L’entreprise Fuga, du pdg Philippe Laperrière, a obtenu sa licence pour produire du cannabis médical qu’elle compte produire en petite quantité (450 à 550 kg par année). «Je pense que les consommateurs veulent avoir des produits de proximité et de très grande qualité», a expliqué M. Laperrière. «Chez nous, ce n’est pas la quantité qui compte, mais la qualité. On veut répondre aux attentes des consommateurs.»
L’entreprise Fuga, du pdg Philippe Laperrière, a obtenu sa licence pour produire du cannabis médical qu’elle compte produire en petite quantité (450 à 550 kg par année). «Je pense que les consommateurs veulent avoir des produits de proximité et de très grande qualité», a expliqué M. Laperrière. «Chez nous, ce n’est pas la quantité qui compte, mais la qualité. On veut répondre aux attentes des consommateurs.»

Fuga obtient sa licence de Santé Canada pour produire du cannabis médical

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
Le groupe Fuga a remporté son pari. Après avoir investi 4 millions $ afin de construire ses installations, l’entreprise ayant pignon sur rue à Stoneham a obtenu sa licence de Santé Canada afin d’amorcer la production de cannabis médical de qualité supérieure, en micro-production.

«Nous sommes maintenant prêts à cultiver», a expliqué Philippe Laperrière, président-directeur général de Fuga. «Mais au lieu d’y aller avec une entreprise qui produira des milliers et des milliers de kilos par année, on a décidé d’y aller petit, tranquillement, et de faire un produit de très haute qualité, en petite quantité (450 à 550 kg par année) et de gravir les échelons un à la fois.

«On veut se bâtir tranquillement. Je pense que c’est plus sage. Surtout que l’histoire et l’expérience nous disent que présentement, les choses ne vont pas nécessairement très très dans les grosses entreprises et les gros volumes. Je pense que les consommateurs veulent avoir des produits de proximité et de très grande qualité. Chez nous, ce n’est pas la quantité qui compte, mais la qualité. On veut répondre aux attentes des consommateurs.»

Comme l’a imagé M. Laperrière, tout est encore à faire pour Fuga qui vient de se placer à la ligne de départ. Son entreprise doit maintenant travailler et faire ses preuves. Il a ajouté que c’est maintenant que la partie commence. Entre le moment de la plantation du produit et sa mise en marché, il devrait s’écouler entre quatre mois et quatre mois et demi.

«Ça fait presque un an et demi que l’on travaille avec l’équipe pour faire des tests avec les sols, les lumières, la reproduction et que l’on raffine nos techniques pour être prêts et sortir un produit de qualité. Et on est pas mal confiant que nous allons y arriver», a mentionné M. Laperrière qui a ajouté qu’en matière de cannabis médical, Santé Canada avait des exigences un petit plus élevées au niveau des installations et des bonnes pratiques de production.

«Et c’est le positionnement que Fuga voulait prendre. Ce sont ces normes que nous aurions établies si Santé Canada ne les avait pas exigées. Nous, c’est sans compromis sur la qualité. C’est aussi pour cela que nous avons opté pour une petite production. Nous voulons conditionner les plans, les travailler, faire un bon repérage par rapport aux maladies qui pourraient être présentes afin de pouvoir les traiter rapidement, etc.»

Fuga pourra aussi compter sur des équipements à la fine pointe de la technologie, qui répondent aux exigences des plus récentes conclusions scientifiques en matière de culture responsable en sols vivants, sans ajout d’engrais chimiques, et une usine intelligente qui permet un travail en semi-automatisation. Ainsi, un cultivateur sera toujours de garde de la maison quand l’usine sera fermée afin de s’assurer que les plants profitent d’un environnement parfait.

«Nous devrions produire en alternance trois à quatre produits dans nos installations de Stoneham.»

De gros risques

Le pdg de Fuga ne l’a pas caché, ses partenaires financiers et lui prenaient plusieurs gros risques quand ils ont décidé de se lancer dans la production de cannabis médical. D’abord parce que Santé Canada exigeait que toute leur usine soit construite et conforme avant même le dépôt de la licence. Mais aussi parce qu’il fallait que son entreprise puisse survivre pendant les sept mois nécessaires à l’étude de son dossier puis de l’obtention de sa licence. Et une fois qu’elle l’avait obtenue, elle devait prévoir un autre quatre mois avant de mettre son produit en marché. En fin de compte, presque deux ans se seront écoulés entre le lancement du projet de Fuga et la rentrée des premiers revenus.

«Il ne s’agissait cependant pas d’une gageure faite à l’aveugle. On avait monté un plan d’affaires solide. Et nous savions que nous avions ce qu’il fallait pour obtenir notre licence.»

Fuga, premier producteur de cannabis médical dans la région de Québec, créera entre 5 et 10 emplois permanents. Afin d’avoir sa licence, l’entreprise avait obtenu le soutien de sa communauté. En échange, elle lui avait fait deux promesses. La première qui a déjà été tenue: planter 200 arbres afin de remplacer les 50 qui avaient été coupés pour la construction de son usine. La seconde qui le sera quand le cannabis produit sera vendu: remettre à la communauté 1 % de ses revenus pour la réalisation de projets locaux. Elle a aussi promis de produire un cannabis de première qualité afin d’offrir du réconfort et du bien-être aux malades qui en ont besoin. «Notre leitmotiv était et demeure Fuga veut faire du bien.»

Parlant des projets d’avenir de son entreprise, le pdg a avoué qu’il aimerait ouvrir de nouvelles usines ailleurs au Québec. «On aimerait installer nos prochaines installations dans des régions un peu plus dévitalisées pour recréer de l’emploi, redonner un peu de fierté locale et avec le 1 % sur nos revenus qui sera remis à la communauté, créer un peu de vitalité. Mais, peu importe où nous nous installerons, nous nous donnerons le même mandat, soit de cultiver avec soin et faire du bien, et la même philosophie qui est small is beautiful