[Gérer la crise] Imago: survivre en s’adaptant

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
La pandémie de coronavirus a tout changé pour les entrepreneurs d’ici qui en ont souffert, mais qui ont aussi rebondi dans la tempête, faisant parfois jaillir de nouvelles façons de faire. À l’heure du déconfinement, nous poursuivons les rencontres de cette série «Gérer la crise».
  • Entreprises : Imago
  • Type d’entreprise : Boîte de communications
  • Contact : Jean Savoie, président

Q  Votre situation avant la crise?

R  Imago est une entreprise qui a été fondée il y a 30 ans par Ginette Cloutier. Nous devions d’ailleurs célébrer cet anniversaire au printemps avec diverses activités. Au départ, Imago offrait uniquement des services de graphisme. Quand j’y suis arrivé il y a 26 ans comme conseiller vendeur, on ne parlait pas de Web. Et le cellulaire n’existait pas encore. Avec le temps, parallèlement à l’évolution des communications, plusieurs corps de métier se sont greffés à l’entreprise. Le volet Web a pris de plus en plus de place. Puis est arrivée la vidéo et finalement tout le volet réseaux sociaux et stratégies numériques. On a même une diplômée Google chez nous. Nous avons ensuite ouvert des divisions articles promotionnels (Idego) et gestion d’évènements corporatifs (Evengo). 

Il faut être innovateur. Comme le disait Darwin, les espèces qui survivent ne sont pas les plus fortes ni les plus intelligentes, ce sont celles qui s’adaptent le mieux aux changements. C’est notre devise. Nous avons maintenant 22 employés. Et après avoir été associé avec Mme Cloutier, j’ai repris l’entreprise avec des associés (Manon Jomphe et Richard Savoie)

Q  Comment avez-vous réagi à la crise?

R  On a beau avoir un bagage de vie derrière la cravate, on ne savait pas trop comment réagir. C’était spécial. Quand on a appris en mars que le lendemain matin, on ne pourrait plus travailler au bureau, les employés sont venus me demander qu’est ce qu’ils allaient faire. Je leur ai répondu : «donnez-moi deux-trois minutes que je réfléchisse.». 

Aujourd’hui, je vous dirais qu'on s’en est bien tiré. Le lendemain, on était tous fonctionnels en télétravail et 80 % du personnel était encore en place. On a travaillé à distance et on n’a jamais arrêté. Et si le volet évènementiel est tombé mort, ça été la folie au niveau programmation Web parce que beaucoup d’entreprises se sont dit : «il faut que je me tourne vers le numérique pour continuer à faire de la business».

Q  Comment se sont déroulés les derniers mois?

R  Au début, il y a eu de la panique puis bien des ajustements. Il y a eu des baisses de revenus et des coûts plus élevés parce que ça coûte parfois plus cher produire des choses à distance quand tu n’es pas préparé. Il a fallu réagir sans arrêt. Et il a fallu s’adapter jour après jour. ll a fallu s’adapter aux "meetings" internes sur vidéoconférences avec des enfants placés à l’arrière plan qui faisaient des grimaces à la caméra. Mais c’était normal. C’était accepté. 

Et nos clients ont été très compréhensifs. Même s’ils avaient l’habitude de venir nous rencontrer au bureau, ils ont accepté de le faire par vidéoconférence. Nous avions toujours travaillé en intimité avec nos clients. On s’était toujours dit les vraies choses. Et ce fut encore plus le cas en période de COVID où les gens étaient encore plus transparents et authentiques. Il y a eu beaucoup d’écoute et de compréhension.

Quand je regarde tout ça, je trouve que l’on a très bien tiré notre épingle du jeu. Les derniers mois nous ont permis de mettre en place de nouvelles façons de faire, des méthodes que nous avons gardées. Nous avons ainsi été appelés, à la demande de clients qui avaient décidé de profiter de la pause de la COVID pour améliorer leurs compétences, à développer puis à donner des formations sur la gestion des réseaux sociaux ou la mise à niveau d’une plate-forme wordpresss.  Encore une fois, on s’est adapté.

Q  Votre plus grande fierté?

R  C’est mon équipe. Je me suis toujours senti supporté et appuyé. Tout le monde a mis la main à la pâte pour faire le travail, tout le monde a pris les bouchées doubles même si parfois ce n’était pas facile à la maison avec les enfants, le brouhaha et tout ça. Ma plus grande fierté, c’est de voir que l’on est une belle équipe soudée.

Q  Qu’avez-vous appris pendant la COVID?

Que tu ne peux pas tout contrôler et qu’il fallait un peu de lâcher-prise parce que l’on ne peut pas tout contrôler. Et de faire confiance un peu à la vie et aux gens. Et ç’a été profitable. Quand tu lâches prise, tu permets à des gens de prendre ta place.

Q  Comment voyez-vous l’avenir?

La COVID nous a permis d’acquérir, au cours des derniers mois, un bagage que l’on amasse généralement dans une vie. On a acquis des outils et trouvé des solutions qui nous permettront de faire face à plein de problèmes dans le futur. C’est quelque chose qui me rend confiant face à l’avenir. Il y a aussi mon équipe qui me donne beaucoup de confiance pour la suite des choses. On a institué un climat de travail qui rassemble les gens, un climat de travail de collaboration et d’entraide. Chez nous, tout le monde travaille pour le bien de l’entreprise. La chimie est très bonne. C’est quelque chose que j’apprécie beaucoup.

On est une entreprise qui a le goût de grandir encore. On a envie de prendre de l’expansion, que ça soit par mode d’acquisition ou d’implantation dans des territoires. On n’arrêtera pas à 30 ans, on a un projet d’avenir.

Q  Avez-vous des plans pour reprendre les célébrations que vous n’avez pas pu faire?

R  Comme on voit un peu d’ouverture pour certains rassemblements, on commence à regarder ce que l’on pourrait faire. On avait de beaux projets, comme des retrouvailles. Parce qu’il y a beaucoup de personnes qui sont passées dans nos bureaux au cours des 30 ans d’histoire d’Imago. On va voir ce que l’on pourrait faire. Mais c’est certain qu’on va souligner notre 30e anniversaire.