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Vanessa Babos a officiellement pris les rênes du Café Sobab pendant la pandémie. L’entreprise avait été fondée par son père il y a 30 ans. Elle a expliqué que son défi était de garder le cap et de renouveler l’entreprise sans perdre l’essence de Sobab, soit son côté humain et chaleureux.
Vanessa Babos a officiellement pris les rênes du Café Sobab pendant la pandémie. L’entreprise avait été fondée par son père il y a 30 ans. Elle a expliqué que son défi était de garder le cap et de renouveler l’entreprise sans perdre l’essence de Sobab, soit son côté humain et chaleureux.

[GÉRER LA CRISE] Café Sobab: distributeur de petits bonheurs

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
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La pandémie de coronavirus a tout changé pour les entrepreneurs d’ici qui en ont souffert mais qui ont aussi rebondi dans la tempête, faisant parfois jaillir de nouvelles façons de faire. À l’heure de la seconde vague, nous poursuivons les rencontres de cette série «Gérer la crise».
  • Entreprise : Café Sobab
  • Type d’entreprise : comptoir à café et à desserts, boutique de machines à café et d’accessoires, boutique de cafés et de thé en vrac et atelier de réparation 
  • Contact : Vanessa Babos, propriétaire

Q    Votre situation avant la crise?

R    Café Sobab été fondée par mon père Stephan il y a 30 ans. À l’époque, il réparait des machines à café commerciales dans le sous-sol de la maison. Petit à petit, la demande résidentielle a grandi. C’est à ce moment que mon père a déménagé l’entreprise dans un petit local sur la 3e Avenue où il a installé son atelier, quelques petites machines et un café. On a déménagé à nouveau dans un local plus grand toujours situé sur la 3e Avenue où nous avons notre atelier et une boutique où sont exposées les machines que nous vendons. Nous offrons aussi du café et du thé en vrac et du café à boire. Aujourd’hui, la demande pour nos différents services n’a jamais été aussi forte.

Q    Comment avez-vous réagi quand la crise s’est amorcée?

   Nous avons décidé de fermer pendant deux semaines, le temps de trouver une solution à la situation et de permettre aux gens de continuer à avoir du café. On recevait énormément de courriels de gens qui nous disaient comment le café leur manquait et ils se demandaient comment ils allaient faire pour continuer à s’approvisionner. On a donc décidé de faire des livraisons nous autres même. On s’est dit qu’il fallait rendre bénévolement ce service-là à nos clients. Nous avons pris des commandes en ligne. Nous avons ensuite pris nos autos personnelles et nous leur avons livré du café à la maison dans un territoire quand même acceptable puisque nous sommes allés de Cap-Rouge à Boischatel.

À ce moment-là, nous n’avions pas une boutique en ligne où les gens pouvaient commander. Nous avons donc créé un formulaire de commande pour dépanner les gens qui avaient besoin de café. Comme nous nous sommes aperçus dans les semaines suivant le début de la crise que les gens qui étaient en télétravail aimaient se faire livrer leur café, nous avons laissé le formulaire de commande sur notre page Web.

Q    Avez-vous senti un nouvel engouement pour vos produits, autant pour le café que pour vos machines?

R    On a senti un énorme engouement. Je trouve ça triste à dire quand je pense à certaines personnes, mais nous sommes tellement fiers. Nous avons eu en 2020 notre meilleure année. Les gens qui étaient en télétravail ont décidé de se gâter et d’avoir chez eux du bon café fait dans une bonne machine. Et à partir du moment où les gens avaient une bonne machine, ils voulaient du bon café. On a donc vendu beaucoup plus de café en vrac pour fournir à la demande. On a senti tout au long de la pandémie que les gens avaient besoin de café. Et je dois avouer que celui-ci sera toujours un bien essentiel. Comme on vendait davantage de machines de café, nous avons aussi vu une augmentation au niveau de la vente de produits d’entretien. Et parce que les gens ont surutilisé leur machine en télétravail, la demande pour réparer et entretenir les appareils en atelier a aussi été très forte.


« Nous avons eu en 2020 notre meilleure année. Les gens qui étaient en télétravail ont décidé de se gâter et d’avoir chez eux du bon café fait dans une bonne machine. »
Vanessa Babos, propriétaire

Quand la pandémie s’était amorcée, on avait eu un peu peur. Il avait fallu se virer de bord rapidement. On se demandait qu’est ce qu’il allait se passer et qu’est ce que nous allions faire. Et l’avenir était incertain. On a donc été vraiment surpris de la demande et nous avons été très heureux de voir que les gens nous restaient très fidèles et qu’ils désiraient toujours obtenir leur petit bonheur. Parce que c’est vraiment un petit bonheur le café.

