Jean Brouillard, Florence Brouillard et Eva Gauthier, de chez Brouillard, ont dû s’adapter à des mandats différents et à de nouveaux outils. Leur plus gros défi fut de faire face à l’inconnu.
Jean Brouillard, Florence Brouillard et Eva Gauthier, de chez Brouillard, ont dû s’adapter à des mandats différents et à de nouveaux outils. Leur plus gros défi fut de faire face à l’inconnu.

[GÉRER LA CRISE] Brouillard: comme un premier répondant 

La pandémie de coronavirus change tout pour les entrepreneurs d’ici qui en souffrent, mais qui rebondissent aussi devant la tempête, se serrent les coudes avec leurs employés et, parfois, font jaillir de nouvelles façons de faire. Nous allons à leur rencontre dans cette série «Gérer la crise».
  • Entreprise: Brouillard
  • Type: agence de communication
  • Contact: Jean Brouillard, propriétaire et Florence Brouillard, coordonnatrice des opérations

Q Votre situation avant le début de la crise?

R Brouillard est une agence spécialisée en relations de presse, relations publiques, communiqués et organisation d’évènements qui a vu le jour il y a un peu plus de 30 ans. Depuis son ouverture, nous avons traité autour de 15 000 mandats. Et on parle à environ une cinquantaine de clients chaque semaine. Nous avons une demi-douzaine d’employés permanents et plusieurs pigistes; des graphistes, des rédacteurs et des photographes.

Q Comment avez-vous réagi à la crise?

R Dès les premières heures, nous avons été obligés de parler avec chacun de nos clients. Ceux-ci œuvrent dans une foule de domaines différents. La crise ne les affectait donc pas tous de la même façon. Et si au départ nous étions surpris et incrédules vis-à-vis ce qui se passait, on est vite tombé en mode adaptation afin de répondre aux nouveaux besoins de nos clients. Car si certains ont dû fermer leurs portes, d’autres avaient besoin de développer rapidement des protocoles pour faire face à la crise. 

Q Comment votre travail a-t-il changé? 

R En plus de faire des relations de presse et des relations publiques, nous faisons aussi de la gestion de crise en cas de besoin. Nous aimons avoir un rôle d’accompagnateurs auprès de nos clients. Quand survient une situation comme celle de la crise de la COVID, on devient un peu comme des premiers répondants. Nous sommes des ressources en termes de communication. Il y a plein de décisions que nos clients prendront qui auront un impact sur leurs affaires courantes, leur environnement et leurs employés. Comme nous travaillons avec des gens de milieux variés et différents, nous étions à l’affût de beaucoup d’informations que l’on pouvait partager avec tous nos clients afin de les aider. Déjà tout au début de la crise, il a fallu réfléchir à l’après-pandémie. Et on est encore là-dedans dans plein de dossiers. Il a fallu s’informer sur ce qui se passait ailleurs dans le monde et étudier comment les gens régissaient après la crise pour donner les meilleurs conseils à nos clients. On ne faisait pas ça avant.

Q Quel était votre plus grand défi?

Pour l’entreprise, c’était de faire face à l’inconnu. Et ce défi est toujours là. Tous nos mandats annuels estivaux ont été annulés parce que les évènements n’auront pas lieu. Et quand finalement certaines activités pourront reprendre, on ignore comment on pourra les promouvoir et on ne sait pas comment les gens vont réagir. Au niveau de nos opérations quotidiennes, le défi fut de s’adapter à des mandats différents et à de nouveaux outils. Plus rien n’était pareil. Tant au niveau des relations humaines avec nos clients, des gens avec qui on entretient une grande proximité, que de nos relations avec les médias avec lesquels il a fallu réorganiser notre approche pour s’assurer d’avoir de la couverture.

Q Comment la crise a-t-elle eu des impacts positifs chez vous?

R Elle nous a permis de faire affaire avec de nouveaux clients, des gens que l’on ne connaissait pas et qui sont venus frapper à notre porte pour qu’on les aide. Et quand c’est arrivé, ça nous a donné un petit regain d’énergie. Il y a aussi d’anciens clients qui sont revenus. Parfois c’était pour survivre et parfois c’était pour promouvoir de bonnes causes.

Q Comment voyez-vous les prochains mois?

R On s’attend à un gros été malgré l’annulation des grands évènements. Je pense qu’il y a une foule de clients qui ne nous engageaient habituellement pas l’été qui vont nous donner des mandats et qu’il y aura de nouveaux clients qui feront appel à nos services. C’est une toute nouvelle approche. Et je trouve ça assez excitant. J’ai toujours pensé que nous étions utiles, mais jamais nos clients ne nous l’ont fait sentir autant que ce fut le cas pendant la crise.

Q Qu’est-ce qui sera différent à la fin de la crise?

R Notre métier c’est de mettre des gens en relations et de mettre en lumière ce que des personnes et des entreprises font. Et chez Brouillard, on est une belle équipe. On est toujours ensemble et on se voit en dehors des heures de travail. Cette pause obligée nous a fait prendre conscience des relations humaines et du plaisir que l’on a à se voir et à échanger. Et quand on va pouvoir se revoir et collaborer physiquement, on va en profiter et on va encore plus s’entraider. La crise a aussi changé la notion de marché et de business avec nos clients. Le fait d’entrer dans leur intimité via Skype, Zoom et autres plateformes du genre et de les voir dans un contexte moins informel nous a permis de nous rapprocher d’eux.