Copropriétaire, avec Caroline Dallaire (à gauche) de Zone Unik Coiffure, une entreprise qui a vu le jour il y a 14 ans, Chantal Plante est d'avis que les techniques de coiffure devront être réinventer au retour de la crise et que le défi sera de ne pas brimer la passion des artistes.
Copropriétaire, avec Caroline Dallaire (à gauche) de Zone Unik Coiffure, une entreprise qui a vu le jour il y a 14 ans, Chantal Plante est d'avis que les techniques de coiffure devront être réinventer au retour de la crise et que le défi sera de ne pas brimer la passion des artistes.

[GÉRER LA CRISE] Zone Unik Coiffure: coiffeuse, se réinventer sans étouffer la passion 

La pandémie de coronavirus change tout pour les entrepreneurs d’ici qui en souffrent, mais qui rebondissent aussi devant la tempête, se serrent les coudes avec leurs employés et, parfois, font jaillir de nouvelles façons de faire. Nous allons à leur rencontre dans cette série «Gérer la crise».
  • Entreprises : Zone Unik Coiffure
  • Type d’entreprise : Salon de coiffure, services de maquillage, de manucure et vente de produits
  • Contact : Chantal Plante, copropriétaire

Q La situation avant la crise

Zone Unik Coiffure est en affaires depuis 14 ans. Notre mission est d’embellir la vie des gens et notre valeur première est la bienveillance. Nous avons une équipe de 10 personnes mais depuis trois ans, nous devons composer avec de 30 % à 40 % de nos effectifs, nos artistes comme on les appelle, qui sont en congé de maternité. Et comme nous n’avons pas de roulement de personnel, cette situation nous a obligées, avant même le début de la crise, à être en mode adaptation au niveau du travail et de l’ajustement des horaires.

Q Comment avez vous réagi à l’obligation de fermer votre commerce?

R  Guidées par nos valeurs de bienveillance, on avait fermé le salon une semaine avant que le gouvernement nous impose de le faire. On était convaincues que de toute manière, on s’en allait vers une telle mesure. Et quand le gouvernement a annoncé son décret, il a fallu décider si on faisait de la vente de produits de coloration pour satisfaire les demandes de nos clientes ou pas. Finalement, on a décidé de ne pas offrir ces produits. On l’a fait  en pensant à nos artistes mais aussi parce que les produits de coloration peuvent devenir nocifs pour le cuir chevelu — c’est la raison pour laquelle ça prend des spécialistes pour les appliquer. C’est quelque chose qui ne cadrait pas avec l’autre entreprise que nous avons et qui œuvre dans le domaine de la santé capillaire (Clinik À 2 Cheveux). Nous avons cependant continué de vendre nos autres produits via du télétravail. On avait commencé avant la crise à monter notre site Web de vente en ligne mais on a rapidement constaté qu’il nous aurait fallu trop de temps avant qu’il soit prêt. Nous avons décidé que la solution serait de contacter tous nos clientes. Nous les appelons régulièrement afin de les rassurer mais aussi pour leur proposer d’acheter les produits dont ils pourraient avoir besoin et que nos leur ferons parvenir via un service de livraison sans contact. Nous appelons aussi tous nos clientes de la clinique capillaire afin de leur permettre de renouveler les produits nécessaires à leurs traitements. La clinique nous permet aussi de faire de la consultation Web et d’avoir un bon suivi.

Q Des initiatives encouragées par la crise?

R Nous avions toujours publié des capsules sur notre page Facebook, Mais nous n’avons jamais été aussi rigoureux qu’en ce moment. D’abord pour garder le contact avec nos clientes. On veut leur parler. Mais aussi parce que c’est une manière de nous satisfaire nous mêmes. On en a besoin. Notre travail et nos gens nous manquent.

Q Y a-t-il un côté positif à la crise?

R La crise provoque beaucoup de stress et le corps y réagit beaucoup. La crise a fait naître des problèmes au niveau de la santé du cuir chevelu de certaines personnes et elle nous a emmené de nombreux nouveaux clientes que nous avons commencé à les traiter via le Web, une première chez nous. Cette situation nous a incitées à réaliser des capsules que nous publions sur notre page Facebook et elle nous a poussées à revoir où nous devrions présentement mettre nos belles énergies afin de profiter du courant actuel pour réaliser une harmonisation incroyable entre nos deux entreprises.

Q Une leçon apprise de la crise?

R Jamais je n’aurais pensé qu’une boutique en ligne aurait été ma meilleure amie. Quand la crise sera terminée, nous devrons travailler à la réalisation de notre site Web de ventes en ligne.

Q Comment entrevoyez-vous le retour à la normale?

R Je suis d’avis que les techniques de coiffures devront être revues à 100 % et que nous devrons revoir nos façons de faire. Je suis en train de préparer des capsules dans lesquelles des techniques auront été réinventées. Je pense qu’il y aura de l’inquiétude. On espère que le retour à la normale va être bien pensé par nos dirigeants, bien expliqué mais aussi bien encadré. La coiffure est un métier qui demande une bonne réflexion. Des passionnés en coiffure vont travailler d’une manière très différente d’une personne dans le secteur manufacturier. Nos employées sont des artistes qui travaillent selon leurs feelings. Il va falloir les retenir, leur imposer une nouvelle rigueur. Une artiste passionnée, on n’arrête pas ça comme ça. Ma peur c’est de trop les brimer. Et en tant que gestionnaire, il va falloir les accompagner.

Nous devrons aussi composer avec les dommages collatéraux de la crise au niveau capillaire. Des clientes étant allés chercher leurs produits de coloration dans des pharmacies se sont brisé les cheveux ou ont endommagé leur cuir chevelu. Et dans un temps de reprise, alors que les demandes de rendez-vous seront très grandes, nous aurons à faire d’importantes réparations. On reçoit d’ailleurs déjà des messages de clientes en ce sens. 

Par contre, je crois que notre métier va être davantage valorisé. C’est incroyable ce que réalise une artiste au niveau de la coiffure. On travaille l’estime, on prend soin des gens, on change des vies. La crise va avoir permis aux gens de le réaliser.