Hydro-Québec a eu recours 12 fois à l'énergie de l'aluminerie, entre le 1er décembre 2013 et le 10 janvier 2014.

Froid sibérien: l'aluminerie Alouette 12 fois à la rescousse!

Quand une vague de froid déferle sur la province et que les compteurs d'Hydro-Québec tournent à fond, c'est à Sept-Îles que la société d'État trouve une bonne partie de l'énergie dont elle a besoin, grâce à la contribution d'Aluminerie Alouette qui déleste ses mégawatts à la demande. Depuis décembre, l'aluminerie a libéré 5400 MWh, l'équivalent de la consommation de 190 résidences unifamiliales pendant un an.
Hydro-Québec a eu recours 12 fois à l'énergie de l'aluminerie, entre le 1er décembre et le 10 janvier. «C'est du jamais-vu en aussi peu de temps», a expliqué le directeur du développement stratégique chez Alouette, Richard Lapierre. «Ils [Hydro] nous appellent pour qu'on retire 150 mégawatts pendant trois heures. S'ils sont vraiment mal pris, ils peuvent même nous rappeler pour doubler la commande», rajoute-t-il.
C'est ce qui a été fait notamment les 2 et 3 janvier alors qu'un froid sibérien s'est abattu sur tout le Québec. Le 2 janvier uniquement, Hydro-Québec a enregistré une demande d'électricité de 38 750 mégawatts à l'heure de pointe du soir, ce qui n'est pas loin du record de consommation jamais atteint de 38 797 mégawatts, survenu le 23 janvier 2013. «Pour ces deux jours, notre contribution a été de 1800 MWh», indique M. Lapierre.
Mais ces demandes d'interruptibilité, comme elles sont appelées dans le jargon, ne se font pas en criant ciseau, comme l'explique l'aluminerie qui doit parvenir à abaisser la puissance de ses cuves pour atteindre les objectifs de réduction. «En diminuant l'ampérage de nos cuves, on diminue aussi notre production, avance le directeur. Il y a une partie qui est récupérée lorsqu'il y a plus d'énergie disponible par exemple, mais il y a aussi des tonnes qui se perdent.»
Difficile cependant pour l'entreprise de chiffrer ces pertes de tonnage. «Ce sont des quantités difficiles à établir, mais ce qu'on voit, c'est que ça amène beaucoup de perturbations», ajoute-t-il. «Il faut aussi reconnaître le travail de nos employés qui sont sollicités de façon intense pendant ces périodes-là. [...] C'est vraiment une aide exceptionnelle qu'on donne à Hydro.»
L'an dernier, Hydro-Québec a demandé la contribution d'Aluminerie Alouette à 16 reprises pendant tout l'hiver (jusqu'au 31 mars). «C'était un record», soulève M. Lapierre. Dans son entente contractuelle, Alouette pourrait accepter un maximum annuel de 27 interruptibilités. Mardi, Hydro-Québec n'avait pas en main les informations nécessaires pour accorder une entrevue à ce sujet.