Q    La pandémie a aussi été marquée par une passation de pouvoir. Quand la décision avait-elle été prise?

R    Tout avait été signé en avril 2018. Mais le temps que mes parents prennent du recul tranquillement a pris plusieurs mois. Je dirais cependant que c’est la pandémie qui les a fait décrocher. C’est là que j’ai embarqué à 100 % pour relever le défi de l’entreprise parallèlement à celui de la pandémie. Comme je suis enfant unique, j’ai repris le flambeau toute seule.

Q    Quel est votre principal défi en tant que nouvelle entrepreneure?

R    Mes parents ont fait le gros de l’ouvrage en montant l’entreprise. Mon défi, c’est de garder le cap et de renouveler l’entreprise sans perdre l’essence de Sobab, soit son côté humain et chaleureux. C’est d’ailleurs pourquoi on n’a jamais investi dans la création d’une boutique en ligne. On aime que les gens se déplacent, qu’ils viennent chez nous pour notre service et nos connaissances afin de devenir aussi experts que nous au niveau de la machine et du café. C’est un bon défi. 

Pour ce qui est de l’entreprise, mon plus gros défi au cours des prochains mois et des prochaines années sera de répondre à la très forte demande et m’adapter aux changements au sein de la société et à la nouvelle génération de buveurs de café, des gens qui commandent différemment et qui consomment différemment, et aux nouvelles demandes. C’est pour ça que nous sommes très à l’écoute de nos clients. Et nous avons la chance d’avoir des fournisseurs et des partenaires en or comme Édika, Jura et Lelit. Et j’ai toujours le soutien de mes parents. J’ai la chance de n’avoir à faire que deux ou trois appels pour avoir les conseils dont j’ai besoin.

Vanessa Babos a officiellement pris les rênes du Café Sobab pendant la pandémie. L’entreprise avait été fondée par son père il y a 30 ans. Elle a expliqué que son défi était de garder le cap et de renouveler l’entreprise sans perdre l’essence de Sobab, soit son côté humain et chaleureux.

Q    Prévoyez-vous quand même avoir votre boutique en ligne un jour?

   C’est dans nos plans. Mais ce ne sont pas tous nos produits qui y seront offerts. On pense que c’est important de permettre aux gens d’acheter en ligne du café, des accessoires et des produits d’entretien. Nous sommes cependant en réflexion au niveau des machines. On aimerait continuer à faire les ventes sur place parce que nous aimons ça amorcer la machine, donner une formation aux clients, leur expliquer certaines choses, répondre à leurs questions, etc. On trouve qu’à ce niveau, le contact avec le client est important et on ne veut pas le perdre.

Q    Comment voyez-vous le passage du tramway sur la 3e Avenue?

R    Quand on a entendu la nouvelle, ce qui nous a le plus choqués c’est ne de pas avoir été consultés et informés en tant que commerçant ayant pignon sur rue sur la 3e Avenue. On l’est encore. Déjà à l’heure actuelle, l’une des choses que nous disent nos clients quand ils rentrent dans notre commerce c’est qu’ils trouvent plate d’avoir été obligés de se stationner à deux rues de chez nous et que compte tenu de ce que nous vendons, l’accessibilité est super importante. C’est sûr que de penser qu’il y aura des rues barrées pendant les travaux et que possiblement des places de stationnement seront perdues à cause du passage du tramway nous décourage un petit peu. On espère qu’il y aura des modifications et on souhaite trouver des solutions. Et nous gardons un petit espoir. Car pour nous, l’accessibilité c’est l’une des choses les plus importantes au niveau des produits que l’on vend. Et on a un petit stress par rapport à ça.

Q    Comment voyez-vous l’avenir?

R   Je le vois avec beaucoup d’optimisme. Malgré tout, je veux être beaucoup plus présente au niveau de la publicité sur les réseaux sociaux pour rejoindre la nouvelle génération de buveurs de café. Je veux que les gens nous découvrent encore plus. Les gens du quartier Limoilou nous connaissent très bien et nous avons une clientèle très élargie grâce aux machines et à l’atelier. Mais nous voulons vraiment nous faire connaître sous notre vrai jour, montrer qui est Sobab. Je veux aussi que les gens continuent à venir chez nous pour notre côté humain et chaleureux. Les clients nous disent régulièrement à quel point c’est à cause de notre service et du petit sourire du matin qu’ils viennent chez nous. Je veux continuer dans la même lignée. Comme on manque d’espace, on pense à peut-être agrandir, mais si nous le faisons, on ne fera pas quelque chose de trop gros question de ne pas dénaturer le côté cocooning et rassembleur que les gens aiment chez nous.