Le directeur général et artistique du village en chanson de Petite-Vallée, Alan Côté, devant le camp en chanson.
Le directeur général et artistique du village en chanson de Petite-Vallée, Alan Côté, devant le camp en chanson.

[GÉRER LA CRISE] Village en chanson de Petite-Vallée: se retourner «sur un 10 cennes»

La pandémie de coronavirus change tout pour les entrepreneurs d’ici qui en souffrent, mais qui rebondissent aussi devant la tempête, se serrent les coudes avec leurs employés et, parfois, font jaillir de nouvelles façons de faire. Nous allons à leur rencontre dans cette série «Gérer la crise».

Entreprise: Village en chanson de Petite-Vallée 

Type: festival, camps musicaux et événements culturels 

Contact : Alan Côté, directeur général et artistique

Q  Quelle était votre situation avant la crise? 

R  La programmation était complétée pour l’été. On avait 54 spectacles de confirmés et les billets se vendaient très bien. C’était jusque-là notre record de vente de billets. La chorale des enfants était très avancée et on avait aussi une chorale d’adultes pour un homme à Gilles Vigneault qui était bien entamée. Notre porte-parole était Isabelle Boulay, tout était presque prêt pour l’été au moment où on a dû annuler.

Q  Quelle a été votre réaction lors de l’annonce de l’interdiction des festivals? 

R  C’est sûr qu’on a eu un petit pincement au cœur de devoir annuler et reporter, mais on a surtout était soulagé parce que, jusque-là, on était dans l’incertitude. On ne se serait pas vu faire des événements à seulement 50 personnes. Mais il faut dire qu’on a été chanceux, parce que la réputation du festival nous a permis de garder notre financement, autant les subventions que les commanditaires.

Q  Comment est-ce que la crise va changer les façons de faire de l’organisation? 

R  On a appris beaucoup de choses, notamment dans l’utilisation du numérique, comment diffuser la culture autrement. On a aussi profité de ce temps d’arrêt obligatoire pour faire un grand ménage. Un grand ménage des lieux, mais aussi de l’état des lieux de l’organisation. On a préféré profiter de cette pause-là plutôt que de se concentrer sur le négatif. Dans deux ans, c’est le 40e du festival, alors on a voulu tout classer pour revenir sur l’histoire du festival qui était dans des boîtes. On en a aussi profité faire de la formation. Ça n’a vraiment pas été un temps mort.

Q  Comment l’organisation voit l’après-crise? 

Nous, on peut dire qu’on est déjà dans l’après-crise. Par exemple, on monte en ce moment même le chapiteau pour présenter une série de spectacles à l’intérieur cet été. C’est un projet laboratoire de spectacles à 50 personnes, jusqu’à ce que le déconfinement nous permette plus. De la mi-juillet jusqu’à la fin août, on va pouvoir continuer à diffuser de la culture.

Q  Quelles leçons est-ce que l’organisation a tirées de cette crise-là? 

R  On a vraiment plus vu ça comme des opportunités. On a vu d’autres crises dans les dernières années, par exemple le feu de notre théâtre. Alors on est un peu habitués à devoir se tourner sur un 10 cennes, alors quand on a dû le faire pour la COVID, on savait qu’on pouvait le faire, on avait confiance, donc on a pas hésité. On est bien armés de ce côté-là. On a aussi compris qu’il ne faut rien prendre pour acquis. La crise nous a permis de faire du ménage de notre vision, de ne plus rien traîner derrière. Maintenant, on est prêt pour la suite.