«C’est renversant de voir la docilité avec laquelle le gouvernement répète les arguments» des lobbyistes de l’industrie, a déploré le leader parlementaire de QS, Gabriel Nadeau-Dubois.
«C’est renversant de voir la docilité avec laquelle le gouvernement répète les arguments» des lobbyistes de l’industrie, a déploré le leader parlementaire de QS, Gabriel Nadeau-Dubois.

Gaz naturel: la CAQ assiégée par les lobbyistes, selon QS

Le gouvernement caquiste est littéralement assiégé par les lobbyistes du gaz naturel, a dénoncé mercredi Québec solidaire (QS).

Seulement pour le projet controversé de GNL Québec au Saguenay et le pipeline Gazoduq qui lui est associé, QS a relevé 24 lobbyistes inscrits au registre. Le parti de gauche en a compté 11 de plus pour l’entreprise DGSC, spécialisée dans l’approvisionnement en gaz naturel.

Le gouvernement Legault a toujours manifesté une certaine ouverture envers le projet GNL Québec, un investissement évalué à 14 milliards qui comprend une usine de liquéfaction de gaz naturel.

«C’est renversant de voir la docilité avec laquelle le gouvernement répète les arguments» des lobbyistes de l’industrie, a déploré le leader parlementaire de QS, Gabriel Nadeau-Dubois, en entrevue avec La Presse canadienne.

«Le gouvernement se fait tourner autour par des intérêts puissants qui ont un objectif clair, soit faire embarquer Québec dans cette prétendue énergie de transition, qui est en fait du gaz de schiste rebaptisé.»

QS invite aussi le gouvernement à vérifier qui est derrière le projet GNL Québec : Jim Breyer, un milliardaire américain qui investit dans le charbon et qui finance des élus climatosceptiques aux États-Unis, a confirmé le parti de gauche. Or le promoteur de GNL Québec plaide que le gaz naturel exporté avec le projet remplacera de l’énergie plus sale comme le charbon en Europe.

M. Nadeau-Dubois en doute : «Ça nous donne le droit de remettre en question la sincérité des prétentions écologiques de ces gens.»

À la période de questions, le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, a refusé d’indiquer combien de fois il avait rencontré les lobbyistes de l’industrie.

«J’ai senti que le ministre était mal à l’aise, a commenté M. Nadeau-Dubois. [...] Si c’est un gouvernement si transparent, il ne devrait pas avoir de problème à dire qui il a rencontré et quand.»

L’attachée de presse du ministre, Claude Potvin, a pour sa part confirmé que M. Julien avait rencontré deux fois les lobbyistes de GNL en 2019, en janvier et en mars. Le premier ministre François Legault a lui aussi rencontré les représentants de GNL Québec.

Mobilisation des citoyens

Cependant, il n’est pas trop tard, selon le leader parlementaire de QS. Il estime que le combat ne fait que commencer pour cet enjeu qui est national, puisque le pipeline traverserait pratiquement tout le Québec.

«Ce que j’ai appris dans la vie, c’est que les mobilisations citoyennes ne sont pas toujours prévisibles, a-t-il dit, faisant référence à ses débuts dans la crise étudiante de 2012. Il n’y a aucun doute qu’il y a un potentiel de mobilisation important.»

Rappelons que QS a lancé une campagne cette semaine contre le projet GNL Québec. Les députées Catherine Dorion et Ruba Ghazal seront d’ailleurs à Saguenay jeudi pour participer à des activités militantes.

Le projet GNL dans son ensemble consiste en la construction d’un gazoduc de 750 km qui transporterait du gaz de l’Ouest, à partir de l’Ontario, jusqu’à l’usine de liquéfaction à Saguenay, afin de l’acheminer vers l’Europe notamment.