Joëlle Bannon, Catherine Fournier, Jean Beauchemin et Gaétan Duchesne, président de l'entreprise GDG Informatique et Gestion

GDG Informatique et Gestion offre à ses employés du temps et des services médicaux

Du temps et des services médicaux. Voilà le «cadeau» qu'offre Gaétan Duchesne à ses 280 employés.
Gaétan Duchesne est président de GDG Informatique et Gestion, une firme de consultation en technologies de l'information de Québec qui, comme toutes ses concurrentes, se démène comme un diable dans l'eau bénite pour recruter des talents et conserver ses meilleures ressources humaines. Sur son site Internet (www.gdginc.com), des postes d'analystes-programmeurs, d'ana­lystes fonctionnels, d'édimestres-webmestres et de développeurs sont affichés.
Pour tenter de se démarquer dans cette jungle d'entreprises du secteur des TI évoluant dans un environnement de plein emploi, GDG Informatique et Gestion a choisi d'améliorer la qualité de vie de ses employés en réduisant de 35 à 34,5 heures leur semaine de travail - en ne touchant pas à leurs conditions salariales et à leurs avantages sociaux - et en leur offrant l'accès à une clinique médicale privée.
Enlever la pression
«Le plus beau cadeau que l'on peut faire à un employé, c'est de lui offrir du temps», affirme M. Duchesne en entrevue au Soleil. «Et aussi de lui enlever la pression et le stress d'avoir à se trouver un médecin de famille ou d'aller attendre des heures à la clinique.»
À la suite d'une entente avec la clinique privée Médicina des Halles Fleur de Lys, les employés auront accès à des services médicaux pour eux et pour les membres de leur famille. Un investissement d'environ 450 $ à 500 $ par employé pour la compagnie. Il s'agit d'une première entente du genre avec une entreprise, signale une employée de la clinique Médicina.
Gaétan Duchesne avoue qu'il était réfractaire, au départ, à encourager le concept d'une médecine à deux vitesses, d'une médecine pour les riches et d'une autre pour les pauvres. En y réfléchissant un peu et en voyant autour de lui des collègues qui négligeaient d'aller se faire soigner faute d'avoir un médecin de famille, il a viré son capot de bord.
«Si d'autres entreprises nous imitaient et offraient à leurs travailleurs la possibilité de fréquenter une clinique privée, ça permettrait peut-être de soulager le réseau public.»
Freiner la tendance
En réduisant la semaine de travail de ses employés, Gaétan Duchesne veut freiner la tendance qui se dessine dans le milieu des TI alors que les employeurs en demandent davantage à leur personnel. Chez CGI, par exemple, la semaine de travail est passée de 37,5 à 40 heures en 2009.
«Ça va bien dans les TI. Pourquoi accroître les heures de travail? Je ne comprends pas. Est-ce la quête de plus gros profits?» pose le patron de l'entreprise fondée en 1997, qui, d'année en année, figure avantageusement au palmarès des entreprises affichant la plus forte croissance au Québec et au Canada.
En offrant à ses employés l'équivalent d'un peu plus de trois jours de congé de plus par année, Gaétan Duchesne sait mieux que quiconque que ses chiffres en souffriront un peu à la fin de l'année. Déjà que l'entreprise affecte chaque année une portion de ses profits au financement de bonnes oeuvres humaines et environnementales.
«Pour moi, ça vaut la peine de faciliter un tant soit peu la vie de nos employés qui, jour après jour, doivent jongler avec le travail, la famille et leur vie personnelle», tranche l'homme d'affaires qui, en 2009, déclarait au Soleil «qu'avec le capitalisme, on peut faire du bien».