Fondée il y a quatre ans par Marie-Eve Drouin, Drouin RH se positionne comme partenaires d’affaires pour les petites entreprises. Elle offre deux grandes branches, soit le recrutement pour accompagner les entreprises et la consultation en ressources humaines.
Fondée il y a quatre ans par Marie-Eve Drouin, Drouin RH se positionne comme partenaires d’affaires pour les petites entreprises. Elle offre deux grandes branches, soit le recrutement pour accompagner les entreprises et la consultation en ressources humaines.

[GÉRER LA CRISE] Drouin RH: faire la différence auprès des entrepreneurs

La pandémie de coronavirus a tout changé pour les entrepreneurs d’ici qui en ont souffert, mais qui ont aussi rebondi dans la tempête, faisant parfois jaillir de nouvelles façons de faire. À l’heure du déconfinement, nous poursuivons les rencontres de cette série «Gérer la crise».
  • Entreprise: Drouin RH 
  • Type d’entreprise: ressources humaines 
  • Contact: Marie-Eve Drouin

Q  Votre situation avant la crise? 

R  Drouin RH a été fondé il y a quatre ans. Je suis native de la Beauce où on a dans notre ADN une fibre entreprenariale. J’avais réalisé en travaillant en entreprise qu’il y avait un besoin criant de services en relations humaines pour les petites petites entreprises. Donc, j’ai bâti un modèle d’affaires s’adressant aux entreprises qui n’ont pas 50 000 $, 60 000 $, 70 000 $ à mettre dans l’embauche de personnes en ressources humaines, mais qui ont quand même des besoins et qui veulent s’assurer de faire profiter leur entreprise. J’étais seule quand j’ai lancé Drouin RH et je suis très fière de dire qu’aujourd’hui, nous sommes cinq personnes à y travailler.

Drouin RH se positionne comme partenaires d’affaires. Nous avons deux grandes branches, soit le recrutement pour accompagner les entreprises, et la consultation en ressources humaines. Il y a donc un RH mobile qui déploie une équipe de professionnels errants qui se rendent directement chez les clients pour les aider dans leur gestion quotidienne au niveau des ressources humaines. Nous offrons un service clé en main qui est flexible que les entreprises peuvent utiliser pour ce qu’elles ont réellement besoin sans avoir des contrats à ne plus finir. J’ai de petits clients qui utilisent nos services cinq heures par année et d’autres qui le font à raison de deux ou trois jours par semaine.

Q  Quelles ont été les conséquences de la crise?

R  Chez nous, le téléphone s’est mis à sonner énormément. Ç’a été une situation qui nous a fait vivre une expérience très spéciale. On était en plein confinement et on gérait des crises à la maison. J’ai deux grands garçons d’âge scolaire et j’avais alors un bébé de six mois dans les bras que mes clients ont tous entendu pleurer au téléphone. Mais, on s’est dit que c’était le temps d’aider nos partenaires. On a donc appelé tous nos clients qui ne nous avaient pas contactés pour nous assurer qu’ils avaient les moyens de bien gérer la crise — comment parler à ses employés, comment faire des mises à pied de façon humaine et stratégique afin de garder son monde, comment garder la communication, etc. Tous ces gens-là avaient un stress. L’idée c’était d’être là pour nos clients pour qu’ils s’assurent d’avoir une relance et qu’ils ne perdent pas leurs employés. On était là. On a dû gérer ça de la maison avec les enfants. Mais on s’est tous serré les coudes.

Q  Comment avez-vous géré l’inconnu?

R  Beaucoup de communications ont été nécessaires. Comme on est souvent au cœur des opérations des entreprises, ce qui nous a aidés ce fut de garder le contact. La situation changeait d’une journée à l’autre, elle n’était pas facile à suivre. Le plan de match que l’on avait élaboré la veille devait être défait et refait le lendemain. L’idée était d’être disponible. Personne n’avait de boule de cristal pour savoir ce qui allait arriver alors on s’adaptait au fur et à mesure que les nouvelles sortaient.

On a fait de grosses journées. Ce fut une période difficile physiquement parce que les journées s’éternisaient, mais on s’en est sortis parce que nous avons été présents. C’est ce dont les entrepreneurs avaient besoin.

Q  Qu’avez-vous appris de la crise? 

R  Ce qui est ressorti, c’est que nous sommes vraiment près de nos clients. On est investi dans leur entreprise. C’est dans notre ADN. La crise a conforté ce pourquoi nous sommes en affaires et la raison pour laquelle j’ai fondé Drouin RH. C’était pour faire une différence auprès des entrepreneurs.

J’ai appris que l’être humain avait une capacité d’adaptation très forte et l’importance de bien s’entourer, d’avoir une équipe polyvalente et dédiée. C’est probablement ce qui a aidé Drouin RH à passer à travers la crise, mais qui a aussi aidé tous nos clients.

J’ai finalement appris que même en temps de crise, l’être humain reste humain dans ses interactions. Et ça nous a redonné confiance par rapport à tout ce que l’on avait entendu avant la crise au sujet des valeurs humaines qui se perdaient.

Je suis très fière de mon entreprise et de mon équipe. Mais ce sont de mes clients dont je suis la plus fière. Même dans l’insécurité, même dans le stress, leur premier réflexe a été d’investir dans leurs relations humaines. Au lieu de se sauver et de dire on coupe dans les RH et on y va avec le court terme en fonction de ce qui rentrera, ils ont décidé d’investir dans leurs ressources humaines et de les mettre au cœur de leur relance.

Q  Comment voyez-vous le retour à la normale? 

R  La relance est arrivée, mais elle vient avec des défis que les entreprises n’ont jamais vus auparavant au niveau des relations humaines. Des défis de sélectionner des employés parmi un flot de candidatures, de composer avec des gens qui ne veulent pas retourner au travail parce que la PCU est trop intéressante et d’autres qui ont dû vivre du télétravail dans un environnement où il y avait des enfants et qui sont fatigués et stressés. Des employés performants qui aujourd’hui, ont un peu la tête ailleurs.

Les défis seront donc encore grands pour les entreprises et notre défi sera de les accompagner dans leur quotidien afin de leur redonner le même type d’employés qu’ils avaient avant la crise, et ce, pendant que les présidents se consacrent dans leur travail de relance.