Mme Judy-Ann Ross, responsable du développement chez Atelier Avant-Garde et future dirigeante de l’entreprise
Mme Judy-Ann Ross, responsable du développement chez Atelier Avant-Garde et future dirigeante de l’entreprise

Galons de l’APCHQ: un nouvel honneur pour Atelier Avant-Garde

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
Lauréat de plusieurs prix Nobilis au cours des dernières années, un prix soulignant l’excellence et la qualité de son travail, Atelier Avant-Garde a décroché, il y a quelques jours, un Galon dans la catégorie «Femmes en construction», remis par l’APCHQ-région de Québec. Ce prix visait à mettre en valeur les réalisations entrepreneuriales humaines, innovantes et environnementales de l’entreprise dont 15 des 27 employés sont des femmes.

«À la base, on ne travaille pas pour gagner des prix», a souligné Mme Judy-Ann Ross, responsable du développement chez Atelier Avant-Garde et future dirigeante de l’entreprise. «Mais c’est sûr qu’une telle récompense nous apporte une certaine reconnaissance pour les efforts que l’on fait au quotidien. Et pour l’ensemble de l’équipe, c’est un élément motivateur que d’être reconnu par notre entourage et dans notre domaine. C’est un petit velours pour tout le monde.»

Spécialisé dans le domaine de la rénovation et la construction neuve, Atelier Avant-Garde offre des projets clés en main et une expertise multidisciplinaire à sa clientèle allant de la conception de plans à la réalisation complète du chantier. Les femmes qui travaillent pour l’entreprise sont architectes, designers, estimatrices et gestionnaires de chantier. Elles sont appelées à être présentes sur les chantiers du début à la fin des travaux où elles y sont respectées.

«Aujourd’hui, la compétence des femmes n’est plus à prouver. Elles ont démontré qu’elles pouvaient réussir dans le domaine de la construction autant que les hommes. Il s’est établi un climat de confiance dans la compétence des femmes, tant dans l’équipe qu’avec les sous-traitants. Avoir plus de femmes dans l’équipe a modifié la dynamique et apporté de nouveaux critères de bonheur au travail. Et sur les chantiers, leur minutie et leur souci du détail sont appréciés.»

Valeurs d’entreprise

Atelier Avant-Garde a été fondé il y a une quarantaine d’années par l’architecte Jean-Marc Harvey et le designer Steve Ross, qui en 2010, est devenu le seul actionnaire de  l’entreprise. C’est cependant au début des années 2000 qu’Atelier Avant-Garde a ajouté de plus en plus de femmes à son équipe, tant des designers que des chargées de projets pour gérer la main-d’œuvre sur les chantiers.

«Nos valeurs d’entreprises ayant toujours reposé sur le respect des individus et la collaboration, l’arrivée de toutes ces femmes a bien été acceptée au niveau des gestionnaires, des patrons en poste et des employés. C’est quand elles se sont retrouvées sur les chantiers, où elles ont dû travailler avec des sous-traitants et les menuisiers en place, que ces femmes ont dû travailler un peu plus fort qu’un homme pour faire valoir leurs compétences et pour que leur expertise soit reconnue», explique Mme Ross.


« Aujourd’hui, les sous-traitants et l’ensemble des hommes avec qui nous faisons affaire sur les chantiers sont habitués de travailler de pair avec des femmes. Mais je pense que sur un bien des chantiers, les femmes doivent davantage faire leurs preuves que les hommes pour avoir la même reconnaissance. »
Judy-Ann Ross, responsable du développement chez Atelier Avant-Garde

Présentes dans plusieurs champs d’expertise chez Atelier Avant-Garde, les femmes ne le sont cependant pas au niveau des menuisiers. Mme Ross explique qu’elle aimerait bien en engager, mais que la gent féminine se fait rare dans ce corps de métier. «Je pense n’avoir reçu qu’une seule candidature de la part d’une femme pour un travail de menuisier depuis le début de mon parcours chez Atelier Avant-Garde. C’est certain que si, lors de recherches pour trouver de l’embauche en menuiserie, une femme se présentait, ça nous ferait plaisir de l’intégrer à l’équipe. Être une femme n’est cependant pas un critère d’embauche chez nous.»

Parlant de son arrivée prochaine à la tête de l’entreprise, Mme Ross a expliqué que même si Atelier Avant-Garde garderait l’essence qui a fait sa réputation, elle y apportera sa touche personnelle dans la gestion des relations au quotidien. «J’ai des couleurs différentes de celles de mon père. Ma gestion sera plus féminine.»

La COVID

Malgré la pandémie, Atelier Avant-Garde ne connaît pas de baisses au niveau des affaires. Mme Ross explique que les mesures de restrictions sur les voyages et le confinement poussent les gens à investir dans leurs propriétés. Parce qu’ils sont obligés de demeurer à la maison, ils veulent y être bien. Les réalisations de projets sont donc nombreuses.

«On a quand même des défis importants au niveau de la gestion de la marchandise. Il y a beaucoup de délais chez nos fournisseurs étant donné que certains ont manqué de main-d’œuvre dans les derniers mois. Et nous rencontrons un peu plus d’absentéisme qu’auparavant sur les chantiers où on ne peut pas vraiment faire de télétravail. S’il y a des enfants malades ou des absences dues à des tests de la COVID et tout, c’est certain que ça crée des retards sur les chantiers. On a donc une gestion courante plus importante à faire qu’auparavant. Mais on a la chance d’avoir de l’ouvrage.»

Interrogée sur les mesures de distanciation et de leurs impacts, Mme Ross a indiqué que ceux-ci dépendaient  de l’ampleur d’un chantier. Sur un gros chantier où il y avait plusieurs pièces, les travailleurs pouvaient se séparer. Mais dans chantiers de plus petite envergure, un électricien, un plombier et un menuisier ne pouvaient pas travailler en même temps.

«Et ça nous oblige à étaler dans le temps certains échéanciers afin de n’avoir qu’un corps de métier dans une pièce.»