas composer à long terme comme le conseiller qui devait se déplacer pour rencontrer les gens en personne dans leur cuisine. Et on se demandait si une telle pratique allait durer dans le temps. On croyait plutôt que tout allait se faire en ligne.

En novembre 2017, mon associé et moi nous nous sommes dissociés du cabinet pour lequel nous travaillions et nous avons créé notre entreprise. Déjà là, nous avions la vision de révolutionner la manière de travailler des conseillers en sécurité financière. Mais comme nous étions deux comptables et pas des spécialistes en marketing Web, nous avons lu sur le sujet, on est allé voir ce qui se faisait dans le marché et nous avons commencé à créer nos propres sites Web en nous inspirant de ce que nous avions vu tout en apportant les améliorations que nous avions en tête.

Q  Comment a été la réaction des gens quand vous avez lancé votre entreprise? 

R  C’est certain que les gens s’attendaient à ce que l’on se déplace. Tous les gens faisant du magasinage sur Internet avant d’acheter un produit, ils nous contactaient et rapidement, ils nous demandaient à quel moment nous allions passer chez eux. Au début, nous avons développé un modèle hybride pour les personnes de la région de Québec et nous nous sommes déplacés. Mais cela faisait en sorte que nous traitions moins de dossiers.

Au début de 2018, nous avons décidé de ne plus nous déplacer. Compte tenu de tous les investissements que nous avions faits dans la création de notre site Web, cette décision a soulevé certaines craintes chez nous. C’était un pari risqué mais on sentait que l’on était sur la bonne voie parce que la réception de la majorité des gens était très bonne et les outils des acheteurs se développaient en parallèle. Tranquillement, les assureurs commençaient à utiliser des propositions électroniques.

Q  Comment avez-vous réagi quand la crise s’est amorcée? 

R  Nous ne nous sommes nullement inquiétés parce que nous avions les outils pour continuer à fonctionner comme nous le faisions avant la crise. Nous avons cependant constaté que les demandes de services ont augmenté. Nous avons d’ailleurs eu un peak dans nos demandes en mars 2020. L’assurance, c’est constant d’un mois à l’autre. Il y a presque toujours le même nombre de personnes qui magasinent leur assurance. Sauf qu’en mars 2020, la manière de le faire a vraiment changé. Les gens n’avaient plus le choix que de passer par le Web. Nous avons eu un volume de demandes élevé et c’est là que l’on s’est rendu compte que nous n’étions pas prêts à le gérer. Ce constat a engendré énormément de stress. Nous avons vécu des hauts et des bas.

Pendant huit mois, j’ai mis de côté tout ce qui était ventes, j’ai pris le poste de soutien administratif et nous sommes reparti de zéro. Je voulais voir ce qui pourrait être amélioré au niveau administratif pour que les transactions soient plus fluides et faire en sorte que la personne qui prendrait ma place y demeurerait parce que ça serait le fun de travailler à ce poste-là. Jusqu’en septembre 2020, mon associé et moi on a vraiment rodé la machine et parallèlement, nous avons engagé des conseillers. De 4000 clients avant la pandémie, nous sommes passés à 9000. Et nous avons eu une croissance de 250 % de notre chiffre d’affaires.

Q  Vous deviez ressentir beaucoup de fierté d’avoir senti la tendance qui se dessinait? 

R  C’est certain. Ce que nous avons vu pendant la pandémie est venu confirmer les hypothèses que l’on avait émises deux ans auparavant. Et aujourd’hui plus que jamais, on sait que nous sommes bien positionnés. Nous avons même changé de nom il y a quelques semaines. Avant la pandémie nous étions MeilleurPrixAssuranceVie.ca et nous étions axés sur le prix. Nous nous sommes cependant rendu compte avec le temps que c’était vraiment le conseil aussi était important et non juste le prix. Nous sommes devenus Acolit et nous avons lancé un nouveau site Web. On a toujours les meilleurs prix mais aussi les meilleurs conseillers qui mettent l’être humain en avant.

Q  Comment voyez-vous l’avenir? 

R  Les affaires continuent à bien aller. Nous sommes huit personnes à travailler chez Acolit présentement. Nous sommes partis pour faire 300 % de croissance en 2021. La réaction des gens est incroyable. D’emblée, la grande majorité ne nous demande même plus de nous déplacer. Ceux qui le font, c’est souvent par crainte de ne pas pouvoir maîtriser certains aspects des contrats sur le Web comme la signature électronique. Quand c’est le cas, on les aide simplement. On axe beaucoup nos affaires sur le service à la clientèle et le service après-vente. Les clients sont super satisfaits et leurs commentaires sont aussi très positifs.

Parallèlement, on continue à développer des outils qui nous permettront de nous démarquer encore plus dans le marché, des outils qui seront encore plus personnalisés pour les clients et où ils pourront suivre leur dossier en direct et voir leur contrat en ligne, des outils qui connecteront l’assureur avec le client. Nous voulons permettre à nos conseillers et à nos clients de bénéficier de la technologie pour vraiment faciliter les communications et les échanges. Notre objectif, c’est de rendre le plus agréable possible le moment entre lequel la personne s’aperçoit qu’elle a un besoin d’assurances et le moment où elle comble ce besoin.

Nous sommes présentement en processus pour obtenir nos permis dans d’autres provinces comme la Colombie-Britannique et l’Ontario. On aimerait devenir le plus gros courtier en ligne au Canada. Et nous avons plusieurs autres projets sur la table qui nous rendent fébriles.

Q  Votre plus grand défi lors des prochains mois? 

  Ça sera de trouver de bons conseilleurs, des gens qui partagent les mêmes valeurs et les mêmes objectifs que nous. On prévoit engager entre 10 et 15 personnes d’ici un an, autant des conseillers que des gens pour le support administratif (gestion des réseaux sociaux, marketing Web, etc.). Nous nous rendons compte qu’Acolit n’est plus uniquement une entreprise de services financiers. Elle est aussi une entreprise de technologie.