Exceptionnellemet cet été, c'est au Grand marché de Québec que l'entreprise Sébéjo, une boutique de cadeaux fabriqués à la main fondée en 2012 par Joachin Alegret (photo) et son conjoint Sébastien Thomas, a reçu ses clients.
Exceptionnellemet cet été, c'est au Grand marché de Québec que l'entreprise Sébéjo, une boutique de cadeaux fabriqués à la main fondée en 2012 par Joachin Alegret (photo) et son conjoint Sébastien Thomas, a reçu ses clients.

[GÉRER LA CRISE] Sébéjo: la saison sauvée grâce au Grand marché

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
La pandémie de coronavirus a tout changé pour les entrepreneurs d’ici qui en ont souffert, mais qui ont aussi rebondi dans la tempête, faisant parfois jaillir de nouvelles façons de faire. À l’heure du déconfinement, nous poursuivons les rencontres de cette série «Gérer la crise».

Entreprises : Sébéjo

Type d’entreprise : boutique de cadeaux faits à la main

Contact : Joachim Alegret co-propriétaire

Q    Votre situation avant la crise

R    Sébéjo a été créée en 2012. À cette époque, nous ne fabriquions que des bijoux. Mais à partir de 2016, nous avons commencé à nous intéresser à d’autres médiums de production. Mon conjoint (Sébastien Thomas) s’est initié à la couture et nous avons commencé à faire des coussins, des cache-cols et des foulards. De mon côté, je me suis remis à dessiner. Et ce sont mes dessins qui ont été imprimés sur les coussins. J’ai développé plusieurs styles différents.

Nous avons par la suite appris à imprimer notre tissu et notre céramique, mais aussi une foule d’autres objets, toujours à partir de mes dessins ou de mes toiles. Cela nous a permis d’avoir un éventail de produits différents. Nous faisons maintenant des étuis à crayons, des tabliers, des tasses à café, des macarons, etc. Le but de notre diversification était de pouvoir faire des salons, des marchés et des boutiques éphémères, mais en proposant uniquement nos produits.

Q    Comment avez-vous réagi quand la crise est arrivée

   On revenait de faire une boutique éphémère en France quand la crise a commencé. On était arrivé au Québec à la mi-janvier et après avoir profité de deux-trois semaines de congé, nous étions à planifier l’ouverture d’une boutique éphémère sur la rue Saint-Jean. On devait commencer notre production à la mi-mars. Mais quand le 12 mars on a vu que les choses se précipitaient, on a mis un frein. Et quand une dizaine de jours plus tard tout a été fermé, on a tout mis en stand by.

On était inscrit à des salons en avril et en mai. Et ils ont été annulés. Par la suite, petit à petit, tous les salons et les festivals ont été annulés. Alors on a décidé d’arrêter la production et d’attendre de voir comment les choses allaient évoluer. Comme on avait du temps libre, j’ai créé des patrons de couvre-visage en tissu. Les premiers couvre-visages que nous avons fabriqués ont été pour la famille en France. Nous avons ensuite «postés» nos masques sur les réseaux sociaux et j’ai des clients qui m’ont contacté pour me demander de leur en faire. C’est là que nous avons recommencé à refaire de la production à une plus grande échelle et que nous avons offert nos masques sur notre boutique en ligne (www.sebejo.com). Plus ça se vendait et plus on en rajoutait. On a fini par proposer un choix de 40 modèles de dessins différents. Les couvre-visages ont permis au chiffre d’affaires de la boutique de prendre de l’ampleur. Ils nous aussi servi comme outil de marketing. Bien des gens sont venus sur notre site Web pour des masques et ils y ont découvert mes dessins et nos produits.

Q    Comment s’est fait votre retour 

R    Quand on a vu que les commerces recommençaient à rouvrir, notre but a été d’essayer de refaire des salons et des marchés. Et j’ai vu une annonce sur Facebook qui disait que le Grand marché de Québec cherchait des artisans pour exposer tout l’été sur son site extérieur. On a postulé et nous avons obtenu un espace que nous avons gardé tout l’été. On avait choisi d’y aller sur le long terme en se disant que si les affaires ne marchaient pas, on pourrait au moins faire du marketing et de la publicité. Mais grâce à notre présence semaine après semaine, on s’est créé une nouvelle clientèle régulière. Il y a des gens qui sont venus la première semaine et que j’ai ensuite revus trois semaines plus tard. 

Être au Grand marché nous a fait connaître beaucoup plus. Et je pense qu’il a permis au Grand marché de proposer une offre autre que l’alimentaire. 

Q    Quel bilan faites-vous de votre présence au Grand marché de Québec

R    Au niveau des affaires, elle fut vraiment très intéressante. Elle nous a permis de sauver notre saison. Nous n’avions vraiment pas d’attentes. On s’était dit que 2020 était une année spéciale. À cause de la pandémie, il n’y avait pas de salons et de festivals. Nous allions au Grand marché dans l’idée de nous faire connaître autrement que par les réseaux sociaux. Et comme nous n’avions pas d’attentes, celles-ci ont été surpassées. En terme de chiffre d’affaires, ce fut plus intéressant que certains salons ou festivals que nous avions faits l’année passée.

Q    Quels sont vos plans pour le futur

   Parce que nous ne savons pas comment la pandémie va évoluer, nous avons décidé d’y aller à moyen terme. On va se donner un temps de repos et un temps de production en octobre. Et à partir de la mi-novembre, nous recommencerons les salons de Noël... s’ils sont toujours d’actualité. On va faire un salon de Noël de quatre jours au Musée de la civilisation. Après il y a un salon qui dure deux semaines à ExpoCité qui s’appelle le Salon des artisans de Québec. Et comme nous avons de la clientèle en Ontario, on s’est inscrit à un salon de Noël à Ottawa qui dure deux semaines.

Nous avons toujours dans l’idée d’avoir notre boutique éphémère sur la rue Saint-Jean ou dans le quartier Petit-Champlain l’année prochaine. Idéalement, nous aimerions l’ouvrir au mois de mai et y offrir nos produits jusqu’en septembre-octobre. C’est notre priorité. Mais nous aurons un plan B. Si on voit que les mesures sanitaires sont contraignantes ou qu’il n’y a pas de tourisme parce que les frontières sont toujours fermées, on proposerait sûrement au Grand marché de Québec de nous accueillir de nouveau.