Avec le départ prochain du navire ravitailleur Asterix, 500 des 1200 travailleurs du chantier naval de Lévis pourraient se retrouver sans travail à compter du début du mois de décembre.

Front commun en faveur de la Davie

D’une voix unanime, les députés de l’Assemblée nationale réclament des contrats de la part du gouvernement fédéral pour Chantier Davie.

Avec le départ prochain du navire ravitailleur Asterix, 500 des 1200 travailleurs du chantier naval de Lévis pourraient se retrouver sans travail à compter du début du mois de décembre. D’autres licenciements pourraient suivre si Davie ne parvient pas à décrocher rapidement des contrats.

L’heure est grave et l’Assemblée nationale «exige» que le gouvernement fédéral «ajuste» sa Stratégie nationale de construction navale afin que le Québec obtienne sa juste part de contrats.

Plus précisément, les élus de tous les partis politiques représentés à l’Assemblée nationale demandent à Ottawa d’octroyer au Québec «les contrats nécessaires à son plan de remplacement des navires de la Garde côtière et de la Marine royale, entre autres par l’acquisition du deuxième pétrolier ravitailleur de classe Resolve.» En effet, Davie a proposé au gouvernement Trudeau de construire un frère jumeau à l’Asterix, l’Obelix. Il s’agit de la conversion d’un bateau commercial en un navire ravitailleur. L’Asterix, qui se rendra du côté de la Nouvelle-Écosse ces prochaines semaines pour des essais en mer, a été conçu, financé et construit en deux ans à Davie, et ce, dans le respect des délais et du budget. 

Ce front commun derrière la survie du chantier a fait chaud au cœur à la direction de Davie.

«Le fédéral investira près de 100 milliards $ au cours des prochaines 20 à 30 années pour le renouvellement de sa flotte», a indiqué le président de Davie, Alex Vicefield.  «Le Québec représente 50 % de la capacité du Canada en ce qui a trait à la construction navale et la province constitue 23 % de l’assiette fiscale du pays; cependant, elle reçoit moins de 1 % des dépenses fédérales en construction navale», a-t-il fait valoir.

Le maire aussi

Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, a ajouté son grain de sel à l’intervention unanime des membres de l’Assemblée nationale.

«Nous avons besoin rapidement d’un signal fort du gouvernement fédéral afin de préserver les emplois au chantier», a-t-il déclaré en mentionnant avoir récemment sensibilisé le ministre fédéral de la région de Québec, Jean-Yves Duclos, à cet effet.  

«Les deux gouvernements sont conscients des enjeux sociaux et économiques pour nos travailleurs et pour notre région», a insisté M. Lehouillier qui a rencontré la haute direction de Davie, lundi, dès le lendemain de réélection.

«Avec le renouvellement de la flotte canadienne de navires, nous sommes aujourd’hui devant une occasion à saisir, et surtout, devant un potentiel immense en matière de création d’emplois et de retombées économiques à préserver.»