Plus que jamais en cette période de distanciation physique, Jean-Michel Veillette (à gauche) et Marc Antoine Paquet, cofondateurs de Lexya, facilitent la vie des étudiants grâce à leur plateforme de vente et d’achats de manuels scolaires.
Plus que jamais en cette période de distanciation physique, Jean-Michel Veillette (à gauche) et Marc Antoine Paquet, cofondateurs de Lexya, facilitent la vie des étudiants grâce à leur plateforme de vente et d’achats de manuels scolaires.

[GÉRER LA CRISE] Lexya: le bon produit à la bonne place et au bon moment

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
La pandémie de coronavirus a tout changé pour les entrepreneurs d’ici qui en ont souffert mais qui ont aussi rebondi dans la tempête, faisant parfois jaillir de nouvelles façons de faire. À l’heure du déconfinement, nous poursuivons les rencontres de cette série «Gérer la crise».
  • Entreprise: Lexya 
  • Type d’entreprise: plateforme en ligne de vente et d’achats 
  • Contact: Jean-Michel Veillette, cofondateur de la plateforme

Q  Votre situation avant la crise? 

R  Lexya est un service de vente et d’achats des manuels scolaires neufs, usagés ou numériques au meilleur prix possible qui est en place depuis janvier 2019. Juste avant le début de la crise, les choses allaient super bien. On voyait qu’il y avait un intérêt grandissant des étudiants pour notre plateforme, on rentrait dans de nouveaux campus et tout se passait super bien.

Q  Comment avez-vous réagi à la crise? 

Quand la crise s’est amorcée, on avait la chance d’avoir une plateforme 100 % en ligne et l’équipe pour s’en occuper. Nous sommes avec Spektrum Media à Québec qui est partenaire et actionnaire dans l’entreprise. On savait qu’au niveau technologique, on était capable de pivoter sur nous rapidement. On avait aussi déjà mis en place notre programme d’achats où les étudiants pouvaient vendre et acheter leurs livres 100 % en ligne sans avoir à se déplacer, peu importe ils où étaient au Québec. Les échanges sur les campus étant limités, notre service a été super apprécié.

Q  Comment vivez-vous la rentrée 2020? 

R  On voit vraiment un gros changement. Les étudiants sont à distance. Ils ne se déplaceront pas pour aller sur les campus. Rester à la maison favorise le commerce en ligne. Et notre plateforme offre une très bonne expérience au niveau de l’envoi, du support et des options qui s’offrent aux utilisateurs. Depuis nos tout débuts, notre mission est d’offrir au même endroit à la clientèle étudiante toutes les options pour leurs achats de manuels scolaires, qu’ils préfèrent les livres neufs, les livres usagés ou les livres numériques.

Q  Des objectifs pour la rentrée? 

R  À pareille date l’an dernier, c’était pas mal tranquille sur la plateforme. Mais là, c’est pas mal fou depuis trois semaines. Il y a beaucoup d’action, beaucoup de transactions. C’est une logistique qui est vraiment positive pour la suite des choses. Notre objectif, c’est vraiment de répondre aux besoins des étudiants, de s’assurer d’avoir le plus d’offres sur la plateforme et de continuer à offrir aux étudiants un service simple, facile d’utilisation et économique. Nous sommes rendus dans sept campus universitaires. Et on aimerait de permettre aux étudiants du plus grand nombre de campus possibles d’avoir accès notre plateforme. Et je pense que la pandémie va faire en sorte que certaines institutions vont se rendre compte que leurs étudiants ont besoin d’un service comme le nôtre.

Q  Une idée des ventes réalisées sur Lexya depuis ses débuts. 

R  Il y a eu plus de 10 000 transactions qui se sont faites sur la plateforme dans la dernière année et demie. Si on calcule rapidement que la valeur moyenne des livres transigés est de 41 $, c’est à peu près 400 000 $ qui ont été amassés par les étudiants qui ont vendu des livres. Évidemment, acheter des livres usagés, ça coûte moins cher. Les étudiants qui ont acheté des livres usagés ont réalisé des économies assez importantes. Si je ne me trompe pas, après la session d’été, on était autour de 610 000 $ qui avaient été économisés par les étudiants.

Q  Surpris de l’engouement pour Lexya? 

R  Oui, on est surpris. On avait des attentes et on voulait que ça fonctionne mais là, on a vraiment le vent dans les voiles. Mais en même temps, on ne l’est pas. À la base, Lexya était une idée simple. Permettre la vente et l’achat de manuels scolaires tout en simplifiant les transactions entre les étudiants. Et comme mon partenaire Marc-Antoine Paquet et moi avions été des étudiants, on connaissait bien le domaine. On savait qu’il y avait un besoin réel pour une plateforme comme la nôtre et qu’il n’y avait rien qui existait sur le marché. On savait qu’il y avait des dizaines, des milliers si ce n’est pas des centaines de milliers d’étudiants juste au Québec qui avaient besoin d’une plateforme qui pourrait leur faire sauver énormément de temps et d’argent.

Q  Avec la pandémie qui s’est pointée, on peut dire que vous avez eu le bon produit, à la bonne place et au bon moment? 

R  Effectivement, nous avons été super chanceux. Et nous demeurons humbles dans tout ça. Et même si le contexte fut favorable pour nous, il a fallu mettre beaucoup de temps et de ressources au niveau technologique pour adapter la plateforme. Aujourd’hui, nous sommes super contents que ça se passe bien pour nous.

Q  Quelle sera la suite des choses? 

Notre mission est de faire économiser du temps et de l’argent aux étudiants. Pour le moment, on propose la vente et l’achat en ligne de manuels scolaires. Mais c’est certain qu’on pourrait les aider ailleurs dans leur parcours.

On a commencé à faire beaucoup de concours et de partenariat avec des entreprises pour en faire profiter les étudiants. On a aussi travaillé avec des entreprises locales pour offrir sur notre site Web des rabais exclusifs Lexya aux étudiants. Avec le mouvement d’achat local initié pendant la pandémie, c’est quelque chose qui a été très apprécié. Et rien ne pourrait nous empêcher de développer une plateforme pour les appartements, les notes de cours ou le tutorat. Il y a plein de choses que l’on pourrait faire pour faciliter la vie des étudiants et on travaille sur plein de beaux projets que nous comptons mettre de l’avant lors des prochaines années. Une chose est sûre, on est là pour rester encore longtemps.