Pétrolia et Junex ont foré 11 puits à Gaspé et dans ses environs depuis 2002.

Gaspé réclame son technocentre des hydrocarbures

Des gens d'affaires et des élus de Gaspé réclament l'implantation dans leur ville d'un centre de recherche sur la filière pétrolière et gazière. Le TechnoCentre des hydrocarbures, comme ses promoteurs l'ont baptisé, sollicite le soutien de Québec pour se mettre en marche.
Le Québec manque d'expertise sur les hydrocarbures, constate Charles Bernier, président du TechnoCentre. «Il faut comprendre ce qui se passe ailleurs et voir ce qu'on pourrait améliorer en l'adaptant au Québec», dit-il. La recherche réalisée au TechnoCentre pourrait porter sur les pratiques d'exploration, de production et de fermeture des puits, explique M. Bernier.
Le TechnoCentre aurait aussi le mandat de développer l'offre locale de biens et de services, dans le but de maximiser les retombées en région.
L'homme d'affaires prend pour modèle le TechnoCentre éolien, basé à Gaspé. Fondé au début du développement de cette filière, il compte aujourd'hui près de 20 employés et gère un centre de recherche sur les éoliennes en milieu nordique.
Le député péquiste de Gaspé, Gaétan Lelièvre, qui soutient le projet, argue que l'exploration pétrolière «s'effectue depuis plusieurs années et de façon concentrée en Gaspésie». Les firmes Pétrolia et Junex ont foré 11 puits à Gaspé et dans ses environs depuis 2002. «On est en train de mettre au monde une industrie au Québec, peut-on s'assurer que les régions qui fournissent la ressource en bénéficient?» dit-il.
Québec doit aussi songer à implanter en Gaspésie des ressources liées à l'inspection et au contrôle des hydrocarbures, plaide M. Lelièvre, une responsabilité des ministères des Ressources naturelles et de l'Environnement.
Étude à financer
Le TechnoCentre est à la recherche de 95 000 $ pour financer une étude qui «évaluerait les besoins et les possibilités» afin de préciser le projet, décrit M. Bernier. Québec est sollicité pour 62 000 $ par l'intermédiaire du Fonds d'aide aux initiatives régionales.
M. Bernier affirme que son groupe est «neutre» dans le débat qui oppose partisans et opposants du développement pétrolier en Gaspésie. «Je veux faire des affaires, de façon correcte. Pour le faire le mieux possible, l'une des actions à poser, c'est de [fonder] le TechnoCentre.»
Quant au député de Gaspé, il se défend de faire «du marchandage». «Je ne défendrais pas une démarche du genre "on accepte le développement pétrolier si vous nous donnez un technocentre"», dit-il.