Le Salon de coiffure Maxime
Le Salon de coiffure Maxime

[GÉRER LA CRISE] Salon Maxime Coiffure: la sécurité avant tout

Myriam Boulianne
Myriam Boulianne
Le Soleil
La pandémie de coronavirus change tout pour les entrepreneurs d’ici qui en souffrent, mais qui rebondissent aussi devant la tempête, se serrent les coudes avec leurs employés et, parfois, font jaillir de nouvelles façons de faire. Nous allons à leur rencontre dans cette série «Gérer la crise».

Entreprise : Salon de coiffure Maxime

Type d’entreprise : salon de coiffure et d’esthétique

Contact : Jonatan Bérubé, président-directeur général

Q Vous êtes nouvellement propriétaire depuis décembre 2019. Comment avez-vous réagi à l’annonce du confinement?

R On ne s’y attendait pas, mais on n’a pas été sous le choc. Nous avons fermé le salon quelques jours avant le confinement, le 18 mars, parce qu’on avait de la pression et on sentait qu’il fallait faire attention. Mais on l’a pris positivement et ça nous a permis de nous dépasser. Le gouvernement nous aurait donné la permission de rouvrir le 1er avril et nous aurions été prêts. Les masques avaient été commandés et les équipements déjà placés. En avril et en mai, on a pu revoir nos façons de faire, notre structure et notre organisation. Nous avons rouvert le 1er juin et je savais exactement où on s’en allait. 

Q La distanciation entre le coiffeur et le client est impossible. Comment avez-vous pallié cela?

R On a trouvé tous les moyens possibles pour assurer la sécurité, autant pour le client que pour le coiffeur. Notre objectif, c’était que le client ait le moins de contacts possible. Désormais, on coupe toujours sur cheveux propres. Dans un contexte de coloration, le coiffeur doit mettre des gants. Pour éviter les contacts et les déplacements, on a aussi assigné une seule personne au «colour bar». C’est l’endroit où on fait les mélanges pour les colorations. Il y a aussi une seule personne assignée au nettoyage et à la désinfection des outils de travail. Nous avons aussi fait l’acquisition d’un produit de coloration qui nécessite 30 minutes de moins pour le traitement. On privilégie ce produit, surtout en contexte de pandémie, puisque cela permet que le client reste moins longtemps dans le salon. 

Q Quelles sont les autres mesures que vous avez implantées pour respecter les règles de santé publique?

R Nous avons mis en place des mesures qui ont été positives autant pour les employés que pour les clients. D’abord, nous nettoyons et désinfectons tous les outils de travail après chaque client. Quant à la distanciation, un poste de travail sur deux est occupé. Les clients et les employés se sentent ainsi plus en sécurité. 

Q Est-ce que vous avez adapté votre horaire?

R Oui, nous avons désormais un horaire plus variable, étalé sur sept jours. Ainsi, le rythme est beaucoup moins soutenu. Donc, tous les employés doivent travailler une fin de semaine, mais le côté positif, c’est qu’ils ont aussi une fin de semaine de congé. Dans l’industrie, c’est une opportunité extrêmement rare. 

Q Avez-vous dû augmenter vos prix depuis votre réouverture?

R Nous avons beaucoup de produits dont le prix a augmenté. Nous avons aussi dû embaucher du personnel additionnel pour répondre aux mêmes besoins, comme un chef coloriste et deux assistants. On a pris la décision de ne pas augmenter drastiquement le prix de nos services, mais d’imposer un frais sanitaire de 4 %. Cela permet d’assurer la sécurité par l’embauche de nouveaux employés et l’achat de produits sanitaires. Personne n’aime ça payer plus cher pour le même service, mais dans le contexte actuel, on n’avait pas le choix. On a quand même été très modéré dans notre façon de faire. La plupart des clients sont compréhensifs. Ils comprennent dans quel monde on est, et que, conséquemment, il y a des ajustements à faire.

Q Depuis le déconfinement, l’industrie de la coiffure semble mieux s’en sortir que l’industrie de la restauration. Pourquoi à votre avis?

R On est tous les deux dans le domaine des services, mais un de notre avantage, c’est qu’on n’a rien de périssable dans notre inventaire. Les restaurateurs ont perdu beaucoup de stock contrairement à nous. Aussi, les clients nous ont souvent dit qu’on aurait dû être un service essentiel. Je ne crois pas qu’on est essentiel, mais on le devient pour le moral. Je pense que c’est un élément distinctif. Mais on n’est pas mieux l’un que l’autre. On essaie chacun de faire notre possible.

Q Depuis votre réouverture, le lundi 1er juin, est-ce que la clientèle est au rendez-vous?

R La clientèle est absolument au rendez-vous. Je me souviens que le gouvernement a annoncé la réouverture des salons de coiffure le lundi précédent. Ça nous a donné une semaine pour remplir les horaires. On y est allé de façon modérée pour diminuer les risques de contamination. Durant le mois de juin, ça a été la folie furieuse. Juillet aussi a été excellent. Mais on est un gros salon, donc on a pu faire la majorité de notre clientèle assez rapidement. J’ai eu plusieurs commentaires de clients qui étaient contents de retrouver leur coiffeur. C’est au-delà de la beauté, c’est la relation unique qu’ils entretiennent avec leur professionnel. J’en parle, et j’en ai la chair de poule. 

Jonatan Bérubé, président-directeur général de Salon de coiffure Maxime