G1 Tour offrait des séances de conduite à bord de voitures de luxe jusqu'en juin 2016.

G1 Tour assure être conforme à la loi

G1 Tour, une entreprise nouvellement basée à Québec offrant aux consommateurs de faire l'essai de Ferrari et de Lamborghini, ne se sent pas du tout visée par une récente mise en garde de l'Office de la protection du consommateur (OPC).
L'organisme gouvernemental, qui veille à ce que les commerçants respectent leurs engagements envers les consommateurs, a en effet publié un communiqué intitulé «Achat de tours à bord de voitures de performance : attention aux offres de certains commerçants». La même journée, l'émission La facture diffusait un reportage sur la compagnie Racing Box, qui ne dispose pas de bureau au Canada, mais qui offre des tours de voiture de luxe sur des circuits québécois, sans toutefois être capable d'honorer ses contrats.
Dans son communiqué, l'OPC ne nomme pas précisément d'entreprise, mais vise le secteur en général. Le porte-parole Jean-Jacques Préaux a affirmé au Soleil qu'environ trois ou quatre entreprises sont concernées.
«Compte tenu du nombre de demandes que nous avons eues de la part de consommateurs insatisfaits, nous nous sommes rendus à l'évidence et nous avons constaté qu'il y a un problème», a mentionné M. Préaux, ajoutant qu'il s'agit là d'un «pan de l'industrie économique qui n'existait pas il n'y a pas très longtemps». Entre 100 et 200 appels ont été faits à ce sujet à l'OPC ces derniers mois.
L'été dernier, Le Soleil faisait état de l'insatisfaction de certains clients qui avaient fait affaire avec G1 Tour. Ils reprochaient à l'entreprise de leur faire miroiter qu'ils «gagnaient» un concours, dont le prix était un tour gratuit, alors que tout le monde était gagnant et qu'il ne s'agissait que d'une stratégie promotionnelle pour que le client achète des tours supplémentaires, d'une valeur d'une à quelques centaines de dollars.
L'entreprise a depuis ouvert de nouveaux bureaux à Québec en assurant vouloir repartir sur de bonnes bases. Or, la situation décrite dans le communiqué de l'OPC ressemble en toutes choses à la quinzaine de témoignages recueillis par Le Soleil depuis la publication des reportages.
«Peu importe la façon dont ces entreprises sollicitent les consommateurs, elles auraient recours à des pratiques interdites par la Loi sur la protection du consommateur», écrit l'OPC dans sa mise en garde. «Par exemple, elles feraient des représentations fausses ou trompeuses aux consommateurs, passeraient sous silence des faits importants ou utiliseraient de faux motifs pour solliciter une vente.»
«On ne se sent pas visé»
Joint par Le Soleil, le président de G1 Tour, Tony Frenette, n'a pas du tout semblé importuné par cet avis, assurant être «conforme» à la Loi sur la protection du consommateur. «On ne se sent pas visé face à ça», a-t-il indiqué, précisant que toutes les plaintes que les clients ont pu formuler à l'égard de G1 Tour ont été réglées à l'amiable. «C'est pratiquement impossible, au nombre de clients avec qui on fait affaire, de faire plaisir à tout le monde, a-t-il poursuivi. On devient un peu victime de notre succès.»
Par ailleurs, M. Frenette a voulu montrer ses «bonnes intentions» en faisant valoir une promotion en cours, qui s'adresse à tous les consommateurs «floués» par Racing Box. G1 Tour leur offre la chance, avec preuve d'achat à l'appui, d'obtenir deux tours gratuits à bord de l'une de ses voitures. Aucuns frais additionnels, pas même les assurances, ne seront exigés... à moins que le consommateur décide d'acheter des tours supplémentaires, bien entendu!
À qui la faute?
Est-ce que le commerçant manque vraiment à ses obligations ou n'est-ce pas plutôt le consommateur qui commet une faute, en sortant son portefeuille trop vite? À lire la mise en garde émise par l'Office de la protection du consommateur (OPC), force est de constater que c'est un peu des deux.
Tout d'abord, si le client a acheté son forfait dans un commerce itinérant (établi temporairement dans un centre commercial, par exemple), il doit savoir qu'il peut annuler son contrat, sans frais ni explication, dans un délai de 10 jours, à compter du moment où il est en possession d'un double du contrat.
Or, dans le cas étudié, les kiosques itinérants ne sont souvent qu'un point de sollicitation, où on invite les gens à s'inscrire sur une liste pour bénéficier d'une offre spéciale. Un représentant de l'entreprise communique donc avec le client quelques jours plus tard, par téléphone.
Ainsi, il ne s'agit plus de commerce itinérant, mais bien d'un «contrat conclu à distance». Dans ce cas, le consommateur doit avoir reçu tous les renseignements obligatoires concernant son achat (description détaillée du service, montant total à payer, date ou délai d'exécution du contrat et conditions d'annulation du contrat)... avant de payer. L'OPC signale aussi qu'avant de conclure l'achat, le commerçant doit donner clairement la possibilité au consommateur d'accepter ou de refuser la proposition ou d'en corriger les erreurs.
Bref, on comprend que, dans le meilleur des mondes, le contrat de vente doit être produit, lu et accepté avant de passer à la caisse. Sauf qu'on est au téléphone, et on vous demande un numéro de carte de crédit pour être sûr que vous allez vous présenter à votre rendez-vous...
Et c'est là souvent que le consommateur commet une erreur, parce qu'il le donne de son plein gré. Le montant est facturé dans les heures ou les jours qui suivent, et le commerçant a 15 jours pour vous faire parvenir un exemplaire du contrat.
Si l'une ou l'autre de ces conditions n'est pas respectée, le consommateur est en droit de résilier son contrat dans les sept jours suivants. Advenant le refus de se faire rembourser par le commerçant, il pourra se tourner vers la rétrofacturation, par sa compagnie émettrice de carte de crédit, dans les 60 jours.