Rox Arcand, copropriétaire du magasin de disques et vinyles Le Knock-Out situé sur la rue Saint-Joseph
Rox Arcand, copropriétaire du magasin de disques et vinyles Le Knock-Out situé sur la rue Saint-Joseph

[GÉRER LA CRISE] Le Knock-Out: «Le confinement, ça nous a permis de rester créatifs»

La pandémie de coronavirus change tout pour les entrepreneurs d’ici qui en souffrent, mais qui rebondissent aussi devant la tempête, se serrent les coudes avec leurs employés et, parfois, font jaillir de nouvelles façons de faire. Nous allons à leur rencontre dans cette série «Gérer la crise».

Entreprise : Le Knock-Out

Type d’entreprise : magasin de disques et vinyles

Contact : Rox Arcand, copropriétaire

Chez ce disquaire indépendant de la rue Saint-Joseph, des centaines de vinyles comblent l’intérieur jusque sur les murs. Des idées plein la tête, ce n’est pas cela qui manque à la loquace et passionnée copropriétaire, Rox. Des solutions, mais à son image. Cela aura permis à son commerce de survivre, en dépit de l’industrie du disque déjà menacée. 

Q Comment s’est passé le confinement ?

R La journée qu’on a dû fermer, je t’avoue que je ne savais pas à quoi m’attendre. C’était au jour le jour. Il a fallu qu’on se débrouille et qu’on s’adapte. Je ne me serais pas vue rester chez moi à ne rien faire, et voir ma «shop» en train de mourir. La boutique, c’est ce que je suis. Donc, je venais ici tous les jours et on travaillait du mieux qu’on pouvait avec les nouvelles informations qu’on avait. On a écouté les clients et on s’est écouté nous aussi. Plusieurs idées ont émergé, et les clients ont répondu. Ça a été une belle preuve de confiance de la part de nos clients. 

Q Comment vous êtes-vous adaptés aux besoins de votre clientèle ?

R Même avant de fermer officiellement, j’étais déjà en mode solution. J’ai commencé à faire des petits vidéos sur Facebook pour demander aux gens de payer leur réservation qui traînait ou de s’auto-acheter un certificat-cadeau pour lorsque la boutique rouvrirait. Pour essayer, en quelque sorte, de me «backer» un fonds de roulement. Je ne suis pas du tout une personne calée en informatique. Notre caisse n’est toujours pas informatisée et on n’avait pas de site Web. Pendant le confinement, un de mes bons amis m’a proposé de nous créer un site Web transactionnel. Je lui ai demandé de le faire simple, efficace, mais à notre image, c’est-à-dire un style «boboche». Ça nous a permis de survivre. Ça a été un bel ajout. Il faut voir le positif dans tout ça. On a aussi instauré la livraison en jogging et à vélo pour veiller à ce que les gens demeurent chez eux. 

Q Les commerces ont pu rouvrir le 4 mai, mais vous avez décidé de rouvrir le vôtre seulement au début juin. Pourquoi ?

R Je suis de nature stressée et un peu hypocondriaque. Je ne savais pas comment allait se passer la réouverture. Aussi, je ne voulais pas commencer à jouer à la police. C’est un magasin de disques, donc les clients «taponnent» tout. Les gens viennent ici pour fouiner pendant longtemps et venir jaser avec nous. On a décidé de continuer avec le site Web transactionnel et d’être présents sur les réseaux sociaux. On s’est laissé le temps de voir comment les choses se déroulaient et on a décidé en conséquence. 

Q Le port du masque sera obligatoire dans tous les lieux publics intérieurs à compter du 18 juillet. Qu’est-ce que vous en pensez ?

R Je pense que les gens vont être compréhensifs. Tout ce que je veux, c’est que les gens soient en santé et que ce soit sécuritaire pour tout le monde. Je n’ai juste pas envie de jouer à la police. Je n’ai pas l’argent pour payer des amendes, alors je n’ai pas le choix de faire respecter cette consigne. Mais je vais choisir mes combats. Mon combat présentement, c’est de me concentrer sur la vente de disques. Ma mission première, c’est de faire connaître la musique et partager cette culture-là. 

Q L’industrie du disque était en crise bien avant la COVID-19. Pandémie ou pas, comment voyez-vous l’avenir ?

R Quand j’ai ouvert la boutique en 2013, c’était déjà risqué. Il y avait même quelqu’un qui m’avait dit que ma boutique ne survivrait pas un an. Mais on a fêté nos sept ans pendant le confinement. J’ai des idées plein la tête, donc on dirait qu’avec le confinement, ça nous a juste permis de rester créatifs.