Mark Talbot et Mathieu Roy, respectivement président et représentant de Talbot Équipement.
Mark Talbot et Mathieu Roy, respectivement président et représentant de Talbot Équipement.

[GÉRER LA CRISE] Talbot Équipement: un passé garant de l’avenir 

La pandémie de coronavirus change tout pour les entrepreneurs d’ici qui en souffrent, mais qui rebondissent aussi devant la tempête, se serrent les coudes avec leurs employés et, parfois, font jaillir de nouvelles façons de faire. Nous allons à leur rencontre dans cette série «Gérer la crise».
  • Entreprise : Talbot Équipement
  • Type : entreprise spécialisée le domaine de l’équipement industriel, de la construction et du génie civil
  • Contact : Mathieu Roy, représentant

Q Votre situation avant la crise?

R Talbot Équipement est une entreprise qui a vu le jour à Québec en 1906 et qui a toujours été la propriété de la famille Talbot. Au cours de son histoire, l’entreprise est passée au travers de deux guerres mondiales, la dépression des années 30, la guerre froide pendant les années 1960, la récession des années 80, les attentats de 2001, le crash de 2008 et maintenant la COVID. L’entreprise, qui a eu ses bureaux sur la rue Saint-Paul jusqu’en l’an 2000, a déjà employé jusqu’à une trentaine de personnes. Mais au cours des années, Mark Talbot, le petit fils du fondateur René Talbot, a vendu des divisions. 

Q Comment avez-vous réagi lorsque la crise s’est amorcée?

R Nous avons dû fermer nos portes lorsque toute l’industrie de la construction fut paralysée. Ça aurait alors été facile pour notre président Mark Talbot, qui est aujourd’hui âgé de 70 ans, de dire «mon entreprise est en santé financière, nous n’avons pas de dettes et on ne doit rien à personne, je ferme, je tire la plug et je profite de ma retraite». Mais non, il avait encore envie de se battre. Comme nous avions des clients qui étaient considérés comme des services essentiels, nous sommes demeurés sur appel afin de répondre à leurs demandes. Car en plus de fournir de l’équipement et des outils, nous faisons aussi l’entretien de flottes d’outils pneumatiques pour des grosses entreprises de génie civil.

Nous avons donc profité du mois d’avril pour nous préparer pour la reprise et travailler tout ce qui s’appelle le commerce en ligne même si dans le domaine de la construction, ce n’est pas vraiment un gros marché. Les gars ne commandent pas beaucoup en ligne. Ils préfèrent venir sur place parce qu’ils veulent être sûrs que nous avons les équipements, les outils ou les pièces qu’ils recherchent. Mais on a décidé de remettre à jour notre site Internet et de vendre sur Amazon.

On a aussi profité du mois pendant lequel nous étions fermés pour se mettre à jour, refaire des ententes avec des partenaires, décidé en équipe où on s’en allait et qu’est ce qu’on allait faire afin de vraiment s’assurer que quand les chantiers de construction rouvriraient, on soit prêts, fonctionnels et que tous nos partenaires allaient l’être aussi. Et quand est arrivé le 4 mai nous avions un plan de match adéquat. 

Q Qu’avez-vous appris de la crise?

R On a appris beaucoup. Je dirais cependant que la plus grande observation que Mark (Talbot), notre patron, a faite c’est que la gestion des dernières années avait fait en sorte que nous étions entrés dans la crise en santé. On n’avait pas, ou peu de dettes. Nous en sommes donc ressortis très peu affligés. Oui être fermé un mois, ça affecte le cash flow, mais la crise ne nous a pas affectés comme elle l’a fait pour d’autres entreprises. On s’est aperçu qu’une gestion serrée permet de faire face à des évènements comme celui de la crise de la COVID. Je pense que même dans le domaine de la construction, il va y avoir une épuration qui va se faire. Il y a des entreprises qui vont fermer.

Q Votre plus grande qualité pour faire face aux crises?

R La résilience. C’est la recette de Talbot depuis ses débuts, il y a 115 ans. Au cours de son histoire, l’entreprise est passée à travers toutes sortes de crises et de périodes d’insécurité et elle en est tout le temps ressortie aussi forte qu’avant. Oui il y a eu des périodes quand même plus tristes, mais Talbot a tout le temps fait preuve d’une grande résilience. Mark (Talbot) est un homme qui ne s’est jamais laissé abattre et qui, au contraire, s’est toujours relevé les manches pendant les périodes plus difficiles. Et encore aujourd’hui, il le démontre. Il a un désir de vaincre incroyable.

Q Comment voyez-vous l’avenir?

R On ne touche pas beaucoup la construction résidentielle et on est un peu dans le commercial. Le gros de nos clients œuvre dans le domaine du génie civil. Et le gouvernement a annoncé dès le départ qu’il investirait dans les projets de grosses infrastructures et même que ceux-ci allaient être devancés. Les grands projets d’infrastructures, c’est là où beaucoup d’argent sera injecté pour relancer l’économie. C’est en plein le domaine où nous sommes. Et ça nous touche tout de suite en partant. On est donc béni. Les annonces gouvernementales signifient que nous aurons de l’ouvrage pour les 15 prochaines années.